Eurockéennes 2013 – 25 ans de bonheur

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25 anniversaire et deuxième tentative de passer au format 4 jours après le fiasco de 1999, cette édition 2013 talonne de près les chiffres des charrues et se place parmi les grands crus de l’histoire du festival. La véritable star du week-end fut d’ailleurs ce soleil radieux qui a su faire oublier les tempêtes de l’année passée et n’aura fait que renforcer l’ambiance particulièrement festive qui régnait sur le Malsaucy.

Des têtes d’affiche sans surprise

Blur @ Eurocks 2013

Au niveau musical, une fois de plus, les épiphanies musicales ne furent pas à chercher du côté des grands noms, tant les têtes d’affiche auront pour la plupart déroulé leur set de manière souvent efficace, mais sans surprise.

M a joué la sécurité en prenant bien soin d’enrober ses quelques nouveaux titres de ses grands classiques. Jamiroquai a fait le minimum syndical, avec un Jay Kay aussi groovy qu’une huitre et décevant jusqu’aux plus placides des curieux venus applaudir l’ex-gloire des 90s.

L’inénarrable Billy Corgan est venu présenter sa énième mouture des Smashing. Connaissant la capacité du bonhomme à alterner le très chiant, aux instants de grâce, on pourra néanmoins affirmer que ce fut une bonne soirée et une bonne setlist, avec des versions très réussies de Today, Bullet with butterfly wings, Tonight, Zero et un 1979 de clôture absolument splendide. Sans oublier une reprise de Space oddity de Bowie, pour le coup assez bluffante.

Blur aura fait le job, sans magie, juste pour la thune, mais avec une certaine classe. Bien évidemment ce sera Song 2 qui aura déclenché le plus de bordel. Deux minutes de communion totale avec une foule n’attendant que cela. Pour le reste ce sera de la brit pop bien exécutée avec tous les standards du groupe (Parklife, Country house, There’s no other way, Girls and boys)

Des moments particulièrement pénibles

Phoenix - Eurocks 2013

Toujours du côté de la grande scène, les moments les plus fastidieux seront à attribuer à la triplette de choc Skip The Use / Two door cinema club / Phoenix.

De l’énergie, ce n’est pas ce qui aura manqué à Mat Bastard le chanteur de Skip the use. Comme pour compenser le manque de précision et de justesse d’une formation brouillonne qui se sent obliger d’achever son set par une double reprise de Smell like teen spirit et de Song 2. Trop facile.

Il en va de même pour Two door cinema club et leur pop sautillante d’une propreté inquiétante. Des costumes blancs à la Killers, des jeux de lumière pour cacher la misère de leurs compositions et pour parachever la chose, la musique du loto en rappel. Creepy.

Lisses comme leurs chemises, les versaillais de Phoenix sont une énigme. Difficile de comprendre les raisons d’un tel engouement pour cette musique d’une platitude affligeante. D’un coup certains couplets du Klub des loosers se font plus explicites.

Des valeurs sûres

Skunk Anansie @ Eurocks 2013

Airbourne ressemble décidément de plus en plus à AC/DC. Des albums de plus en plus chiants. Des concerts identiques à la note et à la canette de bière frappée contre la tête près. Et pourtant dès les premiers riffs sortant du mur de Marshall, c’est la même exaltation de gamins pour ce rock sentant bon le blues, la bière, le Jack et la testostérone.

Vingt ans à prôner la contraddicition et la furia dans tout l’Hexagone n’auront pas suffi à entamer l’enthousiasme des Mass qui ont retourné la plage avec entrain. Un joyeux bordel fait de poussière, de circle pits, de slams et de grands sourires aux lèvres des premiers rangs. Zéro prise de risque, du gros son et des bonnes intentions. La machine est parfaitement huilée. Et ça passe nickel. Surtout en festival.

Le Black Rebel Motor cycle club aura déroulé son set fiévreux, malgré l’heure plus propice à la sieste sous un peuplier qu’à hocher la tête en rythme sur un rock’n roll entêtant et viscéral.

Sans grande surprise Skin aura hypnotisé la grande scène par son charisme et sa plastique. Bête de live, c’est une panthère prête à bondir à la moindre accélération. Et même si depuis leur reformation Skunk Anansie a sorti deux albums, c’est bel et bien pour entendre les premiers opus du groupe, que tout le monde était là.

Machine de guerre à faire jumper, Bloody Beetroots n’aura pas failli. Redoutable en fin de soirée, 90 minutes d’électrorock mené tambour et piano battant.

