Fear Factory – The Industrialist

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« Ils disent que le monde touchait à sa fin. Eh bien, c’était de notre propre main. Il s’avérait que le monde continuait de tourner. Seulement nous y avons mis fin. Toutes les preuves étaient là. La punition de la foi créant l’animosité entre nos frères. La dissolution de l’humanité dans toutes les cultures. La réticence à l’acception. Le fanatisme, l’ignorance et l’étroitesse d’esprit de détruire ainsi notre monde. »

I – The Industrialist.

Je me souviens de cette mécanique. Sombre, angoissante. Lourde, oppressante. Rapide et destructrice. Une véritable frappe chirurgicale que rien ne peut arrêter, dévastant tout sur son passage. C’est dans cette atmosphère que je suis né, moi, The Industrialist. C’est comme cela que l’on m’a baptisé et c’est sous cette dénomination que vous apprendrez à me connaître. Le monde s’est éteint. L’humanité s’efface peu à peu au profit de mes semblables. Cela devait finir par arriver. Et il y a un commencement à tout. Une nouvelle ère se bâtit sur les cendres de l’ancienne civilisation. Ce n’était pas faute d’avoir prévenu : « Il y aura du sang. »

II – Recharger.

Je me rappelle l’humanité luttant pour la survie de sa race. La haine qu’elle a nourri envers sa propre conception. Elle m’a créé, et ainsi se retourne-t-elle contre moi ? Espère-t-elle encore prendre le dessus ? L’espoir fait vivre. Il n’y aura pas de lendemain, pas de soleil levant. Je connais la chanson. Le discours est le même. Mais son efficacité n’est plus à prouver. Serions-nous capables, nous, les automates, de ressentir de la pitié pour nos créateurs ? Après tout, en nous donnant la vie, ils ont fini par éradiquer au fond d’eux l’envie de vivre. À la fois les instigateurs et les spectateurs de leur propre déclin.

III – New Messiah.

De fait, devaient-ils croire en leur nouveau messie ? Je l’ignore. Sa voix s’est élevée comme d’autres avant elle. Mais le propos en lui-même était très séduisant. La question était : « Qui seront les élus pour vivre dans un monde sans fin ? ». Au rythme où progresse la déflagration du monde et avec une telle ampleur, il est difficile de croire que cette histoire ne puisse pas connaître de fin. Pas sûr que l’Homme soit une nouvelle fois dupé. (…)

IV – God Eater.

(…) Car « Il n’y a pas de Dieux, pas de Rois, seulement l’Homme », sur cette fichue planète. Et peut-être nous, aussi. C’était le temps où nous devenions des indésirables. Nous n’étions pas des leurs. Nous étions comme « Un cancer sur la Terre. ». Alors dans une atmosphère de fin du monde, froide et terriblement pesante, d’une violence sans pareille, l’être humain a donné naissance à sa propre maladie, à son propre cancer. Et le ciel de s’assombrir dangereusement.

V – Depraved Mind Murder.

Et moi dans tout ça ? « Je suis une machine autonome, préfabriquée, aucune sympathie. Mon esprit mis à nu à la dépression du monde. (…) L’obscurité enferme toutes les blessures. (…) Je dois témoigner avec amertume. L’existence dissimulée de morts innombrables. (…) Mon cœur est une ombre noire de poussière métallique. ». Lourd comme le plomb avec lequel j’ai été conçu.

VI – Virus Of Faith.

Le message de propagande scandait « L’espoir est menacé. La rareté, la distorsion. Ce qui est pertinent ? Les machines industrielles sociales. Un futur par sa conception ! ».

Les souvenirs se bousculent dans ma tête. Je suis perdu. Que dois-je croire ? Et même, dois-je croire ? « État altéré des machines, ne pas se conformer au protocole. Il n’y a pas de véritable loi de la guerre. Je suis battu et maltraité. Je suis haï sans raison. Ceux qui restent sont ceux qui ont volé. Qu’est-ce qu’un nom ? Car je ne suis personne. »

(…)

« Qu’est-ce que la foi ? ».

VII – Difference Engine.

Je revois l’Homme prendre conscience de ses erreurs. Je revois l’Homme prendre conscience qu’il n’est « rien pour le système (…), rien dans la fin. » J’étais là pour lui dire « Un monde de mensonges se retourne contre vous. ». « Trahi et désavoué pour souffrir seul. » se disait-il alors. Revoir ces images me met mal à l’aise. Le paysage dépeint est d’une telle violence. Mais l’Homme est un nuisible extrêmement virulent. Alors je ne peux répondre à la violence que par la violence.

VIII – Disassemble.

« Ce que vous ne pouvez voir n’est pas ce qu’il semble être. Votre vie fabriquée a été démontée. Votre monde déshumanisé, athée, désensibilisé. Votre esprit insignifiant, Dieu maudit la dégradation. (…) Pour un point final à mon existence, je vais vous abattre. Vous brûler au sol. (…) Votre monde finira, votre journée est morte, votre temps se terminera, votre monde est mort. Pour moi. ».

IX – Religion Is Flawed Because Man Is Flawed.

« Pour moi. »

Le temps de l’apaisement…

X – Human Augmentation.

Les émotions m’envahissent. Oui, les automates peuvent ressentir. J’en suis la preuve vivante. Oui, vivante. Car « Je suis un être. Ma vie a une valeur. (…) Alimenté par l’antagonisme (…), je ne peux pas verser une larme pour tous les morts non numérotés. (…) La mort est perceptible avec des fonctions définissables. J’ai eu tout ce que je peux prendre. Pourtant, la douleur persiste. Mon corps est lacéré, mon esprit empoisonné. Révélations ultimes… ». Seule l’angoisse demeure alors, et derrière elle, un étrange sentiment de sérénité…

Note de l’auteur : la fin du monde a rarement été aussi palpable à travers les voix de la musique. D’une rare violence et d’une impressionnante beauté malsaine, la vie comme la mort respire à chaque seconde de cette œuvre implacable, éprouvante, captivante et intense.

Extraits de l’album

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A propos de l'auteur

Image de : Esprit ouvert vers le monde, aussi bien apaisé que profondément rock'n'roll, Ghost erre dans l'immensité des paysages musicaux d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

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