Evening Hymns + Agnes Obel | Théâtre Anne de Bretagne, Vannes | 25.10.11

par |
Toute nouvelle salle de musiques actuelles implantée près de Vannes, L'Echonova a dû sortir de ses murs pour accueillir Evening Hymns, Agnes Obel et quelques 800 spectateurs (le concert était complet).

C’est donc au Théâtre Anne de Bretagne et dans une configuration assise que nous nous installons pour déguster une soirée délicate. Dans le public, la bienséance est de rigueur. Un spectateur ayant applaudi alors qu’Agnes Obel n’était pas encore entrée en scène récolte quelques « Shhh » exaspérés.

Image de EveningHymns Les Canadiens Evening Hymns ouvrent la soirée avec Lanterns, le premier morceau de leur album Spirit Guides. Pour cette tournée européenne qui va s’étendre jusqu’à début décembre avec Agnes Obel puis Timber Timbre, c’est le duo Jonas Bonnetta – Sylvie Smith qui est sur les routes. Le set se révèle trop court pour dévoiler des morceaux de l’album Spectral Dusk en préparation. En attendant, on savoure la pureté des mélodies. La guitare trouve son contrepoint dans les notes de basse, et tout coule de source. Bien qu’un peu tendu au début, le duo se détend petit à petit et le set gagne en intensité, sans perdre de sa douceur. Alors que Dead Deer dévoile le chant très juste de Sylvie, Jonas clôt le set sur Moutain Song, morceau qu’il joue seul et sur lequel il superpose les boucles de guitare, de voix et de percussions pour créer un climax très réussi. S’essayant au français et vantant la beauté du centre historique vannetais, les Torontois sont un peu déconcertés quand les mots pluie et Brest (leur concert de la veille) associés entraînent les rires de la salle.

Image de Agnes Obel Le majestueux piano à queue qui occupe la scène est bientôt rejoint par Agnes Obel et ses musiciennes, la violoncelliste Anne Otsee et une harpiste. Avec son premier album Philharmonics, la jeune danoise a rejoint le cercle des chanteuses-songwriter nordiques à succès, aux côtés d’Ane Brun et d’Anna Ternheim. Il faut dire que son timbre de voix cendré et ses ritournelles de piano créent un univers poétique et rassurant. Sur scène toutefois, Agnes ne semble pas en terrain conquis. Plutôt nerveuse et pas très à l’aise pour parler au public, elle semble beaucoup s’appuyer sur ses musiciennes, qui cherchent son regard à la fin de chaque morceau. Elles sont souriantes et visiblement en symbiose avec leur instrument. Les titres de Philharmonics sont joués pour la plupart dans des versions non conformes à celles de l’album, mettant en avant des humeurs différentes. Parfois passionnées (Beast), parfois enjouées (Just So), les chansons d’Agnes Obel prennent la plupart du temps des teintes plus mélancoliques que sur le disque. Lors des instrumentaux, le piano et le violoncelle trouvent un équilibre intéressant, tout en tensions. Pour le désormais fameux titre Riverside, Agnes Obel a tendance a trop chercher la sophistication, et on lui préfère la superbe reprise de John Cale, Close Watch. Frissons garantis. Pour le rappel, Agnes Obel s’essaie à une autre reprise, Between The Bars d’Elliott Smith, sur laquelle la harpe celtique remplace la guitare. Après cette longue tournée (un an sur les routes), Agnes n’aura sûrement qu’une envie : recréer un cocon pour composer au piano.

Partager !

En savoir +

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article