Eurockéennes 2008

par Elodie, Polly, , |
Et c’est reparti pour 3 jours de fête. Pour la vingtième année consécutive, les Eurockéennes de Belfort s’installent pour 3 jours sur la Presqu’île du Malsaucy. Un anniversaire que Discordance n’aurait loupé pour rien au monde…

It’s that time of year again, I can taste the air.

eurocksComme si c’était hier. C’est comme si l’édition 2007 s’était déroulée la veille. Mais c’est bel et bien 12 mois qui viennent de s’écouler à la vitesse de la lumière et revoilà déjà le premier week-end de juillet qui pointe son nez. Cette même fébrilité d’avant festival, les derniers préparatifs, le nez en l’air en permanence pour guetter les probabilités d’averse, l’arrivée les uns à uns sur le camping, l’installation du matos, le premier apéro, les premières grillades.

Mais ne nous y trompons pas. Derrière cette routine qui semble immuable d’années en années, les éditions se suivent et ne se ressemblent pas. Car sous les apparences de la fête qui se prépare, c’est un véritable choc des festivals qui s’annonce. Et pour que cela soit vraiment réussi, il fallait trouver un méchant qui fasse l’unanimité et qui cristallise autour de lui toutes les haines. Un rôle qu’a endossé le Main Square d’Arras à la perfection. Arrivé avec une délicatesse digne d’un Panzerabschleppwagen dans le paysage pourtant déjà embouteillé des festivals français, le Main Square ne fait pas dans le raffinement, ni dans la diplomatie. Et pour partir sur de bonnes bases, la directrice du festival (anciennement programmatrice aux Eurocks ) se permet de piquer Radiohead au nez et à la barbe des Eurocks . Pas vraiment étonnant, quand on connaît la puissance financière de Live Nation, la boîte de production qui se cache derrière le Main Square.

ambiance1Devant une telle démonstration de force, l’affrontement frontal est perdu d’avance et l’association Territoire de Musique l’aura bien compris. Ne pouvant rivaliser en taille et en budget, les Eurockéennes auront dévoilé leur contre-attaque lors d’une conférence sobrement intitulée « La guerre des festivals aura-t-elle lieu ? ». Un titre faussement provoc’ pour une session qui aura vu des représentants d’une dizaine de festivals européens annoncer la création d’un forum d’entraide.

Néanmoins tout ce beau monde aura eu beau se congratuler à coups de chiffres de fréquentation records, on sent bien que la situation se crispe de plus en plus. L’avenir de la musique passe par le live, ce n’est plus un secret pour personne, et chacun a l’air bien décidé à ne pas laisser échapper la moindre part de ce gâteau particulièrement appétissant. Des artistes qui demandent des cachets de plus en plus importants, des clauses d’exclusivité qui commencent à se multiplier depuis quelques années et un prix du billet qui a atteint un palier limite. Une quadrature du cercle qui devrait poser de plus en plus de problèmes aux organisateurs de festivals dans les prochaines années.

Bien plus qu’un alignement bête et méchant de gros noms sur une scène lointaine, le public est à la recherche de vibrations, d’ambiances et de moments uniques. À croire que les groupes présents ne servent que de prétexte à la fête et au dépaysement. Une réflexion faite de nombreuses fois tout au long de ce week-end. Car sinon comment expliquer l’affluence records de ces Eurocks, malgré une programmation faite essentiellement d’artistes middles, voire de quasi inconnus ?

ambiance2L’atmosphère si unique de la Presqu’île du Malsaucy ? Son cadre magnifique ? Bien sûr, cela joue un rôle indéniable. Mais il y a aussi cette amorce d’un tourisme festivalier d’un nouveau genre qui en voit certains enchaîner les concerts à la façon d’un marathon sans vraiment prendre le temps de s’imprégner de la musique et d’autres ne prêter aucune attention au déluge sonore qui s’abat à quelques mètres d’eux. Pas vraiment le genre de public studieux, que l’on retrouve en salle. Dommage ? Pas vraiment. Après tout c’est à chacun de prendre son plaisir là où il le trouve.

Des groupes, il y en avait pleins. Et même de trop. Car celui qui arrive à vous citer plus de 20 concerts vus lors de ces 3 jours n’a pas du y assister de façon très sérieuse. Ce festival est une frustration constante. De 16h00 à 3h00 du matin, quoi que vous fassiez, vous avez cette fâcheuse sensation de louper quelque chose en permanence, tant les horaires sont serrés et les chevauchements nombreux.

