Eurockéennes 2010

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Étrange édition 2010 pour des Eurockéennes de Belfort placées sous le signe de l'ambivalence. Entre la quasi-absence d'une tête d'affiche qui vaille vraiment le coup et une belle brochette de groupes middles plutôt alléchante sur le papier, la programmation des Eurocks souffrait visiblement d'une curieuse bipolarité.

La sentence a été immédiate et s’est faite douloureusement ressentir sur la fréquentation, mais juger de ces 3 jours par la simple analyse comptable de places vendues serait une grave erreur.

I walk this empty street…

Avec les fréquentations records des années précédentes, plus rien ne semblait pouvoir faire vaciller cette institution que sont devenues les Eurockéennes. Certes la concurrence s’intensifie. Le Main Square a débarqué avec la subtilité d’un Panzer dans un magasin de porcelaine. L’offre de concerts en salle est devenue exponentielle. Et le budget des Français a plutôt tendance à suivre la pente inverse. Mais ces dernières années, les Eurocks avaient toujours réussi à remplir la jauge à son maximum tout en restant dans une certaine cohérence artistique et financière. Alternant avec brio entre programmation pointue et choses plus mainstream, entre tête d’affiche et groupes middle de qualité, les Eurocks semblaient tenir la recette miracle, avec comme cerise sur le gâteau un site magique au bord du lac de Malsaucy et une grosse équipe mobilisée tout au long de l’année afin d’offrir aux festivaliers une infrastructure rodée et éprouvée.

Malheureusement, le public ne sera pas déplacé en masse cette année et la Presqu’île était loin d’être remplie. Plusieurs chiffres circulent, mais en dehors de l’aspect purement comptable (environ 20 % de moins par rapport aux années les plus fastes), ce manque de monde était frappant et il n’a jamais été aussi simple de circuler d’une scène à l’autre. Même si la programmation était globalement d’excellente facture, il y avait un réel problème de tête d’affiche avec des choix assez étranges, voire incompréhensibles pour certains. Et entendre Christian Allex, l’un des deux programmateurs faire sur France Inter le parallèle entre la venue de Jay-Z et celle de Metallica en 1999 n’était pas du tout faite pour rassurer, tant la présence des Four Horsmen a été synonyme à l’époque de pertes financières dont le festival aura mis plusieurs années à s’en remettre. Alors quand Jay-Z est annoncé comme le cachet le plus important de l’histoire des Eurocks, les warnings se mettent instantanément en marche et lorsqu’à quelques encablures du jour J les pass journée se négocient à 20 euros sur les sites de petites annonces, c’est l’alarme générale qui commence à rugir… D’ailleurs, l’absence des deux écrans du chapiteau est assez frappante, laissant deux trous béants de chaque côté de la scène comme l’illustration de mesures d’économies décidées vraisemblablement à la dernière minute.

Pourtant, elle ne manquait pas de bonnes surprises, ni de jolis noms cette programmation. Et même si certains concerts ont souffert du manque d’ambiance à cause d’un public parfois trop clairsemé, on y a vu et vécu de grands moments. Retour sur ces trois jours de fête, sous une chaleur oppressante, entre effluves de crème solaire, poussière et décibels.

Le rock indé à la fête

Image de The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10 Pour les amateurs d’indie rock, ces Eurockéennes c’était un peu Noël et Pâques en une seule fois, avec du très lourd. À commencer par la sublime prestation du All Star band dont tout le monde parle (one more), le plus souvent sans en avoir entendu la moindre note d’ailleurs. The Dead Weather sur la grande scène des Eurocks, c’est à la fois hype et très bon, bien au-delà du simple nouveau-groupe-du-chanteur-des-Whites-Stripes. Même si ça ne vaut pas la moiteur d’une salle de concert, surtout à cette heure-là de la journée, leur rock bluesy hypnotique et psyché est fascinant à voir et à entendre. Avec des accents jopliniens dans la voix, la belle Alisson s’accapare l’espace et monopolise une grande partie de l’attention. La voir faire son show en alternant cris cathartiques et poses lascives éclipserait presque l’excellente prestation des autres membres du groupe. Pourtant, Dean Fertita (guitare/clavier) et Jack Lawrence (basse) font plus que de la figuration et bien sûr à l’applaudimètre c’est Jack White qui remporte tous les suffrages lorsqu’il quitte sa batterie pour s’emparer du micro. De 60 feet Tall balancé dès le début du set au final électrique de Will there be enough water, le concert aura tenu toutes ses promesses et permis de présenter en live quelques titres de leur excellent deuxième album dont Die By the Drop, No Horse et l’enchainement magique The Difference between us/Mad. Prodigieux.

