DJ Champion

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Presque un an après un passage remarqué aux Transmusicales, Champion and His G-Strings était de retour à Rennes pour nous faire perdre quelques litres de sueur.

A gauche de la scène, Maxime alias DJ Champion, délivre les beats et les consignes aux musiciens (quatre guitaristes et une bassiste), qui improvisent alors sur les morceaux de l’album, Chill Em All . Le public se prend au jeu et la tension monte dans l’Ubu !

Un concert qui fût également l’occasion de rencontrer Maxime pour lui poser quelques questions…..

Tu aimes mélanger les styles musicaux en restant dans un registre électro et surtout très dansant… Ce qui t’éclates c’est de faire danser les gens ?

champion1Oui, c’est toujours le but premier. Peu importe le genre musical, l’important c’est surtout de créer une interaction. En fait il y a un Africain qui dort en moi ! Quand tu regardes les origines de la musique, c’était des percussions, il n’y avait pas les musiciens d’un côté et les danseurs de l’autre. Il faut faire en sorte qu’il y ait cet échange là pour qu’à la fin du concert ça devienne un tout. Et du fait que les morceaux soient basés sur l’improvisation de structure, l’imput, l’apport du public, cela a une influence sur le déroulement du spectacle pour à la fin ne faire plus qu’un. Et quand ça arrive c’est bon !

Et ça arrive souvent ?

Oui ! Le plus souvent possible…

Peux tu nous présenter les G-Strings ? Ont-ils déjà travaillé sur des projets avec toi ?

Il y a Betty la chanteuse, avec qui j’ai travaillé dans le passé. J’avais un studio de composition de musiques de films et de pub avec son ex-conjoint. C’était notre chanteuse attitrée. Les guitaristes, je ne les connaissais pas du tout à part un. De la première formation des G-Strings je n’ai gardé que Jean-Luc et Fets . J’ai remplacé les deux autres guitaristes par Barry et Sebastien qui avaient fait le son sur nos premiers concerts. Blanche, la bassiste, est partie au milieu de l’été.

J’avais composé l’album seul et je n’avais pas envisagé de jouer ces morceaux avec un band. Ce n’était donc pas dans mes plans de savoir qui serait là…

Comment t’es venue cette idée alors ?

Un soir je suis allée voir un groupe de heavy métal à Montreal, le groupe s’appelait Ghoulunatics, des types à cheveux longs qui faisaient du head banging, et je me suis dit que ce serait génial de jouer mes morceaux avec des guitaristes comme ça !

Plus tard, comme j’ai des amis qui tenaient la SAR (Société des Arts Technologiques) à Montreal et qu’ils déménageaient, ils ont fait une fête. La fille de la directrice de ce lieu c’est Blanche, l’ancienne bassiste, et elle m’a suggéré de faire des concerts avec des guitaristes, des filles ! D’où l’idée des G-Strings . J’ai chargé Blanche de former le groupe, sauf qu’on a manqué de temps et qu’elle n’a trouvé que quatre mecs…

On peut lire dans la pochette du cd:  » Un concert sans erreur est un concert sans saveur « . L’improvisation tient-elle une place si importante dans le show ?

En fait les guitaristes savent ce qu’ils vont jouer mais ils ne savent pas quand ni comment. On a une trentaine de signes, je leur dit de jouer telle partition, fort ou pas et je leur dit quand commencer. Dans le concert, il y a deux morceaux qu’on fait sans improviser, le reste est totalement inconnu. Mais c’est toujours de l’impro de structure. On peut jouer un morceau très heavy ou très light, en deux minutes ou en dix, et ça donne une approche extrêmement différente.

On a joué en Normandie dans un festival assez hard donc on a joué très court et hard ! Devant un public un peu plus vieux, on peut faire plus d’expérimentation par exemple.

Et le fait de jouer dans une petite salle ce soir, ça change ton approche par rapport à un gros festival ?

champion2-2Là comme on fait salle est comble, c’est différent. C’est très important d’établir un contact avec les gens. Quand tu joues devant 50 000 personnes, ce contact ne se fait pas. Tu fais de grands gestes, tu joues fort, tu parles fort tandis que dans une petite salle, il s’agit d’établir un contact. Ça peut être verbal mais pas nécessairement, ça peut être le body language, le regard. Après, le reste suit. C’est un peu la même formule d’échange avec le public, mais c’est sûr que c’est plus facile à établir avec un petit public…

Tu as un souvenir particulier d’un des festivals de cet été, quelque chose qui t’as marqué ?

Cette question c’est le classique mais c’est difficile de répondre !
Hier un journaliste m’a posé cette question et je lui ai demandé:  » Et toi, de toutes les filles à qui tu as fait l’amour, laquelle était la meilleure ?  »
C’est bon pour des raisons différentes à chaque fois. Quand on a fait les Trans ici, c’était absolument survolté, quand on a fait le Scopitone, il faisait chaud, c’était un défi… A Alençon, le premier concert de notre tournée en juillet, c’était relax. D’ailleurs hier on a retrouvé à Alençon les gens du festival des 3 Eléphants (à Lassay-les-Châteaux) et on s’est fait des amis…

Chaque concert à une saveur particulière et chacun a son lot d’émotions. Cet été il n’y a qu’un concert que j’ai moins apprécié parce que c’était un public trop défoncé. C’est mon métier d’écrire ces moments magiques là, je ne veux pas réciter des pièces musicales. Si un jour ça le devient , je veux changer de métier !

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Site officiel: http://www.djchampion.net

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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