Et le constat à la fin du week-end sera amer avec une liste de groupes loupés longue comme le bras. Exit donc Biffy Clyro, A Place to Bury strangers, Deus, Genghis Tron, CSS, Fucked Up, Daniel Darc, Vampire Weekend, Phoebe Killdeer, Sharon Jones, Red Sparrows, Dan le Sac VS Scroobius et Ez3kiel . Pour ces Eurockéennes 2008, vous n’aurez été qu’une liste de noms sur un programme déjà surchargé.

Pour les autres voici une liste des grands moments de ces vingtièmes Eurockéennes de Belfort. Dans l’ordre alphabétique pour ne pas faire de jaloux.

Babyshambles by Polly

Dieu soit loué, Pete Doherty nous fait l’honneur de sa présence. Mais le rockeur déjanté n’est pas exactement à la hauteur de ce qu’on aurait pu attendre de lui. Un brin nonchalant, affublé d’un costume noir et d’un chapeau melon, Pete ne déborde vraiment pas d’énergie. Il se contente de vagabonder sur scène, enchaînant ses tubes sans trop prendre garde au public. Il est venu et a fait son job. C’est déjà pas si mal. On sait qu’il ne faut pas lui en demander beaucoup plus. Heureusement les chansons rendaient plutôt bien. En d’autres termes, les Babyshambles auront donné un bon concert sans surprise.

Babyshambles by Pascal

ambiance4Jusqu’à présent notre relation n’aura été qu’une longue suite de rendez-vous manqués. Entre annulation, reports et autres caprices de stars, je ne comptais plus le nombre de festivals auxquels j’ai assisté par le passé et où à chaque fois vous vous dérobiez au dernier moment. Etait-ce de la timidité de votre part, vous qui par certains côtés me faites tellement penser à l’idole nirvanesque de ma jeunesse ?

Car je vous reconnais un talent indéniable, cette étincelle de génie et cette fulgurance rock qui vous fera sortir très bientôt, j’en suis sûr, la chanson définitive de ces dix prochaines années.

Mais vous étiez enfin là. Sous ce chapiteau. Jouant si merveilleusement des clichés de la rock star. Une nonchalance et un détachement de dandy. Une ivresse savamment dosée pour ne pas décevoir ces milliers de paires d’yeux rivées sur vous, plus là par voyeurisme que par réel intérêt pour votre musique.

Un side of the road balancé en intro. Delivery juste derrière pour vous délivrer des simples curieux. Et le reste de la setlist allègrement piochée dans les albums du groupe ( Kilimandjaro, Albion, Carry On Up The Morning, Baddie’s Boggy ) avec en prime une reprise des Libertines ( Can’t stand me now ) en duo avec Soko et un Fuck forever de grande tenue pour conclure.

Pour une première, ce fut très plaisant. Indéniablement. Il y manquait juste ce grain de folie, ce moment d’éternité, qui aurait pu faire basculer le concert vers quelque chose de vraiment grand. Sûrement qu’un festival n’est pas l’endroit le plus propice pour ce genre de choses.

Ben Harper by Polly & Pascal

Alors qu’au même moment, quelque part entre Paris et Belfort, une centaine de passagers de la SNCF sont coincés pour cause de locomotive défaillante, c’est affublé d’un bandeau de tennis bleu que Ben Harper monte sur la Grande scène des Eurockéennes sous les acclamations d’un public venu en masse.

Le show est parfait. Une setlist piochée essentiellement dans les deux derniers albums en date. Les chansons sont toutes aussi agréables les unes que les autres, mais sans vraiment de grandes surprises par rapport aux versions studios. Pour pallier ce manque d’originalité, Ben Harper ne se lassera pas de faire étalage de ses prouesses à la guitare slide dans de solos (trops) longs de parfois plusieurs minutes.

Accompagné de ses imposants Inncents Criminals, il se montre assez distant avec le public. Hormis une petite pointe de nostalgie, lorsque entre deux chansons, il se rappelle avoir joué ici même en compagnie de Jeff Buckley et de Page & Plant il y a 13 ans de cela. Malgré cela Ben Harper n’en demeure pas moins le roi de la folk et sa prestation aura tenu toutes ses promesses.

