Duffy – Rockferry

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Qu'avons-nous aujourd'hui sur la platine ? Un disque d'une belle et jeune anglaise, enfin galloise, qui nous titille l'oreille avec de la soul bien produite. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Cherchez bien… Anglaise, soul, compositrice-interprète... Londres... Jeune... Jolie...

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Allons donc ! La comparaison est beaucoup trop facile. Il est impossible d’ailleurs d’imaginer une seule seconde que les gens d’ Universal dans leurs quêtes effrénées de qualité musicale aient cédé un seul instant à une telle facilité. Ni même que la presse puisse titrer des papiers tel que  » Duffy the new Amy  » ( The Times le 30 décembre 2007).

Pour commencer, la musique n’est pas la même. Amy fait de la soul plus directe, plus moite. Ce disque, Rockferry, lorgne plus du côté de la Northern Soul et des chanteuses blanches enregistrant à Memphis sous la houlette d’un producteur mégalo. On a quelque chose de beaucoup plus consensuel, beaucoup plus pop, en fait. Bon, allez, promis, la comparaison avec Miss Winehouse s’arrêtera là.Tout au plus une petite référence par la suite, mais ce sera tout.

Duffy est connue de Rought Trade, le très bon label indé anglais, depuis 2004. Voilà donc que la jeune galloise est mise dans les mains d’un manager du label, puis d’un producteur talentueux Bernard Butler, l’ex-guitariste de Suede, qui abat ici un travail titanesque puisqu’il co-écrit et joue quasiment de tous les instruments. Le disque n’est pas enregistré à Nashville mais belle et bien à Londres dans un studio vintage. Le conte de fée classique des Bios d’artistes en quelque sorte avec comme morceau choisi :  » Je viens d’une communauté très fermée. J’ai déménagé quand j’avais dix ans et j’ai grandi dans l’ouest du Pays de Galles où j’ai seulement commencé à apprendre l’anglais comme seconde langue. Il était difficile pour moi de prendre part à une conversation alors je me suis retirée dans l’écriture de chansons. « .

Pour ce qui est de l’album en lui-même, c’est évidemment très bien produit à coups de choeurs et de violons. Rien à dire là-dessus. Le début est assez magnifique avec le génial Rockferry suivi de Warwick Avenue, probable future musique de pub pour Apple . Puis cela devient creux avec des chansons qui sonnent parfois comme du mauvais Norah Jones . Gros gros passage à vide donc : les débuts prometteurs se transforment en une espèce de Soul-Jazz sans intérêt et assez triste à écouter.

Et puis viens LE tube du disque : Mercy . Un mélange de Stand By Me, de Rehab et de A Change pour la voix, tout ça avec un orgue dégoulinant et une basse bien ronde. De très loin le morceau d’anthologie du disque et déjà un carton en Angleterre (bizarre bizarre). Delayed Devition qui arrive juste derrière n’est pas si mal que ça et Distant Dreamer qui clôt l’album tranche avec le mauvais coté du disque. Une vraie chanson pop ( » I’m a dreamer just a dreeeeeeeamer… « ) toute en montée, avec le saxo kitsch qui va bien à la fin, la rythmique appuyée et les couches de violons, avec un petit coté Walt Disney.

Reste à savoir quel est l’intérêt de sortir un disque comme ça en 2008 ? Duffy ne deviendra pas la future Dusty, ni même Sandy Shaw . On prie pour qu’elle ne devienne pas la future Norah Jones et elle ne refera sans doute pas de grandes chansons sans un grand producteur.

Un petit disque pas dégueu à offrir aux gens qui écoutent la musique dans leur salon. Pour les autres, préférer le single  » Mercy « .

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Site officiel : [www.iamduffy.com-> http://www.iamduffy.com/]
Myspace : www.myspace.com/duffymyspace

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A propos de l'auteur

Image de : Fabien a 23 ans vit à Grenoble, il enchaîne différents boulots de merde dans le seul but de pouvoir se payer des CDs et des chaussures. Sa passion pour la chose rock, un genre qu'il considère avec sérieux et légèreté à la fois, frise l'autisme. Nan, c'est de l'autisme. Les mains calleuses et le dos vouté à force de fouiller dans les bacs à solde et les blogs internet.

5 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Jeudi 20 mars 2008
    Stedim a écrit :

    Bon. C’est vrai que  » Mercy  » est bien sympa !

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Mardi 25 mars 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    J’arrive pas à leur trouver quoi que ce soit d’exceptionnel, à toutes ces chanteuses soul, moi.

    Et c’est pas de la mauvaise volonté ! J’essaie d’aimer, mais… j’y arrive pas.

    C’est grave ?

  3. 3
    Fabien
    le Mardi 25 mars 2008
    fab a écrit :

    Bah !!
    Disons qu’en temps qu’Ayatohla musical je te metrai bien sur un bucher. Sur lequel on te Brulerai en chantant du gospel.

    Nan je deconne bien surmais pour les chanteuse Soul, c’est evidement une histoire de gout. Moi j’adore.
    Il faut savoir qu’on arrete pas au USA de trouver dans les debris de Vieux label des années Soixante des pepites inconnu R&B. Autant en rock, rockabilly, rock’n'roll, country, ou meme Hard Rock c’est facile de faire le tour. Par exemple deux trois coffret des années 50 et on a fait le tour du Rock’n'roll. Alors que la Soul. Nan. Incroyable.

    Des chanteuse aussi phenomenale que Amy ou meme Nicole Willis (Autre chef d’ouvre de la soul) sortent des album exeptionel encore aujourd’hui. Mais pas que, y a aussi Sharon Jones, The Sweet Vandals, Betty Lavette, et plein d’autres, toute la clique vampisoul et daptones.

    Voili Voulou Soul un jour soul toujours

    La semaine prochaine un point technique sur la droitisation du punk rock

  4. 4
    Stedim
    le Mardi 25 mars 2008
    Stedim a écrit :

    Bon, Fab, quand est-ce que tu nous ponds un article de fond sur ces « vampisoul et daptones » ??

  5. 5
    VIOLHAINE
    le Jeudi 27 mars 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    Ok Fab c’est noté.
    Tu ne m’as pas convaincue, mais tu as tout mon respect le plus sincère !!
    ;D

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