Empyr – Interview The Peaceful Riot

par Polly|
Loin du cliché du All Star Band à l'américaine, Empyr cherche à tirer son épingle du jeu auprès du public français, pas toujours facile à conquérir. Pour mieux les connaître et chasser les idées reçues, Fred (le guitariste) et Benoît (le chanteur) se sont prêtés, toujours modestes, au jeu des questions classiques. Mais quand on les titille d'un peu trop près, l'Empyr contre-attaque toujours.

Tout le monde connait vos groupes précédents mais dites moi comment vous vous êtes formés.

empyr__c_berzerker Benoît : Le line-up officiel s’est crée en 2006 mais on se connait depuis bien plus longtemps que ça. Fred a travaillé avec nous sur des morceaux de Kyo et a fait les prises du premier Vegastar, en tant que producteur donc. On était potes avec Pleymo depuis longtemps aussi, mais ça ce n’est plus un scoop. La musique nous a tous rapprochés et petit à petit est venue l’envie de faire de la musique ensemble. C’était d’abord pour le fun et quand on a vu que tout se passait tout à fait naturellement entre nous, c’est devenu sérieux.

Les médias veulent à tout prix vous cataloguer, mais Vous comment définiriez-vous votre style de musique ?

Fred : Faut-il vraiment donner un nom ?

Non, mais on peut toujours essayer…

Fred : Je pense qu’on tape dans plusieurs genres à la fois. On ne va pas se cantonner à un genre en particulier.

Benoît : Il y a quelques médias qui nous considèrent comme un groupe de métal, mais moi je ne nous considère pas comme ça, même si le métal nous influence tous beaucoup. C’est du rock, sans vouloir forcer la comparaison, un peu comme les Smashing Pumpkins qui passent de la petite balade intimiste aux gros riffs. On a vraiment envie d’explorer toutes les sensations, ce qu’on n’a pas finit de faire avec le premier album.

On dira donc rock au sens large. Mais alors Empyr c’est vraiment du sérieux ou c’est passager ?

Benoît : On a signé pour 3 disques.

Pleymo et Kyo sont restés au stade de la « pause », mais pause définitive ou pas ?

Benoît : Moi je sais qu’avec Kyo, il y aura un quatrième album. Mais comme le second Empyr sortira très vite, ce n’est par pour tout de suite. Pleymo a priori c’est terminé, mais on ne sait jamais.

Fred : L’envie peut te reprendre d’un coup.

Et le terme de All Star Band ça vous plait ?

Benoît : Ouais grave ! ( ironie ) C’est le terme générique qui existe depuis les années 70 mais au final ça ne veut pas dire grand-chose. On n’a jamais voulu mettre ça en avant. On avait vraiment voulu rester incognito au début, mais ça a mal fonctionné. All Star Band pas plus que ça.

Fred : C’est difficile à faire comprendre aux gens qu’on est avant tout une bande de potes. En plus là, on reprend à zéro, on fait la tournée des clubs, et c’est très bien comme ça.

Les gens continuent de vous comparer à vos groupes d’avant. Rien que sur Discordance, la chronique de votre album a méchamment provoquer le débat.

header Fred : Il y en a qui détestaient toutes les formations précédentes des membres d’Empyr et qui viennent nous dire qu’ils adorent le groupe. Il n’y a pas deux avis pareils. Mais ce qui est bien, c’est que les gens en parlent. Même en mal, ça reste positif pour le groupe. On a tous appris à gérer le négatif avant. On s’attendait à être critiqués et on s’en contrefout. Si les gens viennent aux concerts et qu’ils ne comprennent pas que ce qu’on donne c’est du vrai, c’est qu’ils n’ont rien compris.

Benoît : Personnellement je trouve que c’est presque un miracle de venir d’un groupe comme Kyo, qui a énervé plein de gens et d’avoir fait avec Empyr un album si respecté.

Fred : Les gens ne sont pas habitués à ce genre de projet, où les musiciens s’éloignent autant de leur univers de base. Avant même qu’on ait mis le moindre son en ligne, on se faisait déjà canarder de partout.

Donc globalement vous êtes contents des retombées pour cet album ?

Benoît : Ouais c’est le début d’une grande aventure. On va retourner bien vite en studios car on adore le processus de création.

Fred : T’as l’impression d’être un ado dans Empyr . On retrouve les sensations qu’on avait dans notre tout premier groupe. Au premier concert on avait tous la trouille ! C’est une chance de pouvoir se dire qu’on peut encore faire ça.

Avoir choisi New Day comme premier single, c’était pour marquer la rupture ou c’est anodin ?

Fred : C’est un des derniers titres qu’on a composé. Il était tout frais on l’a kiffé direct mais on l’a pas choisi pour ça. Quoi que maintenant à la réflexion l’image que ça renvoie est parfaite.

Vous avez fait le choix de chanter en anglais. C’est pour vous exporter ?

Benoît : Ouais. Quand a enregistré l’album, on n’a pas voulu faire de concessions et comme on écoute pratiquement que des groupes anglo-saxons, l’anglais s’est imposé de lui-même. Et ça permet d’avoir la chance de visiter d’autres contrées, ce qu’on a déjà eu la chance de faire. C’est grisant d’avoir des gens à des milliers de bornes de chez toi qui connaissent les paroles.

Fred : On a fait l’Est. On est allé dans des pays où personne ne nous connait et où le disque n’était même pas encore sorti. C’est un travail de fourmis de se fidéliser un public à l’étranger, mais c’est pour ça qu’on y va : pour que les gens soient contents du concert et reviennent.

Actuellement est-ce difficile d’être un groupe français, financièrement parlant?

empyr2-2 Benoît : Pour Empyr c’est un peu difficile mais on le savait. Personne ne nous a déroulé le tapis rouge. Mais le fait de chanter en Anglais en France se développe un petit peu plus. Il y a de plus en plus de groupes qui tentent et ils ont raison. En plus avec Myspace ça devient possible. Ça nous aide. Et petit à petit on se fait une image, tout en repartant à zéro.

Fred : Je pense que ça correspond à la période aussi. On n’est pas les seuls à souffrir. Faire un groupe de n importe quel style, c’est difficile. C’est un enfer les ventes de disques.

D’ailleurs c’est quoi vos positions sur le téléchargement illégal ?

Fred : On met un an, un an et demi à faire un disque, à bosser, à se poser des questions, donc c’est un peu dur à avaler de voir tout le monde le télécharger gratos.

Benoît : Il y a un tabou par rapport à ça et ça nuit au développement des petits groupes. Il y a un discours de faux-culs qui dit qu’il ne faut pas engraisser les maisons de disques qui s’en mettent plein les poches, mais elles licencient aussi en ce moment.

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