Ecorce de peines

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Au travers de ce spectacle qu’il a écrit et mis en scène, le slameur D’ de Kabal nous pousse à nous interroger sur la douloureuse question de l’identité et de la mémoire collective.

ecorceAu lever du rideau, une faible lumière éclaire un décor dépouillé: D’ de Kabal et le danseur Didier Firmin sont liés par une corde, symbole du thème de l’enchaînement qui traverse la pièce.
D’ de Kabal prête sa voix grave et rocailleuse à la « Ptit’Marie », celle qui porte l’enfant du véritable héros du récit, « Jacquot Qu’on Casse Pas ».

Quelque part aux Antilles, l’esclave « Jacquot Qu’on Casse Pas » subit la plupart des châtiments distribués par son maître depuis qu’il a pris volontairement la défense d’un esclave plus jeune, mais survit à l’intenable et devient un héros dans l’habitation.

La pièce nous conte les derniers jours de cet esclave avant de visiter nos temps modernes, où les choses sont loin d’être simples pour les descendants de Jacquot et des autres. En effet, comment se construire une identité et trouver sa place lorsque ses ancêtres ont vécu enchaînés ?

Ecorce de Peines laisse dialoguer trois formes de spectacle: le slam puissant de D’ de Kabal trouve un écho dans les variations de Didier Firmin, figure désarticulée aux mouvements saccadés. Le human beatbox d’ Ezra leur offre une bande sonore vivante et vibrante. Sons venus d’outre-tombe, ressemblants parfois à ceux du didjeridoo, salle presque plongée dans le noir, propos sombres : la mise en scène construit une bulle et incite le spectateur à la réflexion.

Le message délivré par D’ de Kabal est clair : il ne s’agit pas de dire « Regardez ce qu’ils nous ont fait » mais plutôt « Regardez qui nous sommes ».

Après avoir pris ses quartiers au Centre Dramatique National de Montreuil en décembre 2006 et au Tarmac de la Villette en juin dernier, Ecorce de Peines s’installera à Avignon le 16 juillet dans le cadre du festival Contre-Courant .

Extrait du spectacle :

« Chaque fois que j’ouvre la bouche, j’entends les voix de nos pères,

Chaque fois que je crie ce sont les cris de nos mères,

J’entends les sanglots des nouveaux nés captifs chaque fois que je pleure. »

En savoir +

D’ de Kabal : http://www.d2kabal.com/

Ezra: http://www.myspace.com/ezrabox

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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