Elephant, un vrai gros groupe

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Déflagration dans le petit monde de la pop en français, Elephant sort son premier album intitulé Collective mon amour.

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Impossible de ne pas remarquer cette vague qui traverse notre paysage musical depuis deux ou trois ans et tend à s’accélérer ces derniers mois : qu’elle soit sombre ou lumineuse, la pop chantée en français n’a jamais eu autant d’adeptes. Du côté pop noire, Lescop, Robi, ou (à venir) AV parviennent à faire remarquer leurs textes sur fond de délicieuse déprime tandis qu’en face Granville, Pendentif, ou (à venir) Bengale soufflent un vent de fraîcheur qui vient tempérer leurs petits camarades (on laissera Fauve et La Femme hors catégorie).

Ponctuées de lalala (Danse, danse) de claps et ouhouhouh (Rien), de petits sons de flûte (Et toi t’es drôle, où l’on retrouve l’espièglerie d’une Mai Lan) ou de bouts de clavier joyeux chipés aux Keane (Un instant), les chansons du duo Elephant cultivent le genre naïf et la pureté d’une enfance où l’on se tenait par la main en trottinant et chantonnant. Avec cette musique-là tout semble ludique et simple, d’une gaîté contagieuse qui invite à prendre la route dans une mustang vintage pour un road trip de vacances qu’on n’oublierait pas. Pas étonnant que le disque se retrouve plus souvent qu’à son tour sur la platine comme la bande-son idéale d’une soirée d’été, fruitée, mais surtout discrète, le genre de disque qui fait du bien sans qu’on n’ait réellement besoin d’écouter pour entendre.

Pourtant, rester en surface sans prêter davantage attention aux chansons serait une erreur. Car sur ce premier album d’Elephant, l’impression de légèreté est d’autant plus remarquable que les arrangements sont riches (des cordes, des cuivres !) autant que subtils, via un mix et des arrangements assez parfaits. À le décortiquer davantage, c’est même au perfectionnisme d’un Florent Marchet que l’on pense – c’est dire l’exploit.

Il faut alors tendre mieux l’oreille pour découvrir sous cette apparente insouciance des morceaux pas si légers que ça comme la touchante Oui peut-être non, sur laquelle la voix claire de Lisa fait merveille, ou encore Au fond c’est beau et son refrain à méditer (« Au fond c’est beau, j’grandis de mes défauts »).

Ciselé comme de la dentelle précieuse, ce Collective Mon Amour a la classe des albums qui réussissent ce qu’il y a pourtant de plus difficile : faire oublier le travail qui le sous-tend de bout en bout pour n’aboutir qu’à la grâce de chansons dont la finesse est de plus en plus enthousiasmante à mesure qu’on les écoute.

Du lourd.

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Sortie le 13 mai 2013 chez Columbia / Sony

A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

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