Cali by Anne-Laure

caliC’est bien plus par curiosité que par envie que je me tiens là. Devant lui. L’une des principales raisons de la vente aussi rapide des billets pour la journée du dimanche. Pour quelles raisons, connaît-t-il depuis quelques années un tel engouement auprès du public français. Peut-être que ce concert apportera une réponse à cette question qui reste un mystère.

C’est un public majoritairement féminin qui attend impatiemment l’entrée en scène de l’artiste. Si l’on se fie aux nombreux mots doux dessinés sur les jolies joues roses, Cali fait battre les coeurs de beaucoup. Le concert débute avec 1000 coeurs debout le dernier single en date. Le voilà chantant à travers un porte-voix avant d’enchaîner avec ses chansons les plus connues : C’est quand le bonheur, Elle m’a dit, Comme j’étais en vie et d’autres du même acabit.

Cali est un homme de scène. Cela ne fait aucun doute. Authentique et simple, il passe son temps à jouer avec la foule. Tel un marathonien, il court de droite à gauche de la scène, embrasse et lèche au passage les écrans de caméra, il court, il simule un slam de la scène au public (il faut noter qu’entre la scène et la première rangée des spectateurs il y a minimum 5 mètres), il saute, se jette au sol épuisé d’avoir tout donné, se relève, court à perdre haleine. Voilà donc ce qui plait au public français ! La proximité et la malice qu’il perçoit dans les yeux bleus du chanteur. Ce côté m’a également touchée et je me suis surprise à chanter, danser et taper des mains en choeur.

Par contre ses quelques tirades sur les causes qu’il soutient étaient assez pénibles et n’étaient pas amenées avec suffisamment de tact. Les sans-papiers, la loi Hadopi, le droit des Pères. Une accumulation qui donne le tournis et qui au final produit exactement l’effet inverse en desservant la cause initiale, aussi noble soit-t-elle.

L’explication de cette hyperactivité militante pourrait être illustrée par le titre de ses 2 DVDs : Plein de vie et La vie ne suffit pas . Cali donne l’impression de courir après le temps et ce serait dommage qu’il se perde dans ses nombreux projets et vienne à en oublier l’essentiel.

Cavalera Conspiracy by Polly & Pascal

cavaleraDouze ans après leur dernier passage aux Eurockéennes, les frères Cavalera sont de retour sur la Grande scène des Eurocks . Seul le nom du groupe aura changé. Exit Sepultura, voici Cavalera Conspiracy pour le seul concert métal du week-end. Un show en forme de best of de Sepultura . Hormis quelques titres d’ Inflikted, très efficaces au passage, ce ne sera qu’une longue suite de classiques tous aussi jouissifs les uns que les autres. Car ce groupe n’est au final qu’un prétexte pour les frangins Cavalera de se rappeler le bon vieux temps.

Les fans de la première heure sont aux anges et les nouveaux venus assistent à une vraie leçon de death metal. Devant un tel déluge sonore, on en oublierait presque le peu de monde présent en ce début de soirée. Assurément le public des Eurockéennes 2008 n’a plus grand chose à voir avec celui de 1996. Qu’importe pour les acharnés des premiers rangs, l’ambiance est au rendez-vous. Mosh Pit, Circle Pit, Wall of Death, aucune de ces chaleureuses chorégraphies métalleuses ne sera oubliée.

Outre les gros classiques que sont Chaos A.D et l’inégalable Roots, Cavalera Conspiracy nous aura gâté avec des vieilleries telles qu’ Attitude, Fuck the Police ou encore un Biotech is Godzilla couplé à Hollidays in Cambodia des Dead Kennedys . Du bonheur, de la sueur, des murs de guitares et un Merci Fucking Beaucoup déjà culte, lancé à la fin du concert par un Max visiblement heureux d’être là.

Danko Jones by Pascal

 » Je m’appelle Danko Jones, and if you motherfuckers don’t understand this, you can read it here.  »

Pour le coup, il fallait être soit complètement sourd ou complètement myope pour ne pas se rappeler le nom du bonhomme. Avec une énorme bannière à son effigie, et scandant son nom en permanence entre chacun de ses titres, Monsieur Jones aime bien qu’on se rappelle de lui et que l’on scande son patronyme. Victime collatérale de l’affligeant set de Cali, il n’y aura pourtant pas grand monde sur la plage pour satisfaire son égotrip de rockeur.