Dans la foulée des Dead Weather, les très enthousiasmants Black Keys confirmeront sous le chapiteau tout le bien qui a été écrit sur eux ces derniers temps. Après presque 10 ans de carrière et une discographie plutôt fournie, le duo commence enfin à connaitre un succès largement mérité grâce à leurs deux derniers albums. Leur garage blues électrique à la limite du rock psyché rappelle bien sûr les White Stripes (oui Anton ! Et les BJM aussi…), mais voir ce que le groupe arrive à faire en n’étant que deux est vraiment surprenant. Dan Auerbach le laconique chanteur/guitariste est un peu le Roi Midas de la distorsion et Patrick Carney un batteur d’exception. Ils seront cependant rejoints sur la moitié des morceaux par un bassiste et un clavier pour jouer des titres majoritairement issus de leur dernier album avant de redevenir un duo pour un final hendrixien particulièrement jouissif sur I got Mine.

Après le show avorté de Ghinzu l’année passée pour cause de coupure de courant, les revoilà sous le chapiteau à un horaire plus tardif. Et les Belges y gagnent au change avec un très bon concert et un public visiblement conquis par la pop bruitiste de John Stargasm et de ses acolytes. Un show tout en contraste et en contrepoints, entre explosions rock et passages plus mélodiques. Une bonne façon de conclure ce qui a été commencé l’année passée, avant de sans doute revenir bien vite pour un nouvel album qui selon leurs dires en conférence de presse devrait prendre moins longtemps que d’habitude à sortir.

Kasabian c’est de la brit pop de stade. Le genre de truc à chanter à tue-tête, les mains levées, sans trop se poser de questions. Parfait donc pour la grande scène un vendredi soir, sauf que de ce côté-ci de la Manche, le groupe ne jouit pas de la même aura et que l’ambiance aura du mal à vraiment décoller. Le show est sérieux et cohérent, l’énergie est là, tout comme la nonchalance (voire l’arrogance du chanteur). Le rock anglais dans tous ses clichés, parfait pour combler le vide depuis la disparition d’Oasis.

Patrick Watson sur la loggia fut une oasis bienvenue. Un groupe très homogène pour une prestation des plus intimistes, mais néanmoins différente et plus énergique que sur CD. Même si sur le papier, sa présence ne cadrait pas trop avec le festival, c’était une jolie réussite. Parfait pour oublier les cris gutturaux incitant à la libération conjointe de l’apéro et de Bob l’Éponge.

Autre étrangeté, faire jouer Broken Social Scene à 17 h 15 sur la grande scène. Un horaire plus tardif et une scène plus petite auraient été un bien plus joli écrin pour ce collectif canadien. En bermuda et tongs pour la plupart, la troupe aura tout de même délivré une belle prestation inspirée et entraînante avec des titres comme 7/4 (shoreline) qui ont tenté de réveiller le public assis de la grande scène sous le cagnard et les 34 °C.

Foals était très attendu, pourtant leur performance laisse un arrière-gout d’inachevé plutôt désagréable. À aucun moment ils n’ont su faire bouger le public, ce qui a eu le don d’agacer le chanteur. Et la corde qui lâche sur Spanish Sahara aura définitivement eu raison de cette date à oublier très vite. Clairement un jour sans.

La machine Jay-Z VS le fiasco Missy Elliott

Image de Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10 Pas vraiment une année faste pour le hip-hop aux Eurockéennes avec deux seuls et uniques représentants de ce genre musical.

