Eden à l’Ouest

par Trots|
Un nouveau Costa-Gavras est toujours un bon remontant en période de crise. On en sort révolté, galvanisé, en tout cas rarement indifférent. Pourtant, cette fois, le constat est plutôt mitigé.

eden Eden à l’Ouest conte l’histoire d’un jeune clandestin qui fait route vers Paris. Elias n’a pas de nationalité précise, le propos de Costa-Gavras se voulant volontairement universel. Il fait juste partie des nombreux migrants qui rêvent de franchir enfin les frontières de la forteresse européenne pour se donner la chance d’avoir une autre vie. Rassemblant ses économies, il les confie au passeur et pose enfin le pied sur la terre promise. Le chemin jusqu’à Paris sera long et parsemé de multiples rencontres. Certains l’aideront, d’autres le poursuivront : tous les cas de figure y passent, de l’amante occasionnelle à la BAC, des sans-abri parisiens passant la nuit sous une tente Quechua (ça ne vous rappelle rien ?) au patron peu scrupuleux.

Le film prend la forme d’une fable, d’un voyage sur le continent où Elias, tout en cherchant à atteindre son rêve, franchit les étapes une à une avec une grande légèreté. Et c’est sans doute ce qui semble gênant dans cette oeuvre. Le jeu d’acteur de Ricardo Scarmaccio, vu dans Romanzo Criminale entre autres, n’est pas en cause, mais son physique dessert le propos. Trop beau pour être vrai, tout comme l’atmosphère générale du film. Tout semble trop simple, même si on échappe fort heureusement au cliché du happy end. Un clandestin arrivé à Paris qui se trouverait un boulot en or et obtiendrait des papiers actuellement, personne n’y croirait.

On sent une certaine nostalgie dans la manière d’aborder cette question épineuse, bien loin des peintures sanglantes que Costa-Gavras avait pu nous offrir sur d’autres sujets dans Z, Le Couperet ou L’Aveu, pour ne citer qu’eux. Finalement, c’est un film qui ne lui ressemble pas tellement.

Qu’on ne s’y trompe pas : Eden à l’Ouest est un beau film, bien filmé, bien joué, intéressant. Mais. On reste sur sa faim quant au sujet abordé. Peut-on réellement parler du calvaire d’un migrant avec tant de légèreté ? On aimerait répondre oui, et pourtant, le premier sentiment en sortant de la salle ressemble à de la frustration.

Costa-Gavras n’a pas semblé vouloir créer une oeuvre militante. Dommage.

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Eden à l’Ouest, dans les salles depuis le 11 février 2009

Site officiel : http://www.edenalouest-lefilm.com

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