Disctrict 9

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Après nous avoir bercé pendant des années de visions d’extraterrestres soit trop mignons (E.T.), soit trop agressifs (Independance Day), Hollywood balaie tout cela du revers de la main. Avec District 9, il nous plonge dans un monde plus réaliste où les envahisseurs nous arrivent tels des sans-papiers galactiques. Un vrai film de science-fiction, mais surtout une grosse réflexion sur le racisme et sur notre peur viscérale de la différence.

d9_image04À l’origine de ce film, deux hommes : Neil Blomkamp, scénariste et réalisateur, mais également Peter Jackson qui a décidé de profiter de sa renommé pour faire confiance à de jeunes réalisateurs prometteurs. Zemeckis avait su le faire pour lui, on pourrait donc parler de juste retour des choses.

L’histoire, bien que se déroulant de nos jours, nous plonge dans un monde bien différent. Dans ce monde, un vaisseau extraterrestre a débarqué au-dessus de Johannesbourg dans les années 80, avec à son bord des milliers de « réfugiés » demandant asile. Le générique d’ouverture du film résume habilement près de deux décennies de cohabitation houleuse avec la population locale, qui, sous la pression publique, aboutissent à la création d’un ghetto pour aliens, le District 9 .
Les gouvernements ne sachant que faire de ces invités encombrants, la gestion du District 9 incombe finalement au MNU, une ONG chargée d’encadrer les activités aliens mais qui voudrait surtout maîtriser leur technologie et la commercialiser.

Le scénario suit le destin tragique de Wikus van der Merwe, responsable mou et antipathique de la MNU, chargé du déplacement de la population du District 9 vers un nouveau camp en dehors de la ville. C’est lors d’une descente de la MNU pour informer ces occupants de leur futur déplacement que la vie de Wikus bascule du tout au tout, le faisant passer de traqueur à traqué.

La vraie force du scénario tient sur la morale qui le parcourt en filigrane du début à la fin. Toute l’histoire n’est qu’un prétexte à une réflexion globale sur la réaction de rejet et de stigmatisation qui caractérisent l’être humain lorsqu’il se retrouve face à quelqu’un ou quelque chose de différent. Que le film se déroule en Afrique du Sud n’est pas un hasard. Les « crevettes » (surnom donné à ces aliens, mélange visuel entre un scarabée et une langouste) subissent un apartheid, les noirs et les blancs s’unissant enfin contre ce nouvel étranger.
Le film en profite pour décrire la vie dans ce ghetto, semblable à tous les ghettos du monde : violence, drogue, trafics en tout genre, rébellion contre l’ordre en place, etc.. L’exercice était risqué, mais Neil Bomkamp sait rendre son message universel, tout persécuteur ou persécuté du monde peut s’y retrouver, sans que personne ne soit montré du doigt. Et nous en finissons même à prendre parti contre notre espèce. Bravo !

d9_image03Au niveau de la réalisation, le film s’inscrit dans la lignée directe de Cloverfield et  Rec., alliant caméra au poing et effets spéciaux de pointe. Mais District 9 trouve son propre style en variant les points de vue. Les plans alternent entre fausses images de JT, souvenirs filmés au caméscope, images des forces spéciales, etc..
Même si une bonne partie des plans suivent Wikus au caméscope sans que cela ne soit justifié, ils permettent de garder un certain rythme et trouvent par là même leur justification. Cependant, on peut regretter l’excès de tremblements dans les moments calmes. Un plan fixe, même caméra au poing, ne devrait donner la nausée aux spectateurs, tout caméscope, aussi mauvais soit-il, possède une option anti-tremblement, non ?

Passons, car hormis ce détail, il n’y a rien à redire. Le film est rythmé, le personnage de Wikus ( Sharlto Copley ) sait être tour à tour écoeurant, drôle, attachant, pathétique… Un humain-type, en fait, un reflet de notre espèce que l’on préférerait ne jamais voir.

District 9 marquera le monde de la science-fiction. C’est un film à voir, définitivement, mais pas au premier rang, tant que possible.

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District 9, de Neill Blomkamp

Dans les salles depuis le 16 Septembre 2009

Avec : Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope

1h50min

Film fantastique néo-zélandais, américain. 2009

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=143026.html » href= »http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=143026.html »>Site Officiel->http://www.district9.fr] | [Imdb->http://www.imdb.com/title/tt1136608/] | [Allociné

A propos de l'auteur

Image de : PaD (diminutif de padbol) est né en 1981 et tente de survivre à sa maladresse à Limoges. Fan de cinéma depuis sa tendre enfance, il arrive actuellement à en vivre en tant que technicien dans sa belle région limousine. Naturellement fourré dans les salles de cinéma dès que l'occasion se présente, il tentera de délivrer ses impressions sur les sorties marquantes, essentiellement en cinéma de genre. Grand amateur de l'ambiance furieuse des concerts punk-métal, de bandes dessinées et de manga, il essayera de vous faire partager ses coups de cœur dans les domaines.

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