À tort. Car mine de rien, il est diablement efficace le bougre. Rythmes binaires et chansons parlant soit d’alcool, de rock ou de sexe. C’est basic, mais cela fonctionne à plein régime.

Et comment résister à un type qui, avant de quitter la scène, vous chante une chanson dans laquelle il est question des Ramones, de Bon Scott, de Johnny Cash et de Joe Strummer ? C’est très simple, vous n’y résistez pas et vous vous mettez à brailler comme les autres : Danko Jones, Danko Jones, Danko Jones .

Gossip by Elodie

eurocks_-103Explosif, Surexcité, Abusif, Électrique, Excessif, Démesuré, Généreux. Bien plus qu’un simple concert, il s’agit là d’un show. Rafale d’énergie aux sonorités discos, soul, punk rythmé par un son de batterie et des riffs si spécifiques. Tout cela sans parler de la voix de Beth (la chanteuse) à la fois blues, énervée et sensuelle.

Trip musical. Ce terme devrait convenir à définir l’expérience sonore et sensorielle de ce concert. Un bon début, un déroulement évolutif vers une fin extatique. Pour être plus clair, au fur et à mesure que le temps avance, le son devient de plus en plus envoûtant, la batterie se ressent davantage, le public adhère et la chanteuse s’emballe de plus en plus, pour quitter petit à petit tout ce qui lui semble superflu, comme ses vêtements, tant les sensations sont fortes, autant pour elle que pour nous. Emportée par la foule et son soutien, elle nous rejoint à plusieurs reprises au grand dam des caméramans absolument déroutés par cette subite disparition. Haletante et épuisée, fidèle aux modèles punk, elle s’étend sur la scène, ruisselante de sueur. Bref répit avant le rappel et le fameux Standing in the way of control de fin.

Gossip by Polly & Pascal

Déjà présent au Malsaucy il y a deux ans en tant que découverte, les Gossip sont de retours avec une notoriété beaucoup plus grande. Same time, same place. Mais un chapiteau nettement plus bondé et en totale ébullition tellement le concert qui s’y déroule est surprenant. Sur scène on ne voit qu’elle. Beth Ditto, la charismatique chanteuse du groupe débarque dans une espèce de justaucorps moulant qui dévoile ainsi son célèbre embonpoint ainsi qu’une imposante poitrine qui ne demandait qu’à s’échapper de sa prison.

Un concert haletant qui démarre tranquillement pour s’achever sur un Standing in the way of control apocalyptique qui verra Beth prendre un interminable bain de foule, du premier au dernier rang, ce qui aura eu le don de pousser la sécurité à bout. Un set irréprochable, un timbre de voix inimitable qui ne faiblira jamais, et des musiciens, qui bien qu’éclipsés par leur chanteuse, auront fait forte impression. Malgré l’heure tardive, Gossip aura contaminé tout le monde avec son énergie incroyable.

Grindermann by Pascal

Programmation courageuse pour un samedi soir sur la grande scène. Le rock torturé de Nick Cave et de son projet Grindermann n’est pourtant pas la chose la plus accessible au Monde. Une initiative louable qui aura vu une véritable tempête électrique s’abattre sur le Malsaucy.

Dandy moutschu, Nick Cave est fascinant. Hypnotisant. Happant le spectateur dans ce maelström noisy entre délires et improvisations de ses musiciens. Les titres de l’album sont tous passés à la moulinette et réinventés en direct : Electric Alice, Get it on, Honey Bee, No Pussy Blues . Une partie du public reste sceptique. L’autre en redemande.

Le groupe reviendra pour une version hallucinatoire et hallucinante du Tupelo des Bad Seeds . Un pari risqué mais réussi.

La Bande originale by Polly

Sans aucun doute la déception du festival. Annoncé comme la création hommage aux 20 ans du festival, et au rock lui-même, il s’avère que ce concert n’aura été qu’une accumulation de reprises plutôt fadasses et ennuyeuses. Des duos inintéressants, une somme d’individualité qui n’arriveront jamais à créer l’osmose tant attendue. Olivia Ruiz, déguisée en bonbon rose pour l’occasion, n’offrira rien de neuf, allant même jusqu’à garder ses mimiques de flamenco, déjà beaucoup trop utilisées dans ses concerts solos. Et ce ne seront pas An Pierle et Camille, les deux autres artistes féminines présentes, qui relèveront le niveau de la chose. Entre la petite voix criarde de la première et celle quasiment inaudible de la seconde, le résultat est très décevant.

