Ed-Äke / Decadence & Poetry – Escale sur la route 66

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Retour aux bases fondamentales du rock, Ed-Äke revient cette année avec un nouvel album saisissant et haletant, Decadence & Poetry, produit par 3Cinks et sorti sur le label Discograph en mars dernier. Loin des affres du fatidique second opus, il semblerait que le groupe ait eu besoin de raviver sa fibre musicale initiale.

Image de Ed-Äke - Decadence & Poetry Après avoir sorti un EP inaperçu Stade Kritik (2003) et à l’inverse, un premier album remarquable, mélange audacieux de métal et de power rock, In loving Memory Of A Dead Rock Band (2007), Ed-Äke se réinvente cette fois-ci dans un style plus authentique et naturel, faisant appel à leurs instincts primaires. Bercé sous les influences folk, grunge et alternative, le groupe retrouve un second souffle et mets en avant l’essence primale du rock en exploitant les innombrables potentiels des guitares. Leurs inspirations semblent intuitivement issues de la mythique Route 66 et l’influence de groupes américains se fait fortement ressentir tout au long des morceaux.

Exploit émérite, Ed-Äke réanime la scène grunge des années 90 et rend ainsi un hommage sincère et fidèle à des groupes Nirvana, Soundgarden, Pearl Jam ou encore Alice In Chains. Enregistré en partie en Belgique entre les studios Caraïbes et Rec N’ Roll, le groupe a reçu le soutien de Charles de Schutter et Patrice Focone, respectivement ingé son et guitariste du groupe de pop rock Superbus. Mais c’est sur Paris aux Studio De La Reine et au Studio Davout que les voix et les arrangements ont été pris. Après trois mois de travail intensif et extrême, les membres chevronnés d’Ed-Äke délivrent désormais une musique spontanée, simple et efficace.

Se frayant un passage au fil des aléas de l’album, Singing Like A Rifle donne le ton et si l’on passe outre la mélancolie innée du morceau, cette intro semble annoncer le renouveau du groupe. Arrive ensuite Shot Down In Pieces, dont les guitares distordues et entrainantes suscitent un vif intérêt à la première écoute. En connexion directe avec la sublime voix baryton de Chris Cornell, le chanteur du groupe, Dimitri, a pris en grade et sa voix se fait plus souple et suave. Sans présomption ni prétention, des morceaux efficients tels que Heads Or Tails, You Don’t Know Me ou encore The World Through My Eyes rappellent les palpitantes envolées rythmiques et mélodiques d’Audioslave.

Les riffs se font plus présents et précis que sur le précédent opus, et les guitares sont ainsi savamment mises au premier plan. Fix, interlude captivant et nécessaire, semble être à part et entraine à lui seul dans un univers légèrement décalé et dissonant du reste des compositions. Ce titre agit comme un véritable temps de décompression. Les composants sont plus distincts sur cet opus et c’est notamment sur des balades telles que Happiness et Cry Away My Love que leurs démonstrations se font les plus effectives possibles.

L’âge de la prospérité n’est peut-être pas encore à l’ordre du jour mais il est certain qu’avec Decadence & Poetry les membres d’Ed-Äke ont su faire appel à leur sensibilité instinctive pour délivrer un album à la fois crédible et sincère. Au-delà du concept séculaire du revival de la scène rock, le groupe est vraisemblablement sur les voies impénétrables de la réussite et indéniablement, l’exportation à l’international du groupe semble des plus envisageable.

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

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