Earth : Berceuse de fin du monde

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Earth est venu offrir un moment de calme et de paix à la population parisienne grâce à son drone-doom très imagé.

Image de Earth Nous sommes en 2011 et le concert de ce soir sent pourtant très fort les années 70. Chacun des groupes présents sont sur scène pour montrer leurs projets teintés plus ou moins fortement de la musique de Black Sabbath. Pour deux d’entre eux, l’influence est claire puisqu’elle est jusque dans leur nom : Sabbath assembly (pas besoin de faire un dessin) et Earth, qui était le nom utilisé par Ozzy Osbourne et sa clique avant de choisir Black Sabbath. Pour Mars Red Sky, il suffit de lire sa biographie. Les Mars Red Sky attisent le feu d’une messe Vaudou avec leurs riffs old school 70’s et leur groove psychédélique. […] Julien Pras, qu’on connaissait pour la magnificence pop de ses enregistrements au sein de Calc, rêvait secrètement de Black Sabbath et de Led Zeppelin. […] de leur obsession commune pour les 70’s, de Black Sabbath à Led Zeppelin en passant par toute la nouvelle garde du genre représentée par Dead Meadow ou Witch, va naître Mars Red Sky.

C’est justement Mars Red Sky qui entame la soirée avec ses riffs stoner ralentis et viellots – ce qui est loin d’être un défaut. La voix aérienne du bassiste et du guitariste viennent se greffer à ce déluge distordu, agrémentant le pan psychédélique du combo. Un set honorable qui ne mettra pas pour autant mettre le feu aux poudres. Toutefois, on en viendra très vite à les regretter. Le second groupe, Sabbath Assembly se révèle non seulement mauvais mais pas loin d’être insupportable. Musicalement, les compositions sont décousues, difficile à comprendre, pleines de breaks incongrues. Sur cette mixture déjà indigeste se greffe les vocaux gospels de Jex Thoth. Sabbath assembly vient défendre ici son dernier disque, Restored to One, produit par Randall Dunn du monument drone Sunn O))). Ce disque reprend les hymnes de The Process Church of The Final Judgment, un groupe religieux mystérieux qui a prospéré dans les années 60 et 70. Dans les grandes lignes, ils considèrent que Jésus et Satan sont issus d’une même création, qu’ils ne sont pas ennemies et qu’ils viendront juger ensemble l’humanité au temps du jugement dernier. Un chouette programme. Sur scène, la chanteuse baigne dans une sorte de transe poussive, allant jusqu’à bruler de l’encens d’église à la fin du set. Voici ce que le public a dû SUBIR pour voir Earth.

Changement d’ambiance. Les gens sont désormais devant ce qu’ils ont payé pour voir : les rois du drone Earth, son frontman éternel, Dylan Carlson, 20 ans de musique et des albums à la pelle. La formation est désormais un quatuor, composé d’une batterie, d’une basse, d’une guitare et du violoncelle que l’on entend sur leur dernier effort, Angels of darkness, demons of light 1. Comme Dylan Carlson nous le confiait il y a plusieurs semaines, ce disque va d’ailleurs bénéficier d’une suite, qui sortira probablement en octobre ou en novembre. Un extrait a été joué par le groupe en début de set.

Sur la musique d’Earth, les jambes ont tendance à flancher très vite. Ce n’est pas debout que cette musique s’écoute. Par on ne sait quel miracle, le groupe arrive à tenir sans faille son tempo funéraire. Le son du groupe et l’interprétation de leur titre sont très soignés, la lenteur leur permettant de mettre des effets dans leurs jeux. Le son joue à merveille son rôle de calmant, permettant de se nettoyer la tête de toutes les pressions de la journée. Il berce et procure des somnolences, qui favorisent une certaine transe, de fortes introspections et de douces rêveries. L’espace contenu dans les compositions permet d’accorder au moindre son l’attention qu’il mérite. Ce qui rejoint la théorie développée par Carlson : « À mon sens, plus tu réduis la quantité de matériel que tu utilises, plus l’impact est puissant. »

Crédits photo : Melchior Ferradou

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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