Pas beaucoup mieux du côté des hommes, avec un Daniel Darc ennuyeux à mourir sur le Requiem pour un con de Gainsbourg et un Amadou reprenant poussivement le mythique Whole Lotta Rosie d’ AC/DC sur sa Fender. Seul Didier Wampas apportera un semblant d’énergie et d’humour à cette création poussive. On ne cessera d’ailleurs de se demander ce que Sa Majesté a bien pu faire comme connerie pour qu’on lui inflige une telle punition.

MGMT by Elodie

L’express ni allait pas de main morte en parlant de Management comme du buzz de 2008, d’une des meilleures révélations de cette année. Et il avait raison.

« Chaque journée est un élan qui traverse l’histoire. » ( Jim Morrison, Wilderness ). Dans le cas de MGMT (prononcez Management ), chaque morceau est un élan allant du passé au présent emportant sur son chemin l’esprit psychédélique du Summer of Love, le post punk des années 1980, le mysticisme des Doors, un peu de David Bowie (à ses débuts) et un aspect expérimental et électronique unique.

Décalé, avec leur look de hippies/retro/kitch ils revendiquent des sonorités hypnotiques et un art de la performance sur scène. Ce 6 juillet, c’est avant tout le prophétique opus, Oracular Spectacular qui submergea par ses titres : Time to pretend, hymne transcendant et enivrant Pieces of what , très 70′, l’entraînant Electric Feel, etc. Tous sont marqués par une expérimentation sonore entre le pop folk et le rock psychédélique avec ses espèces d’interludes musicaux absolument fabuleux. Pas loin du noisy electro en quelques sortes, MGMT se veut expérimental. Leur projet serait de créer de nouveaux morceaux pour chaque live. Inspiré de la théorie du chaos ? Peut être bien. This is our decision to live fast and die young, we’ve got the vision now let’s have some fun . C’est avec cet esprit qu’ils ont composé leur premier album, sorti le 14 mai (et déjà désigné par Rolling Stones comme l’un des groupe à suivre).

Vision assurément rock que nous retrouvons sur scène, quand dans la deuxième partie du concert, Ben Goldwasser chante recouvert de quelque chose qui ressemblerait presque à une couverture aux couleurs vives, un peu façon Duke dans Las Vegas Parano avec une serviette orange sur la tête suite à une prise un peu trop conséquente d’adrénochrome … Fortement inspirés, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden apparaissent comme les diffuseurs d’une essence passée et les porteurs d’une promesse envers le futur… Et dans leur cas (et dans le notre), l’avenir c’est le 12 novembre, à l’Olympia, date de leur prochain concert en France.

Moriarty by Anne-Laure

Le dernier jour déjà. Et un groupe à voir plus tous les autres. Pour un nom que tous les festivals s’arrachent et qui déchaîne depuis quelques mois un tel torrent de critiques élogieuses, l’horaire (15 :30) est bien tôt. Malgré cela, le public sera au rendez-vous.

Dès les premières notes, la voix envoûtante de Rosemary nous projette dans une atmosphère singulière et hors du temps. Les yeux fermés et avec un peu d’imagination, il est tentant de s’imaginer projeté dans le Sud des États-Unis à travailler les plants de coton sur des rythmes de blues.

Moriarty a ce don de réinventer une musique qui puise son inspiration dans le folklore américain et irlandais, ainsi que dans le blues des années 30. Le style vestimentaire des 6 membres du groupe va de pair avec l’image décalée qu’ils veulent se donner. Comme un jeu de rôle où chacun endosse son personnage issu d’une autre époque.

Durant l’heure que durera leur concert, ils interpréteront la quasi-totalité de leur premier album Gee whiz but this is a lonesome town devant un chapiteau pas tout à fait réveillé cependant. Seule la ballade de Jimmy réussira à en réveiller certains qui se prendront même à en fredonner timidement l’air.

Moriarty est sans conteste LE groupe incontournable de cet été : ils seront notamment à La Garden nef Party, à Benicàssim (Espagne), Au Pont du Rock ou encore aux Nuits de Fourvière pour les plus connus. Pour le reste, de très nombreuses dates sont prévues jusqu’en décembre 08. Ils doivent donc obligatoirement passer près de chez vous, vous n’aurez ainsi aucune d’excuse.