Jay-Z aux Eurocks, après tout pourquoi pas. Que ce soit NTM, le Wu Tang, N.E.R.D ou plus récemment Cypress Hill, l’histoire des Eurocks fourmille d’exemples de groupes de hip-hop ayant marqué le festival par leur prestation. Pourtant mettre autant d’argent pour un rappeur/producteur aussi prestigieux soit-il après la très mauvaise prestation de Kanye West l’année passée, c’était déjà assez risqué en soi.

Mais Jay-Z n’est parait-il pas comme ça. Jay-Z est rock. Jay-Z est entouré de plein de musiciens. Jay-Z a eu le courage d’headliner Glastonburry en 2007. Et puis surtout Jay-Z est la caution bling-bling censée faire le buzz des mois auparavant et faire chauffer les préventes comme jamais. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Même si beaucoup de personnes étaient venues pour lui et que le festival bruissait des rumeurs sur les exigences de la star et sur la venue hypothétique de sa femme sur scène, sa présence à Belfort n’a pas été le catalyseur nécessaire pour remplir la pelouse piétinée de la grande scène.

Pourtant, le rappeur aura fait le job. Après un compte à rebours de 10 minutes sur fond de standards de rock, le rappeur apparait accompagné d’une grosse formation rock, avec un impressionnant set de plusieurs percussions. Les écrans vidéos déversent leurs flots d’images parfaitement synchronisées avec la musique. C’est carré, c’est très pro. À l’américaine. La connexion entre le public et Jay-Z est immédiate. Vêtu de noir, de façon très sobre, il fera son boulot et délivrera un concert honnête à mille lieues des clichés du genre, sans effusion, ni émotion particulière. À l’américaine donc. Bon, mais sans plus.

Au rayon des plus grosses arnaques des Eurocks, Missy Elliott n’est pas loin de tenir la palme de ces 20 dernières années. À ce niveau-là, on ne peut même plus parler de concert, mais de fiasco lamentable. Arrivée avec 30 minutes de retard, la rappeuse fait une entrée sur scène lourdingue pour nous asséner un playback éhonté. Les chorégraphies sont bordéliques au possible. Cinq minutes de chansons entrecoupées de longs monologues. Au bout du premier titre, elle était déjà en train de parler de sa nouvelle paire de sneakers à un public incrédule qui n’aura pas mis longtemps à quitter au plus vite cette mascarade. Le no-show se poursuivra sous les huées et atteindra son apogée avec un jet de bouteille en verre en direction de la scène. Surréaliste.

Stand up for Rock’n roll

Image de The Hives @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10 Après avoir annulé leur participation au festival l’année passée, les Australiens d’Airbourne sont bel et bien présent et plus ready to rock que jamais. Un mur de Marshalls. Un quatuor suintant l’énergie et le plaisir de jouer. Airbourne est l’une des plus belles choses qui soit arrivée au rock depuis longtemps et ils auront livré une heure de show particulièrement jouissive à headbanger en rythme avec leur public. Joel O’Keefe ira bien sûr de sa traditionnelle escalade de structure métallique, guitare à la main, pour enflammer les Eurocks du haut de la grande scène. Et même si le gimmick est connu, ça reste toujours aussi impressionnant à voir…

S’il est un groupe qui aura mis tout le monde d’accord au cours de ces 3 jours, ce seront assurément les Suédois de The Hives. Avec leur garage rock sautillant, ils auront livré une prestation particulièrement jouissive. Délaissant leur costume immaculé pour une tenue rayée, nos petits marins du soir auront allumé la grande scène à grands coups de rock garage, le tout sous une pluie battante. Une pléthore de tubes pour chanter à tue-tête sous la pluie et oublier qu’au même moment le ciel se déchainait sur le Malsaucy.

