Don Caballero – What burns never returns

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What burns never returns, c'est un peu comme lancer en l'air un disque de rock, un autre de jazz, tirer dessus au fusil à pompe, puis tenter de recoller tous les morceaux. C'est comme cela que l'on pourrait se représenter la musique de Don Caballero, groupe hors-norme ayant répandu son rock alambiqué et novateur durant les années 90.

11u4yochc5l-_ss400__copieDéconstruction et reconstruction : deux mots qui semblent obnubiler le quatuor de Pittsburgh, qui font même simplement de leur musique ce qu’elle est, qui la teintent d’une étrange couleur (et là, il ne s’agit pas pas du vert pétant de la pochette). Car Don Caballero fait tout à l’envers.

C’est la section rythmique, batterie en avant, qui assure la partie soliste alors que les deux guitares se mettent à la rythmique. Dit comme ça, ça a l’air complètement aberrant, et pourtant, il faut entendre ces deux six-cordes, triturées, martelées, torturées jusqu’à leur en extraire des râles agonisants, peut-être peu abordables – mais superbement inventifs – lors de la première confrontation avec le groupe, se renouvelant continuellement. Solidifié par cette basse discrète, élastique, mais nécessaire, le tout est envoyé sur orbite par Damon Che, fabuleux batteur de Don Caballero ; ce type est un extra-terrestre qui, sous les deux bras surpuissants qu’il laisse apparaitre, en possède certainement deux ou trois paires de plus. Double pédale et contretemps vicieux, roulements incessants, il ne s’arrête jamais, structurant toute l’intensité du groupe, la maintenant en équilibre. Car le quatuor joue sur une corde d’équilibriste, une corde si fine, qui, constamment sous tension, peut lâcher et s’effondrer à tout instant.

Toujours au bord de l’extrême limite, la musique créée par Don Caballero devient fascinante en ce sens ou chaque riff est envoyé en l’air, triple saut périlleux arrière, et retombe sur ses grosses papattes, remodelé, redéfini, concassé et repassé à la moulinette. Le tout sous une pression inaltérable, inébranlable et simplement impressionnante, pour peu que l’on passe le cap des premières écoutes, plutôt ardues. What burns never returns est un de ces disques essentiels, car fondateurs d’une nouvelle voie à explorer (et qui l’a un peu trop été), qui a ouvert de nombreuses perspectives. Souvent copié, quasiment jamais égalé, cet album reste toujours absolument captivant, plus de 10 ans après sa sortie. Chapeau bas.

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En savoir +

Don Caballero, What burns never returns, 8 titres, 1998

Site officiel : http://www.southern.com/southern/band/DONCA/index.html
Myspace : http://www.myspace.com/doncaballeropgh

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2 commentaires

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  1. 1
    Yves Tradoff
    le Mercredi 22 avril 2009
    Yves a écrit :

    Les morceaux sur leur mon-espace sont vraiment pas mal. Sûr qu’on les apprécient encore plus quand on aime ou quand on fait de la batterie…

  2. 2
    Ambroise Colère
    le Vendredi 24 avril 2009
    Pacush Blues a écrit :

    @Yves:

    yep, sauf que ces morceaux sont issues des deux derniers albums du groupe, enregistrés avec un line-up complètement différent (de quatuor à trio, avec Damon Che comme seul membe d’origine).

    ils sont beaucoup plus directs, plus rock, moins mathématiques et destructurés que ceux sur What Burns Never Returns. Pas mal de gens dénigrent ces deux albums, ils sont moins prenants, mais valent quand même pas mal le coup.

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