N.E.R.D by Pascal

nerd N.E.R.D c’était LE grand moment annoncé de ce samedi soir. Du hip-hop sur une base très rock, des musiciens surdoués et un flow impeccable, le célèbre producteur Pharell Williams et ses potes ont su enflammer le public belfortain.

Pas grand-chose ne sera laissé au hasard. Les gros tubes du groupe sont là ( Brain, Lapdance, She wants to move ). Comme dans tout bon concert de rap, deux jeunes filles sont emmenées sur scène pour jouer le rôle de potiche au milieu du groupe. Sur scène c’est un véritable bordel organisé qui ne tardera pas à se communiquer à tout le public. N.E.R.D ratisse large et mélange tous les styles. Certes un peu basique et bling bling, on sent néanmoins toute la puissance de l’artillerie US à l’oeuvre. Efficacité avant tout.

Silent Disco by Elodie

En apparence, un groupe de délurés qui dansent … sans musique. C’est le concept de la silent disco (ou discothèque silencieuse) qui a fait de nouveaux adeptes parmi les festivaliers. Ceux-ci apprécient la musique, quelle que soit son mode de réception.

Expérience sensorielle propulsée sur le devant de la scène, la Silent disco intègre les festivals depuis 2002, date de sa naissance sur le camping du Parade Festival (Pays-Bas). Depuis, le phénomène tend à se développer en Europe. Certains parlent même de remplacer les raves party, teufs et autres rassemblements musicaux peu appréciés des riverains, par ce système. Pas de tapage nocturne (ou diurne), à moins de chanter très fort. Très variée au niveau des styles diffusés, elle s’accommode de chaque festival, que ce soient les Eurockéennes, les Solidays, le Festival de Benicàssim (Espagne), le Pohoda festival, etc.. Révolution des dancefloors en quelque sorte, discothèque pour ceux qui n’aiment pas les boîtes ou encore rave party silencieuse, à vous de voir. Nous on a aimé.

Sinik by Pascal

S.I.N.I.K . Forcément c’est nettement plus simple à retenir que C.Y.N.I.Q.U.E . Tous les clichés du ganstarap à la française. C’est cheap, pas subtil pour un sou. Au bout de 3 chansons, déjà 2 marques de voitures allemandes citées. Bruits de flingues à tout va. Attitudes et postures de caïds virils. Et le reste est à l’avenant.

T’as voulu clasher S.I.N.I.K c’est ce qu’harangue en permanence les deux DJs qui entourent l’artiste. Même pas, je ne faisais que passer.

Help me, I’m in Hell.

The Dø by Polly

thdoNouveau groupe révélation de l’année qui a fait les choux gras des cahiers Oxford et de nombreuses radios, autant dire que The Dø était très attendu sous le chapiteau. Outre sa fulgurante popularité le groupe souffre aussi de nombreux préjugés sur leurs performances live et sur l’effet pervers d’une allergie causée par une rotation excessive de leur single sur les ondes. La presse vous dira du duo franco-finlandais qu’il est d’un amateurisme flagrant sur scène et sans aucune énergie. Les aficionados de Virgin Radio eux, vous diront que la voix de la chanteuse leur est devenue insupportable.

Autant dire que ce concert aura su balayer toutes les fausses idées de mon esprit, me laissant presque l’impression d’une claque en pleine figure. Tout aura été aux antipodes de ce à quoi je m’attendais. Ayant été particulièrement déçue de l’album, j’ai redécouvert avec plaisir les chansons du duo. Retravaillées pour l’occasion toutes semblaient avoir été enrobées d’un parfum nouveau, d’une nouvelle saveur, plus énergique. Exactement ce qu’on pourrait attendre d’un live.

On se délectera même du trop récurrent, On my Shoulders acclamé avec fougue par le public. Quant au présumé amateurisme, ce n’est qu’une légende urbaine. Le groupe transmettra pendant toute la durée du concert une énergie qu’on ne leur soupçonnait pas avec une chanteuse qui sait se faire féline et mystérieuse, totalement dans son élément. Elle charmera tout un chapiteau survolté par l’une prestation malheureusement trop courte.

The Offspring by Pascal

Un mois après le Rock am Ring, un nouveau concert de la bande à Dexter. Ça commence par Come out and play et finit par Self Esteem . Entre, c’est une avalanche de singles. Étonnant le nombre de titres qui sont restés ancrés dans un coin de synapse malgré toutes ces années. Et pour les nouveaux titres, aucune crainte à avoir, ils sonnent exactement comme les anciens. Un show plus long que le mois précédent. Plus d’échanges avec le public également. De quoi finir tranquillement le week-end.