Le doublé (historique) Suicidal Tendencies/Infectious Groove avait de quoi ravir les plus nostalgiques. Surtout que Mike Muir n’était plus passé aux Eurocks depuis 1998. Pour rappel, 4 des membres de Suicidal officient également dans Infectious Groove, ce qui a donc donné l’occasion aux festivaliers présents le vendredi d’assister à deux concerts de la Cyko family… Malheureusement, le concert de Suicidal était programmé à 16h10, autant dire que le chapiteau était bien vide lorsque le groupe a fait son entrée. Mais dès les premières notes de You can’t Bring me Down, la centaine de personnes présentes ne mets pas longtemps à réagir comme un seul homme et un joli nuage de poussière ne tarde pas à se former aux abords des barrières. Ambiance bon enfant et familiale sur et devant la scène. Les « S-T » scandés et mimés ne tardent pas à se faire entendre. Mike Muir harangue son public de toute sa gouaille, traverse la scène à grandes enjambées et groove au son de la basse démentielle de Steve Brunner. Possessed to skate, War inside my Head, We are family, les hymnes punk se succèdent et laisseront de larges sourires aux happy few qui finiront par envahir la scène en guise d’adieu.

Alors qu’une grande partie des festivaliers est rivée devant Jay-Z, c’est sur la plage qu’il fallait décidément être pour le groove vénéneux de Mike Muir en configuration Infectious. Steve Brunner à la basse impressionne encore plus qu’en début d’après-midi. Éric Moore, massif derrière ses fûts, est un modèle de précision. Et Muir s’en donne à cœur joie. Les titres joués ont beau avoir une quinzaine d’années en moyenne, ils n’ont pas pris une ride : Therapy, Boom Boom Boom, Infectious Groove, Punk it Up. C’est violent, c’est funky, et c’est excellent.

Autre grosse sensation avec les Américains de Baroness. Si le guitariste porte un t-shirt Mastodon, ce n’est pas vraiment un hasard, tant leur métal en est proche. Leur dernier album Blue Record est une tuerie, et leur métal mélange de prog et de sludge est un régal. Un voyage au royaume de la distorsion et de l’onirisme. Dévastateur.

Le meilleur groupe de hardcore en activité dixit Brett Gurewitz (guitariste de Bad Religion et fondateur du label Epitaph) avec la lourde mission de réveiller des Eurocks plutôt endormies en une fin de dimanche après-midi qui avait débutée par l’americana bucolique de Middle East et le jeu de scène atroce de The Drums (pourtant très bons musicalement). Les punks de The Gallows (potence dans la langue de Shakespear) auront fait ce qu’ils pouvaient pour faire tourner les premiers rangs. Rapide. Efficace. Et une reprise des Clash pour finir en beauté. Entre les morceaux le discours est positif et on sent que Franck Carter derrière son micro a le potentiel et le charisme nécessaire pour très rapidement devenir une icône du genre.

Le trio magique des My Own Private Alaska était sans doute l’un des highlights de cette édition du festival. En configuration triangulaire, chacun pouvant observer le jeu des deux autres, leur prestation et leur implication sont totales. Sorte de mariage entre les Dresden Dolls et Fugazi, la musique du trio est d’une violente beauté. Amen en ouverture. L’enchainement divin After You/Where did you sleep last night laisse le public haletant et le final splendide sur I am an Island sera la conclusion parfaite d’un set trop court, mais d’une merveilleuse intensité.

Les erreurs de casting

Image de Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10 Charlotte Gainsbourg faisait là l’une de ses premières dates françaises, et la hype qui entoure ses collaborations studio n’a pas longtemps résisté à l’épreuve du live. S’il n’y avait ce nom de famille tant fantasmé, elle n’aurait vraisemblablement même pas récolté les applaudissements polis du chapiteau. Fragile, timide et visiblement mal à l’aise, elle interprètera une bonne partie de son dernier album ainsi que quelques chansons de son père. Mais rien n’y fait, Charlotte a l’air de se poser en permanence la question de sa présence sur scène. Tout comme le public d’ailleurs…

Les BB Brunes ne semblent pas plus à leur place, perdus sur la grande scène devant un parterre désert composé d’une poignée d’irréductibles et de quelques curieux hilares venus se rendre compte de l’inutilité et de la mièvrerie du quatuor parisien.

