Equus – Eutheria

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Nouveau venu chez Get a life Records, Equus vient de sortir son premier album, Eutheria. Revendiquant des influences des 60’s et 70’s, cette formation s’intègre pourtant parfaitement dans le paysage post-métal actuel.

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Il faut dire que le post-métal n’est pas très abordable. Croisement entre le post-rock et le métal, il est caractérisé par des sonorités rugueuses, lourdes et intenses. Pis, cette instrumentation sauvage est une musique « d’ambiance », terme a priori incompatible avec la violence du métal. La définition de cette mouvance est d’autant plus floue qu’il n’y a pas ou peu de chant – en l’occurrence pas du tout pour Equus -, donc pas de beuglement permettant de catégoriser ces groupes clairement.

Passés ces quelques éclaircissements, venons-en au vif du sujet. Pour l’image, la musique d’ Equus s’apparente à des montagnes russes. Au plus bas, le groupe joue tout en douceur, arpèges et batterie minimaliste, tout en haut, ce sont des rythmiques bulldozers, des gros riffs, d’autant plus intenses qu’ils sont joués lentement. Le tout est généralement très ample, puissant et curieusement peu agressif.

Pour un non-initié, Eutheria est proche du parcours du combattant. Il y a à peine trois chansons sur l’album et elles sont toutes très longues – respectivement 30, 20 et 15 minutes. Car Equus, comme les autres, prend son temps pour poser ses ambiances. Les riffs sont répétés un nombre incalculable de fois et les larsens traînent en longueur. Cela donne de longs moments de flottement avant que les titres démarrent réellement. Cette atmosphère de chaos est d’autant plus marquée que la musique ne s’arrête jamais vraiment. Tous les titres sont liés entre eux, chaque outro introduisant la chanson suivante.

Il n’y a pas grand-chose qui sépare Equus de ses collègues. La formation genevoise pratique le post-métal comme le fait la plupart des autres combos. Il puise très clairement ses influences dans les disques de ses grands frères, Isis, Neurosis et les autres en passant par des combos plus soft tel que Explosion in the sky . La seule fantaisie que se permet vraiment le groupe est une sorte de solo, camouflée derrière une rythmique lourde dans Orrorin Tugenensis . Rien de remarquable.

Une chose est sûre, Equus maîtrise son sujet. La production est parfaite, à la fois puissante, propre et naturel, les compositions sont ordonnées, bien interprétées. C’est suffisant pour passer un bon moment, mais pas assez pour permettre au combo genevois de se démarquer.

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Myspace d’ Equus : www.myspace.com/eqsmusic

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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