The Wombats by Pascal

wombats Franz Ferdinand . Arctic Monkeys . Et cette année les Wombats . Décidément les Eurocks ont le flair pour ce qui est des petites sensations rock venant d’outre-manche. Le chapiteau est bondé et le groupe livre une prestation dans la droite ligne de son album. Bien sûr tout le monde est suspendu dans l’attente du single et c’est bien là l’inconvénient de ce genre de concerts. Let’s dance to Joy division sera naturellement le point culminant du set et fera sensation dans le public.

L’une des dernières prestations du groupe avant de retourner en studio. Pas une mauvaise chose. Un deuxième album devrait leur permettre d’étoffer un peu plus leur set.

Les Eurocks vues par une lectrice de Discordance by La Reloue

eurocks_-100Bah mes souvenirs des Eurocks ’08 … c’était des Eurocks « Nostalgie » ! Merci aux frangins Cavalera d’avoir presque recréé le set de Sepultura en 96, ça m’a rappelé d’excellents souvenirs de jeunesse (sauf que cette année, je n’étais pas pressée tout devant !) et j’ai eu des p… de sacrées bonnes montées ( Biotech dans ta face, que demander de plus pour toucher temporairement du doigt le paradis, sous un ciel magnifique !).

Une petite déception amère de n’avoir pas entendu un seul morceau de l’album Ignition (le meilleur !) pendant le set d’ Offspring, même si un bon vieux Self Esteem suffit toujours à faire verser une petite larme de nostalgie (oui, j’ai eu moi aussi 14 ans il y a… longtemps !).

Grinderman, la grande classe ! Efficace, point barre. Battles, forcément, pas de mauvaise surprise, c’est une valeur sûre, on ne s’attendait pas à moins et c’est tant mieux ! Mais le moment le plus intense pour moi a été de me délecter d’ Electric Electric ! Oh je vous vois venir, vous allez me dire que c’est du chauvinisme parce que c’est les copains de Strasbourg ! Alors non, en toute objectivité, ce groupe ne distribue pas seulement de l’excellente musique, mais aussi des étoiles dans les yeux et les oreilles… oui, comme d’habitude, j’ai été électrisée ! Pourvu que ça dure !

Côté camping, à part avoir entendu environ 45867 fois « Apéro ! » (je ne compte pas l’écho qui s’en suit à tous les coups) j’ai goûté aux joies du repliage de tente sous la pluie ! Bon en soit, ce n’est pas gênant, sauf qu’une fois rentrée à la maison, il faut la redéplier dans le salon (ben oui je n’ai pas de jardin…) pour la faire sécher, et finalement ça prolonge l’ambiance du festival !

À l’année prochaine !

Crédits photos: philB

Un grand merci à toute l’équipe des Eurocks pour leur accueil et leur organisation exemplaires.

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16 commentaires

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  1. 1
    Pascal
    le Vendredi 11 juillet 2008
    Pascal a écrit :

    Merci aux frangins Cavalera d’avoir presque recréé le set de Sepultura en 96, ça m’a rappelé d’excellents souvenirs de jeunesse »

    Carrément ! Sauf qu’en 96, il y avait quand même plus de monde il m’a semblé devant la grande scène.

    Biotech dans ta face, que demander de plus pour toucher temporairement du doigt le paradis

    C’était juste dans ma tête, ou bien Max chantait Biotech is GOJIRA tout en alternant avec des passages d’Holidays in Cambodia ???

  2. 2
    le Dimanche 13 juillet 2008
    Amélie a écrit :

    Pendant le concert de Massive Attack, on s’attendait à ce qu’une amie nous rejoigne sauf qu’elle nous envoie par texto  » mon train a pris feu, je vais louper Ben Harper « . Ah?

  3. 3
    Pascal
    le Dimanche 13 juillet 2008
    Pascal a écrit :

    Comme c’est étrange :o )

    J’ai reçu le même texto de la part de notre talentueux photographe qui se réjouissait depuis des semaines d’immortaliser Ben Harper… Se pourrait t-il qu’ils aient été dans le même train ???

  4. 4
    le Lundi 14 juillet 2008
    Emma a écrit :

    Ne me dites pas que vous n’avez aucune photo de Ben Harper ?