Avec la venue de Mika un dimanche soir, les programmateurs espéraient sans doute ratisser un large public familial. Malheureusement, cela n’aura pas suffi à provoquer de réels soubresauts, surtout qu’il repassera dans un mois à moins de 100 kilomètres de là. L’arrangement de la scène est certes joli et la prestation de Mika techniquement au point, mais difficile de se croire devant l’une des têtes d’affiche des Eurocks. Cerise sur le gâteau : il rejouera deux fois le même titre, signe flagrant du manque d’épaisseur de son set.

The XX ou la hype poussée à son paroxysme de ridicule. Il est pourtant de notoriété publique que le groupe est très mauvais sur scène, mais rien n’y a fait, et les voilà à 22 h un samedi soir sous le chapiteau. La sentence est immédiate : long et soporifique. L’erreur de casting dans toute sa splendeur.

Grosse déception également pour Julian Casablanca. Un album en demi-teinte et une prestation médiocre avec comme seuls moments vraiment intéressants ses reprises des Strokes. Un comble pour un projet solo. Visiblement Julian n’avait pas l’air très heureux d’être là et il interrompra même son set avec 10 minutes d’avance sur l’horaire. Un show indigne de son statut de sauveur présupposé du rock.

Les deux visages d’une reine

Martina Topley Bird a deux visages : celui d’une déesse trip-hop, distante, posée et aérienne lors du concert de Massive Attack. Celui au contraire accessible, presque intime, lors de son concert en solo. Venant présenter les compositions de son dernier album, MTB est arrivée un peu en retard sur scène, vêtue d’une opulente robe rouge, un masque de la même couleur maquillé sur son visage. Elle s’en excusera plus tard, mentionnant que ses instruments ont voyagé avec ceux de Massive Attack, ce qui n’a pas empêché de faire réagir le public. Elle lance alors en français : « Vous allez voir Massive Attack ? ». Oui général. « Ah on se verra là-bas alors ! » Oui, Martina, à toute !

Accompagnée de son batteur, sobrement appelé le Ninja de par son costume qui ne laisse que ses yeux à découvert, Martina Topley Bird a multiplié les instruments bizarroïdes, les prouesses vocales, dans un style plus voisin d’une folk bruitiste à la Cocorosie que du trip-hop. Son timbre de voix, à la fois douce et puissante, terriblement sensuel y trouve parfaitement sa place et lorsque MTB nous demande de chanter à son signal, on ne peut s’empêcher de se souvenir du concert de Camille il y a quelques années aux Eurocks, lorsque celle-ci avait fait aboyer et miauler le public de la grande scène à son commandement. Minimaliste, mais chaleureux, intimiste, mais flamboyant, le concert de Martina Topley Bird n’a pas manqué de séduire le public pour la plupart non-familier de l’artiste, et a su démontrer, si ce n’était pas déjà fait, qu’elle n’était pas qu’une «chanteuse de…»

A little electrocution

Image de The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10 Une affluence inattendue pour Sexy Sushi ou les Didier Super de l’électro (copyright Laure). Une ambiance survoltée dès les premières notes : un gros son punk électro 8 bits, une voix saturée à outrance. Un show déjanté à l’image de la chanteuse. Elle porte à elle seule toute l’énergie du concert. La nudité décomplexée, elle fait slamer les arbres, voler les tartes. Elle est d’une insolence jubilatoire, d’une subversion jouissive. Le public, composé visiblement majoritairement de fans, en redemande, trépignant à l’idée de tenter sur elle l’expérience tactile d’un slam féminin. La logistique est minimaliste, une table de mixage, un micro, et 2 personnalités. L’ambiance trash des albums prend toute sa dimension sur scène, les morceaux sont clairement retravaillés, les mélodies, bien que rudimentaires, sont toujours aussi efficaces, les beats électro sont plus intenses, plus explosifs. Le temps d’un concert, la loggia a semblé trop petite pour accueillir l’énergie communicative et débordante d’un vrai groupe de scène.

