Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?

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Entre les newsletters de groupes hongrois vantant leur rap-musette hardcore du nord et des mails mettant en lumière un nouveau Viagra thaïlandais, un message m’interpelle : « Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ? » Enquête.

Moi aussi, je fus une saleté de jeune avec des dreads sentant bons les herbes de Provence, des baggy XXXXL et je pris un plaisir non dissimulé à beugler, chanter Petit Caniche, Peluche pour Vieux (et ce n’est pas si lointain que ça). Bonjour, j’étais en première ligne de ce que Didier se délecte de haïr. Heureusement, j’ai grandi, me suis lavée les cheveux, les fleurs sont désormais sur les robes alors pourquoi pas se faire un revival ? Et-puis-bon, j’ai rien autre à faire, et-puis-bon, c’est la crise, et-puis-bon ce sont des invit’, et-puis-bon faut pas gâcher, et-puis-bon si Didier Super est vraiment la réincarnation du Christ, autant être croyante : cela sera toujours un point supplémentaire pour aller en première classe au paradis.

Rendez-vous donc à côté du Bataclan, et là, le choc : il s’avère que c’est sold out ! Nous voici donc face à une file d’attente gigantesque. Le temps de tortiller des cheveux auprès du vigile, et nous sommes dans la salle plus vite que prévu : amen !

Pour les plus frileux, sachez que nous sommes à des années-lumière de Mozart l’Opéra Rock, Dracula ou autres Cléopâtre : le niveau est bien super(ieur) !

L’histoire : après un grave accident de BMX, Didier, chanteur engagé, a perdu son leitmotiv : la haine (la haine, la haine, la haine) ! L’heure est grave : doit-il pointer aux ASSEDIC ? Se prostituer dans la jungle roumaine ? (Même si les deux sont, je vous l’avoue, assez proches) vendre ses organes aux puces de Saint Ouen ? (Bon là, on pourrait vous préciser que nous extrapolons, mais cela donne un petit côté dramatique à cet article). Didier se lamente alors dans sa chambre d’enfant, en proie aux doutes et aux questions sans réponses. Ce n’était alors sans compter sur «  le doudou à Didi », son ours en peluche magique qui lui donne le conseil avisé de parcourir le monde contre vent et marée pour trouver « le fumier », avec un « F » majuscule, celui qui lui redonnera sa rage et son envie de dénoncer les injustices de ce monde de merde.

S’en suit alors plusieurs tableaux : une banlieue et ses jeunes, un paradis fiscal et ses gros branleurs de riches et chacun en prend donc pour son grade : riches, pauvres, gauche, droite, les Juifs, les Catholiques, les sudistes, les nordistes, les consanguins (pléonasme ?) et nous ne pouvons que nous en délecter.

« J’aime, j’aime j’aime !!! La consanguinité un de mes sujets favoris avec la pédophilie! » Une fan anonyme, qui n’était pas à la représentation, mais à qui j’ai rejoué certaine scène via Facebook.

Les décors sont grandioses puisque je doute que je puisse faire aussi bien avec trois rouleaux de gaffer et des crayons de couleur, le concept accrocheur, et nous nous prenons vite d’affection pour la joyeuse bande.

On applaudira également la capacité de Didier à jouer avec certains spectateurs dissipés. «  A 26 euros la place, je pensais qu’il n’y en aurait plus des comme çà ! Va boire une bière au bar à côté, tu ne manqueras à personne » alors que le bonhomme du premier rang méritait, en tout et pour tout, une double paire de baffes !

La comédie musicale de Didier Super : la comédie qu’elle est bien ! Big love, Discordance.

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A propos de l'auteur

Image de : Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 15 février 2011
    Eymeric a écrit :

    Comic sans ms + effet paint « bombe de peinture », je kiffe, ça me rappelle les heures de techno au collège :P

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