Evangelion 1.0 : you are (not) alone

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Adaptation fidèle des trois premiers tomes du manga culte de Yoshiyuki Sadamato, Evangelion 1.0 : you are (not) alone est un film d’animation réussi, qui dissèque le passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte par allégories interposées.

evangelion_logo_premiere_pageEn l’an 2000, un astéroïde s’est abattu sur le pôle Sud, et a provoqué de multiples catastrophes naturelles, et par répercussions a entraîné des conflits, des guerres civiles : bref, l’Apocalypse. Le film se passe 15 ans après ce « Second Impact », quand des êtres de combat de provenance mystérieuse, les Anges, s’attaquent aux décombres de Tokyo III qui tente de se reconstruire. Pour les combattre, des Evangelions, ou EVA, robots humanoïdes gigantesques qui ne peuvent qu’être pilotés par des adolescents présélectionnés.

Difficile à maîtriser, le pitch de départ du film nous entraîne pourtant dès les quinze premières minutes dans des combats de titans entre robots dignes de Mobile Suit Gundam . Pour les non-initiés, le voyage est rude dans la technicité parfois surjouée qui constitue la marque de fabrique du manga Evangelion . C’est justement ce sentiment d’être perdu qui fait que l’on s’accroche et alimente notre soif d’en savoir plus. Mais en même temps, c’est aussi lui qui peut nous faire basculer dans l’incompréhension la plus totale à certains moments.

Mise à part cette technicité, le film en lui-même, sans comparaison abusive avec le manga, est d’excellente qualité : les effets 3D sont habilement dosés, proposant des scènes absolument magnifiques (coucher de soleil sur Tokyo III sortant de l’antre de la Terre), le scénario tient la route, et les multiples ébauches du « to be continued » donnent vraiment envie de voir la suite.

evangelion_logo_premiere_page02Malheureusement un peu court (moins d’une heure et demie), le film ne laisse pas le temps à l’approfondissement plus psychologique de chaque personnage et on reste vite aux préjugés initiaux : la fille froide et bizarre (Rei), le gamin peureux qui râle (Shinji), le tout chapoté par un père cruel (Ikari) et une alcoolique dont on ne voit s’esquisser que très peu la profondeur (Misato). On se doute bien, par quelques bons assez obscurs dans les souvenirs de Shinji, de Rei ou d’Ikari, que ces coquilles contiennent bien plus, mais le doute n’étant pas confirmé, on aurait apprécié une introspection plus approfondie, quitte à ce que le film dure quelques minutes de plus.

Fait avant tout pour les fans du manga, Evangelion 1.0 : you are (not) alone, parlera cependant à tout le monde avec ses angoissants rappels de conflits adolescents, de guerre en suspens et de problèmes familiaux sous-jacents. En effet, le personnage de Shinji, parfois irritant de simplicité adolescente, n’est venu à Tokyo III que pour (enfin) avoir la reconnaissance de son père sans vraiment trop y croire. Il tente, par le biais de l’EVA qui représente l’affrontement avec sa peur de la solitude (cf. le titre du film), de vaincre sa couardise pour grandir et s’assumer.

À grand renfort d’allusions bibliques (EVA l’humaine, qui combat les Anges crucifiés par l’humanité), Evangelion mêle fiction et réalité de façon assez dérangeante quoique aplanie par le genre « film d’animation », et ce dans le but de nous dresser un futur post-apocalyptique, dont le seul espoir réside dans la fougue adolescente plus que dans les hautes technologies. Bref, de quoi faire réfléchir.

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Evangelion 1.0: You Are (Not) Alone, dans les salles depuis le 4 mars 2009.