Les Bloody Beetroots n’auront pas fait mentir leurs réputations de roi du dancefloor : masque de venom toujours vissés sur la tête, 3 claviers sur scène, une batterie et une guitare pour un gros son électro qui aura mis le feu à la plage. Dommage qu’ils aient été programmés en toute fin de festival. Sur un autre créneau, ils auraient pu faire des miracles et attirer trois fois plus de monde.

Empire of the Sun ou la sensation post-MGMT. Un concert hallucinogène avec quelques tubes, mais pas vraiment d’ambiance dans le public hormis quelques groupes alcoolisés ondulant nonchalamment. Les danseuses aux déguisements tous plus surprenants les uns que les autres assurent une grande partie du spectacle et l’ensemble donne une impression de grand n’importe quoi multicolore et vaguement punk.

Émilie Simon c’est un peu l’anti-Charlotte Gainsbourg. Une véritable jubilation à être sur scène et un large sourire sur son joli visage pour un set electro de haut niveau. Les anciens titres sont remaniés et y gagnent une seconde jeunesse. C’est beau à voir et à entendre.

Crédits photo : Nicolas Brunet / Jo (pour les photos de MOPA)

eurocksLogoAirbourne @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Airbourne @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Airbourne @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Airbourne @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Beast @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Beast @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10The Black Keys @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Black Keys @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Black Keys @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Bloody Beetroots @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10The Dead Weather @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Emilie Simon @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Emilie Simon @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Emilie Simon @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Foals @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Foals @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Foals @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Foals @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Foals @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Gallows @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Gallows @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Gallows @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Ghinzu @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Ghinzu @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Ghinzu @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Ghinzu @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Ghinzu @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Ghinzu @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Jay-Z @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Julian Casablancas @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Julian Casablancas @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Julian Casablancas @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Julian Casablancas @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Julian Casablancas @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Kasabian @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Kasabian @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Kasabian @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Kasabian @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Kasabian @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10LCD Soundsystem @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10LCD Soundsystem @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Massive Attack @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Massive Attack @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Massive Attack @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Mika @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10Missy Elliott @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Missy Elliott @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10Missy Elliott @ Eurockeennes, Belfort | 02.07.10My Own Private Alaska @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10My Own Private Alaska @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10My Own Private Alaska @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10My Own Private Alaska @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10My Own Private Alaska @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10My Own Private Alaska @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Drums @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Drums @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Drums @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Drums @ Eurockeennes, Belfort | 04.07.10The Hives @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10The Hives @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10The Hives @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10The Hives @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10The Hives @ Eurockeennes, Belfort | 03.07.10

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Image de : Fondateur de Discordance.

4 commentaires

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  1. 1
    Laure
    le Vendredi 9 juillet 2010
    Laure a écrit :

    Cool l’article !
    Très pertinente la rubrique « erreurs de casting » et d’avoir pointé les travers du festival.
    Même si c’est chouette les Eurocks il faut le dire.

    Merci pour le clin d’oeil :)

  2. 2
    le Vendredi 9 juillet 2010
    abi a écrit :

    les Hives en scout ! je dis -M-
    merciiii

  3. 3
    le Mercredi 14 juillet 2010
    Oliv///DedaleSonore a écrit :

    Article intéressant !
    Perso j’ai été assez déçu par les Eurocks cette année, j’espère un mieux l’an prochaine.
    Mais j’ai été convaincu par Sexy Sushi, General Elektriks (que tu n’as apparemment pas vu)et surtout LCD Soundsystem.
    Très jolies photos.

  4. 4
    le Samedi 25 décembre 2010
    Fanny a écrit :

    Intéressant, mais si il y a un point où je ne suis absolument pas d’accord c’est pour le concert de the XX, je n’ai jamais autant voyagé lors d’un concert, il ne passe pas une semaine sans que j’en reparle c’était magique.
    Et la performance de the Subs mérite d’être mentionner!

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