De jolies découvertes

Von Pariahs

Déjà très bons sur disque, les Californiens de Fiddlar ont vaillamment défendu leur indie-punk qui sent bon le surf, la planche à roulettes et le fun. Ça joue vite, ça joue bien. Les compos sont imparables. Un excellent moment.

Belle surprise également que les von Pariahs, qui avec leurs airs de ne pas y toucher, vont monter en puissance crescendo, surprenant l’auditoire avec un son rock moderne et catchy.

Un peu répétitif sur disque, le désormais très buzzé Woodkid aura prouvé que toutes cette agitation autour de lui était amplement méritée. Un concert magique sous les étoiles. Une heure suspendue aux lèvres et aux machines du barbu à casquette. Tout est millimétré et le résultat est impeccable.

Le choc Fauve

Encore plus hype que Woodkid, les très attendus Fauve ont fait déplacer les foules autour de la loggia. Un EP coup de poing. 6 titres absolument incroyables d’une justesse rare. 4 jeunes parisiens qui ont su saisir le Zeitgeist d’une époque comme personne encore. On imagine donc sans peine la pression d’un collectif que personne ne connaissait il y a encore 8 mois au moment d’entrer sur scène.

Un concert qui restera dans les annales du festival. Un chanteur tournant comme un fauve (sic) dans sa cage, balançant ses textes d’une voie claire, belle, enragée. Un instant rare et précieux, avant que le groupe ne se soit lassé. Avant qu’il ne se soit fait user par les tournées, par le buzz, par le succès, par les rancoeurs.

Haut les coeurs, quoi qu’il advienne pour la suite, Fauve de toute sa timidité et sa sincérité, nous aura, ce soir-là, fait vivre son épiphanie.

Et le reste

Asap Rocky

Pedro W. aura enfin pu dérouler sa carte blanche en enchainant vieilles légendes du rock (Dinosaur JR) qui ont dû déstabiliser plus d’un hipster, de l’electro-soupe mou du genou (Is Tropical) et les gloires montantes du label Headbanger (le très décevant Kavinsky) le tout entrecoupé d’interludes assez sympas de Pedro himself.

Plutôt très convaincant sur disque, A$AP Rocky ne résiste pas à l’écueil sur lequel s’échoue la plupart des artistes de hip-hop en live. Tout ce qui faisait la subtilité de l’album disparait, noyé par les basses vrombissantes d’un DJ ayant la subtilité d’un Panzer Abschleppwagen et d’un A$AP passant plus de temps à haranguer le public que de s’occuper de son flow..

Lou Doillon aura livré une prestation plutôt réussie, mais beaucoup trop feutrée pour vraiment intéresser plus que les 10 premiers rangs

Les electro-raggamen de Major Lazer ont quant à eux remporté la palme du concert le plus bordélique dont on retiendra essentiellement le tube dancefloor Watch out for this et surtout l’étrangement plus subtile Get free.

Et pour tous les autres qu’on aura pas vu, on regrettera Le Club des justiciers milliardaires d’abidjan, The Strypes, Keny Arkana et The Vaccines dont le concert aura commencé avec plus de 45 minutes de retard.

Crédits photo : Nico – coincoin – Brunet (http://www.nicolasbrunet.fr/)

Galerie photo #1 : Eurocks 2013 – Premiers concerts et insanités virtuelles
Galerie photo #2 : Eurocks 2013 – J2 : la tension monte
Galerie photo #3 : Eurocks 2013 – J3 : Whatever happens to my Eurockéennes…
Galerie photo #4 : Eurocks 2013 – J4 : Brit pop is not dead

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Image de : Fondateur de Discordance.

3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 11 juillet 2013
    Hihi a écrit :

    Et my Bloody Valentine ? Kevin Shields ? Légende vivante ?

  2. 2
    Philippe Barbosa
    le Jeudi 11 juillet 2013
    Philippe a écrit :

    EUROCKS BONHEUR, EUROCKS FOREVER ! <3
    Chouettes photos ;)

  3. 3
    Isatagada
    le Jeudi 11 juillet 2013
    Isatagada a écrit :

    YEAHHHHHHHHH un article by Pascal himself et les photos by Nico Brunet = <3<3<3
    « Lisses comme chemises, les versaillais de Phoenix sont une énigme » ahah, c’est tellement ça. Quel ennui sur scène ces Phoenix !!! (mais j’aime bien les disques, en fait).
    Woodkid m’a lassée mais je n’ai pas hurlé à l’arnaque et j’ai vraiment aimé ce qu’il a fait.
    Je veux voir Fauve sur scène. Absolument.
    Merci !
    Beau report !

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