Errors – Come down with me

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Charmeurs de serpents, de boas constrictors et de câbles jack. Les membres d’Errors se fraient un passage dans le courant alternatif de l’expérimentation électro.

Image de Errors - Come Down With Me Bien qu’originaire d’Ecosse, Errors a emprunté aux texans le rodéo mécanique. Mais pas n’importe quel taureau énervé… Les nerds se sont penchés vers un bovin instinctif et imprévisible fait de composants électroniques.

A première vue il apparaît difficile de les rallier à d’autres groupes. Les Ecossais cultivent leur originalité. Mais qu’est ce que serait la musique sans comparaison ? Un vaste désert, des oasis isolées, sans liens entre elles. Au contraire si on les regroupe, elles forment une véritable aire de repos, habitable et même confortable. Les explorateurs qui y feraient escale dévêtiraient leur cagoule et entameraient un dialogue entre eux. En effet l’histoire s’est formée avec des références, des appartenances à des genres musicaux, des revendications esthétiques. Le tout premier EP a alors pris la forme d’un traité théorique : How Clean is your Acid House ? De l’art de Controller l’incontrôlable. Un essai à ne pas mettre en les mains de piles électriques. Au risque d’irriter encore plus les gesticulateurs obstinés.

Rassurons-nous : le groupe a aussi envie de paix et de calme. Ce sentiment se révèle sous une forme de bouton off dont il sait tirer parti. Néanmoins, le silence n’existe pas dans leur système déstructuré, un grésillement persiste ou plutôt un acouphène apaisant. En ce sens, Errors s’éloigne des frétillants Battles, propulsés à vitesse interplanétaire avec le titre Atlas. Si la Fnac s’efforçait de catégoriser de manière très précise les dénominations musicales, l’étiquette Math Rock serait collée sur le plastique des albums de ces deux groupes.

La dimension de douceur atmosphérique accouplée au domptage forcené de l’énergie voltaïque est la recette géniale d’Errors, en particulier de leur dernier album Come Down With Me, plus abouti que le premier It’s Not Something But It Is Like Whatever. Dans le dernier opus des Ecossais, on retrouve les fameux titres avec des guitares tirées, comme A Rumor in Africa ou Jolomo. Antipode et The Erskine Bridge constituent en quelque sorte un véritable entracte pour nos oreilles. Puis c’est reparti de plus belle avec Sorry about the mess, surement la chanson la plus mélancolique.

En allant chercher la petite bête, il semble que Come Down with me ne s’égare pas assez et reste trop dans des sentiers déjà battus. Néanmoins on retient quand même le morceau Germany qui marque l’apogée de l’album avec ce passage bruitiste qui colle parfaitement avec la dimension électrique du groupe.

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A propos de l'auteur

Image de : Militant acharné pour la reconnaissance d'une pop moderne et indépendante ! (Magic style) Pour une musique libre, différente, expérimentale. Et surtout actuelle : le rock ne s'est pas arrêté à la fin des années 60... Interpol, Mogwai, Sigur Ros, The Foals, Au Revoir Simone, Why?, Sonic Youth, Joy Division... La musique n'est pas non plus centré sur des artiste, mais aussi sur des albums : Memory Tapes - Seek Magic, The Notwist - The Devil, you + me, Slint - Spiderland..... Mais comme y'a pas que le rock et la pop indépendante : les sounds systems dubs qui perpétuent la tradition roots : Jah Shaka, Iration Steppas, King Shiloh, Improvisators Dub, Bush Chemists...

2 commentaires

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  1. 1
    Julia
    le Jeudi 6 mai 2010
    Julia a écrit :

    Je les ai découverts en live la semaine dernière, c’était vraiment bien, ambiances variées et beaucoup de concentration. Pour continuer les comparaisons, je dirais qu’ils ne sont pas très loin non plus de Foals…

  2. 2
    Baptiste
    le Jeudi 6 mai 2010
    Baptiste a écrit :

    Oui oui ils sont même franchement pas loin de Foals.
    Mais Errors est beaucoup moins arty et hype que les natifs d’Oxford.
    En tout cas, la tendance math rock se développe pas mal en ce moment, et c’est plutôt cool.

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