Des drôles de Mecs, pas si drôles

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Les Drôles de Mecs se produisent au Théâtre de la Grande Comédie dans un show inégal et lourd.

Image de Les «Drôles de Mecs », ce sont cinq garçons qui parodient films et série-télés à travers pas de breakdance et sketchs loufoques, calant leurs gestes sur une bande-son millimétrée. On passera ainsi d’Alerte à Malibu à Super Mario, de Jurassic Park à Scream ou de Justin Timberlake à Claude François.

Tout d’abord, il y a une véritable performance de la part des DDM pour mémoriser et tenir la cadence de ce spectacle d’une heure et demie qui ne laisse pas de place à l’improvisation, puisqu’il faut suivre la bande-son à la seconde près (même les dialogues et bruits de coups sont enregistrés).
Ce sont également de très bons breakdanseurs, capables d’effectuer toutes les figures (coupole, toupie, handspin, salto, etc.).

C’est bien, mais c’est loin d’être suffisant pour faire un spectacle de qualité.
Le rythme incessant des numéros qui s’enchaînent sans aucune pause laisse une sensation de n’importe quoi et de fourre-tout. On passe du coq à l’âne sans explorer en profondeur les sketchs ni donner vie aux personnages. Ainsi, la seule « scène », le seul moment cohérent du spectacle qui durera plus de 30 secondes, est la parodie de la cultissime engueulade du sergent-instructeur Hartman de Full Metal Jacket. Pour le reste, un personnage arrive, son identification est rendue possible grâce à un costume sommaire et une musique archiconnue, il fait trois petits pas de danse et le tour est joué. Ça fuse à toute allure et dans tous les sens, mais ça ne va nulle part.

Et que dire de l’humour bien lourd et bien gras, récurrent tout au long du spectacle ? Taille de la bite, coup de pied dans les couilles, pelotage de nichon, pet… On se croirait au Club-Méd’ hors saison dans une atmosphère beauf et de mauvais goût.

Finalement, le flyer parle de lui-même si on sait lire entre les lignes… « Révélés dans le Grand Cabaret de Patrick Sébastien ou les Stars du Rires, [...] les Drôles de Mecs offrent un zapping frénétique à 1000 à l’heure durant lequel le public s’amusera à tester sa culture télévisuelle« . Culture mass-media présentée de manière brouillonne et trop rapide.

C’est dommage, car ce sont de bons danseurs, capables de performance artistique.
On regrettera donc que le spectacle n’ait pas été plus réfléchi, ni les idées mieux exploitées… mais cela aura le mérite de rappeler que ne s’improvise pas auteur et metteur en scène qui veut.

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« Drôles de Mecs » à la Grande Comédie
40, rue de Clichy
75009 Paris

Du mercredi au samedi à 21h30, le dimanche à 18h

Mise en scène et auteurs: Luis Ribeiro, Benjamin Renaudin

Danseurs : Luis Ribeiro, Benjamin Renaudin, Riyad Bassim, Shiler et Kevin

A propos de l'auteur

Image de : Martin Jeanjean est né en 1988 à Fontainebleau. Après être passé par le piano et la clarinette, il tombe amoureux de sa guitare, qu'il ne lâchera plus jamais, même après la Fin des Temps. Passionné d'art et de scène, il devient chroniqueur de théâtre pour Discordance, parce-que c'est franchement super cool. Egalement poète, il publie dans les revues "Borborygmes" et "Verso", et compte gratifier cette époque des poèmes qu'elle mérite; ce qui, croyez-le, n'est pas une mince affaire!

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