Electronic Conspiracy + Stignoise + Higgs| Toulouse | 09.11.11

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Deuxième soirée Magic Dice au Saint des Seins, organisée par le tourneur Jerkov avec toujours ce principe ludique : le dé définit le tarif d'entrée. Comme dans une éprouvette musicale, cette soirée électro rock a autant secoué que donné la sensation d'être un cobaye dépassé par les riffs qu'il entend.

Trois sets courts, mais lessivants. Du local d’abord, avec le groupe synthético punk’n roll Higgs sorti de l’oeuf à Toulouse en 2009. Place ensuite à Stignoise, des zicos underground en dreadlocks venus de Liverpool. Enfin, pour finir de la T.E.C, s’entend The Electronic Conspiracy, un duo parisien qui a sorti son premier album, Nuits Blanches, le mois dernier.

Démarrage difficile pour Higgs. Plutôt stressés, les quatre Toulousains débarquent devant un public clairsemé et composé essentiellement d’amis. Pourtant, depuis leur formation en 2009, ils ont étrenné l’essentiel des spots de la ville rose. Malgré un abus de choeurs en mode « oh oh oh » et quelques problèmes des deux chanteurs, Jules et Simon, pour rester sexy tout en posant justement leur voix, les compos du groupe ont le mérite de s’imprégner d’influences et de riffs qui fonctionnent sur les fans de rock. Les basiques sont là, avec une mention spéciale pour Simon qui puise dans une belle maturité musicale pour se balader sur le manche de sa guitare.

Évoquant le punk, le style garage et parfois une touche rockabilly, Higgs recourt savamment aux synthés et artefacts électroniques pour emphaser un style rock saupoudré de samples psychédéliques, que l’on retrouve dans les BO de comics old school.

Ils expérimentent. Se cherchent. Oublient parfois que la nuance est l’apanage du bon gros son. Mais sur scène, on se plait à les voir bricoler, à poser par exemple l’extrémité de la fiche jack sur la peau pour en sortir un tempo régulier qui accompagnera la chanson. Ils se détendent au milieu de leur set, prennent plus d’aisance et de sincérité, ce qui se retrouve immédiatement dans la voix de Jules, qui prend des timbres parfois Cobain, parfois Aubert, à condition de persévérer.

Le morceau qui vient clôturer leur passage One Again témoigne du potentiel de Higgs. Une intro qui rappelle la bande-son de Snatch de Guy Ritchie, des samples qui appuient une belle rythmique de basse, des interludes plus naïfs au synthé avec en fond un chant à la réverbération un peu Depeche mode. Prometteur bien qu’il y ait encore du boulot, et qu’il faille que Higgs affirme plus ses choix musicaux au lieu de toucher à tout sans trop approfondir.

Stignoise : menace de surdité foudroyante

Le sound system Stignoise débarqué d’outre-Manche est sans conteste le plus strident, le plus saturé et le plus crié des trois groupes de l’affiche Jerkov. Entre hard tech electric made et bandas (présence d’un trompettiste), Stignoise est le premier des groupes underground qui a obligé l’auteur de ces lignes à porter des bouchons d’oreilles pour en saisir le propos musical. Engoncés sur une scène de bar, les cinq membres de la formation ont plus leur place sur un podium de plein air ou un caveau grand, assez grand pour contenir toute leur rage musicale.

C’est après quelques réglages cacophoniques et égoïstes que Stignoise enchaîne sans formalité sur son set. Une influence à la Prodigy servie par une voix modulée comme sur fréquence radio qui slame, slame, crie, slame… Les Anglais de la formation n’ont rien de flegmatique. Les compositions fortes en batterie (sur certains morceaux, deux batteurs martèlent le rythme) sont accompagnées de xylophone qui débite des phrases primitives répétées par la trompette. Des fous furieux, et le bassiste pieds nus semble le moins agressif face à son compère xylo-batteur qui s’adonne aussi aux platines et dont le scratch rappelle les interventions de Dj Killmore dans les premiers albums d’Incubus. Même si, franchement, on ne se rangeait pas aux côtés des fans pour un rappel, cette tendance à friser le n’importe quoi n’est paradoxalement pas si incohérente.

« On a une certaine violence en nous même comparés au groupe d’avant », lance le duo de The Electronic Conspiracy en guise de présentation. Face à face, de profil au public, un batteur hors pair et un chanteur aux synthés entament la virée la plus électro de la soirée. T.E.C c’est la puissance live d’une batterie pour parfaire les symphonies léchées et raffinées de l’électro. Sans concurrence, avec sublimation.

Le duo parisien a tout compris en envoyant chier les boîtes à rythmes et les guitares surfaites. On dit souvent que les concerts électros sont mornes. Et parfois que les groupes de rocks se répètent même s’il n’y a que ça de vrai en live. Et bien là, T.E.C prend le meilleur des deux et se libère de toute contrainte. La voix lascive ne s’étouffe pas devant le spectacle vivant qu’offre le batteur, tant à jouer de la double pédale sur un clavier qu’à faire rouler les rythmes sur sa caisse claire. Une belle communion entre les deux membres, une envie manifeste de faire fantasmer le public, notamment en offrant, pour tirer sa révérence, un remixe méconnaissable et vitaminé de Bet, un titre des babyrockers toulousains de The Dodoz. Un groupe qui serait excellent pour une première partie de Kap Bambino.

Crédits photo : Caroline Petriz

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A propos de l'auteur

Image de : L'année où Pao naquit Kiss sortait Assylum, NOFX pressait son premier EP, Bashung enregistrait son premier album live et Leonard Cohen prenait Various positions. Nourrie en plein air aux songs de Creedence Clearwater et des chansons de Brassens, Pao qui n'avait pas de talent particulier pour un instrument a quand même eu envie de faire du bruit en tendant l'oreille et portant la plume. Journaliste nomade, fan de rock et de l'Amérique latine, elle a posé ses valises à Toulouse. Elle est aussi co-fondatrice du site d'info www.leplumitif.fr

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