Site officiel : http://www.evangelion.co.jp/1_0/index.html (japonais)
IMDb : http://www.imdb.com/title/tt0923811/

A propos de l'auteur

Image de : Virgile n’a pas écrit Les Bucoliques, ni L’Enéide. Il n’est pas poète, encore moins latin et surtout pas mort. D’ailleurs, il n’est même pas un il. Reniant ses héritages classiques, Virgile connaît toutes les répliques d'Indiana Jones et la Dernière Croisade, loupe son arrêt si elle a le dernier Margaret Atwood entre les mains, et a déjà survécu sur des sandwiches cornichons-moutarde. Elle va avoir tendance à considérer la publicité comme une forme d’art, se transformant en audio guide dans les couloirs du métro, les salles de cinéma et même devant du mobilier urbain qui n'en demandait pas tant. Outré, Virgile le poète s’en retourne aux Enfers pendant que Virgile l'anachronisme rêve d'embarquer pour un aller simple destination Osaka. Pour plus d'info: http://www.twitter.com/_Virgile

7 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 25 mars 2009
    Mathias a écrit :

    Le gros problème de ce film est qu’il est juste une refonte scène par scène des 4 premiers épisodes de la série tv et qu’a part peut-être visuellement, il n’a aucun intérêt !

    La seule question que ce film me pose, c’est de savoir si pour le 3ème film (puisqu’à ce que j’ai compris, il y en aura 3), il vont garder la même fin que la série, ou la fin alternative :p

    … et de savoir si la rumeur de l’époque qui disait que le studio était en train de refaire la série correspond à ces films.

  2. 2
    le Mercredi 25 mars 2009
    Virgile a écrit :

    Je crois bien que les films vont correspondre à une fin alternative… enfin c’est aussi la rumeur que j’ai entendu! ^^

    En ce qui concerne ce film, le problème c’est qu’il est fait pour les fans, qui eux trouvent ça dommage de tout calquer sur le manga ou la série TV, et les non-fans n’y comprennent rien… donc je me demande en fait quel est le public de ce film…?

    J’aurais préféré un film sur l’avant-manga ou sur la création de la Nerv ça aurait été plus utile… mais bon j’dis ça, je l’ai quand même bien aimé ce film! ^^

  3. 3
    Yves Tradoff
    le Mercredi 25 mars 2009
    Yves a écrit :

    « les non-fans n’y comprennent rien. » C’est tout à fait juste. Je ne connaissais pas bien le manga, résultat, j’ai pas compris grand-chose du film.

  4. 4
    VIOLHAINE
    le Mercredi 25 mars 2009
    VIOLHAINE a écrit :

    J’adore le manga, j’ai beaucoup apprécié l’anime, et donc aussi ce film : oui, c’est vrai qu’il est plus facile de l’apprécier si on connaît l’univers !

  5. 5
    le Samedi 28 mars 2009
    Anonyme a écrit :

    Cela dit, quand la série est sortie, avouez qu’il vous a fallu vous la retaper 3 fois pour capter le tiers du scénario et les personnages !

    Là, les non-fans n’y comprennent peut-être rien, mais au même titre que les fans quand ils l’ont découvert la première fois :p

  6. 6
    VIOLHAINE
    le Samedi 28 mars 2009
    VIOLHAINE a écrit :

    J’ai commencé par l’anime, quand il était diffusé sur C+, dans l’émission avec l’animatrice virtuelle, là (Raaah, j’offre une sucette à celui qui me retrouve le nom de l’émission) !
    Bref, tout ça pour dire que je ne me rappelle pas avoir galéré à comprendre…

  7. 7
    le Samedi 28 mars 2009
    Virgile a écrit :

    Le manga est plus complet et plus lent dans l’évolution de la situation, donc du coup je n’ai pas trop eu de mal à comprendre le début.

    Ce que je reproche à ce film, c’est d’avoir voulu aller trop vite dans l’exposition de la situation et la mise en place des personnages (en gros, là où les films/séries Dragon Ball par exemple, vont trop lentement ^^), alors qu’il aurait très bien pu prendre carrément 20 minutes de plus et y aller mollo.

    Un des anime que je trouve les mieux adaptés en film par sa clarté et son attachement aux personnages est Mobile Suit Gundam Endless Waltz, qui, justement, à une existence propre en dehors de la série… ;)

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