Elisa Tovati – Je ne mâche pas les mots

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"Si je chronique cet album, ce n'est pas en Ecole des Fans que Discordance va se transformer, mais en NRJ Mag..." Voilà ce que je me disais en partant rencontrer Elisa Tovati. Comme quoi, tout le monde peut se tromper.

elisa-2À l’occasion du lancement du nouvel album d’ Elisa Tovati, Mercury Universal a demandé à TriBeCa de sélectionner 20 bloggeuses pour rencontrer l’actrice-chanteuse. Et il s’est trouvé que je faisais partie de cette vingtaine d’élues.
Surprise, flattée, mais surtout intriguée, ma première réaction a été plus que dédaigneuse.
En entendant ce nom, qui s’était fiché quelque part dans mon esprit chargé de gens talentueux, j’ai tout de suite pensé : « Photos FHM et Vérité si je mens 2 « .
J’ai toutefois accepté la charmante invitation, tout en me demandant ce que j’allais faire dans cette galère et m’attendant à voir débarquer une Mlle Tovati pseudo-glamourisée et pré-fabriquée.

Balivernes. Apparaît tout simplement une jolie jeune femme de 30 ans, pétillante et amusante. À l’image de son album, qui, contrairement à ce que l’on peut imaginer, n’est pas de la daube. Oubliez son premier anecdotique opus sorti en 2002, cette fois-ci, elle a su s’entourer de grands noms de la chanson française. Marc Lavoine, avec qui elle part en tournée, lui a écrit Enormément et Daniel Darc & Raphaël, Ça ne sert à rien d’aimer . Vincent Baguian, ami de Zazie – d’où les multiples jeux de mots – a écrit la plupart des textes, et on lui doit surtout la plus belle chanson de l’album, La Grève . La plus épurée, celle qui sied le mieux à la voix d’ Elisa .

En ce qui concerne le son, force est de constater que la belle possède de plus un très joli timbre de voix, que souligne une instrumentalisation simple : guitares, batterie, quelques violons… Une folk presque country et un peu facile, mais toujours mieux que du R’N'B bas de gamme. Ces ritournelles folks forment la toile de fond sur laquelle viennent se greffer les textes qui, eux donnent leur véritable coloration aux morceaux. Et si, parfois, quelques chichis variétoches pointent le bout de leur nez, l’authenticité des textes sauve la mise.

Comme Elisa a appris à griffonner tout ce qui lui passe par la tête pour faire venir quotidiennement l’inspiration, ses textes et ceux qu’elle a inspirés collent impeccablement à notre quotidien. Car oui, c’est un album de fille avant tout, qui cultive des thèmes on ne peut plus girly : les mecs, bien sûr, avec leurs avantages et leurs travers ( Débile Menthol, single très bien fait, Un Garçon facile, Fin de partie ) ; mais nos excès à nous, aussi ( Enormément, Voilà ce qui nous sépare, où elle se moque de ses penchants de material girl )…

Comme en témoigne le morceau L’Ennui me portera conseil, c’est l’ennui même qui semble avoir été le point de départ de cet album, car Elisa avoue l’avoir considéré au début comme une thérapie, plus que comme un objet artistique qui allait sortir à la vente.
D’où une chanson sur la psychanalyse ( Le Psy ) ainsi que des thèmes plus inattendus, comme l’onanisme ( 5 minutes pour moi toute seule, résultat d’un pari qu’elle a tenu), les vertus thérapeutiques du bain ( Au fond de mon bain ), la boulimie -béni[gne] selon la bio – ( Je compense donc je suis, qui ne peut, curieusement, que faire sourire, avec son énumération de mets variés).

Vous l’aurez compris, Je ne mâche pas les mots , est à écouter comme on feuillette un magazine féminin à la mode, ou comme on regarde un épisode de Sex and the city .

Les filles, pour se détendre.

Les garçons, par curiosité envers le sexe opposé.

En prendre et en laisser, pour apprécier cet album pas vraiment révolutionnaire, mais au ton délicieusement léger et impertinent.

Lors de cette rencontre, Elisa a voulu prouver sa sincérité. Elle m’a convaincue, et j’espère qu’elle trouvera son public.

Sortie le 22 mai.

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

3 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 23 mai 2006
    Kyra a écrit :

    Je sais, c’est pas très intellectuel comme remarque, mais rien que le fait de savoir faire une aussi belle bulle de chewing gum m’inspire une forme de respect irrationnel pour cette demoiselle …
    PS: On est encore loin de NRJ mag … ouf :-)

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Mercredi 24 mai 2006
    VIOLHAINE a écrit :

    Ouais, jsuis assez jalouse de la splendeur de cette bulle, même…

    Et puis, oui, on est sauvés.
    Mais pour combien de temps ??
    ;P

  3. 3
    le Mercredi 24 mai 2006
    Kyra a écrit :

    Tant que Discordance choisit ses rédacteurs parmi la crème de l’élite, je pense qu’on a de la marge … sinon, il ne nous restera plus qu’à apprendre à faire des bulles … ;-)

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