  5. 5
    Pascal
    le Samedi 19 juillet 2008
    Pascal a écrit :

    Je profite de cet article sur les Eurocks pour faire un rapide résumé des 2 premiers jours des Vieilles Charrues.

    Un jeudi de haute tenue avec l’excellent show de Motorhead. « We are Motorhead and we are playing rock’n roll… »

    Ben Harper royal. ll jouait à domicile et cela se voyait… Un set de 90 minutes bien meilleur que celui des Eurocks. Burn One Down. Rodney King… Envoutant.

    Babyshambles pathétique. Tout a commencé par un « Hello England » sarcastique et le reste était à l’avenant. Totalement défoncé le sho était brouillon et pathétique. A des années lumières de son excellente prestation des Eurocks… Triste…

    La journée du vendredi était quant à elle assez mollassonne. Yael Naim soporifique. Christophe Mae, atroce. 2h30 de mièvrerie inaudible et qques reprises pitoyables. Reprendre Redemption Song faut oser… Bob Marley a dû faire un tour dans sa tombe et Joe Strummer le double salto…

    ZZTop, sympathique. Surtout la fin. Et Gogol Bodello tout simplement énorme.

    Pour ce qui est du samedi, après l’horripilante Yelle c’est Camille qui est en train de se produire sur la grande scène. De bons beatboxeurs (Ezra en tête), mais pas beaucoup plus… Mais cela devrait monter crescendo avant la déferlante Gossip très tard dans la nuit…

  6. 6
    le Samedi 19 juillet 2008
    kyra a écrit :

    Ouch, je crois que je ne râte pas grand-chose alors du côté des Vieilles Charrues… désolée Pascal, pas eu le courage de vous rejoindre à Carhaix, ne serait-ce que pour partager un verre, la semaine a été éreintante.

    J’en profite pour rebondir sur la review des Eurocks, et surtout sur la superbe palette de couleurs que nous offre Phil B via ses clichés… chapeau bas l’artiste.

    See you les gars et les filles ;)

    k.

  7. 7
    le Dimanche 20 juillet 2008
    Anonyme a écrit :

    Trèd bon samedi. Dub Inc au taquet. Gad Elmaleh sauvé par Bob l’éponge, ZebraMix génial(AC/DC, RATM, Pixies, Blur), Matmatah sans compromis (sans Apologie mais avec une reprise du Velvet) et Gosspip génial mais moins bien qu’aux Eurocks…

    STANDING IN THE WAY OF CONTROL !!!!

    Tu nous manques Kyra…

  8. 8
    le Dimanche 20 juillet 2008
    Anonyme a écrit :

    Et tous les autres aussi :) ))

  9. 9
    le Dimanche 20 juillet 2008
    kyra a écrit :

    Merci Pascal ;)

  10. 10
    le Lundi 21 juillet 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Pascal je te jalouse pour samedi ! Entre les Pixies, Matmatah et RATM !

    Sinon les Eurocks bof. A part Moriarty, les groupes mentionnés ne me disent strictement rien de positif.
    Me suis bien marré en lisant ton impression sur Sinik quand même :) )

  11. 11
    le Dimanche 3 août 2008
    Max a écrit :

    J’y étais, je ne l’oublierai pas, et j’y reviendrai…

  12. 12
    le Lundi 11 août 2008
    maaaaax a écrit :

    Hééééééééé vous abusez, j’suiiiis meme pas d’sus!

  13. 13
    le Dimanche 17 août 2008
    Agathe a écrit :

    On a été pris en photo nous aussi, mais nous n’aparaissons pas sur le cite, je suis très fortemant déçue! pouvez vous mettre toutes les photos en groupe que vous avez prises le samedi ne serait-ce que temporéremant de maniere a ce que je puisse les voir, merci d’avance

  14. 14
    le Dimanche 17 août 2008
    Pascal a écrit :

    Il y en a vraiment beaucoup, mais on va voir ce qu’ont peut faire bien sûr :o ))

  15. 15
    le Lundi 18 août 2008
    Agathe a écrit :

    Merci beaucoup! =)

  16. 16
    Philippe Barbosa
    le Samedi 19 juillet 2008
    phiL a écrit :

    Emma => Pour Ben Harper, t’ira te plaindre auprès de la SNCF !
    Je te rassures, je suis autant frustré que toi…..

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