Dionysos – Monsters in love

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Un nouvel album de Dionysos, c'est (un peu) comme un nouveau tome de Harry Potter. On l'attend beaucoup, et surtout on se l'imagine, parce qu'on a faim de magie et qu'on veut connaître la suite des aventures.

benni_valsson_2-2La comparaison avec un livre se justifie d’autant plus que Mathias Malzieu (chant), comme chacun sait, est aussi un écrivain bigrement imaginatif, et qu’il a un talent indéniable pour raconter des histoires, qu’elles soient imprimées ou chantées.

Ainsi ouvre-t-on cette pochette signée Joann Sfar -excusez du peu- avec des yeux d’enfant pétillants, prêt à embarquer pour de nouvelles trouvailles poétiques.
L’album s’ouvre directement sur le thème de Giant Jack, créature fabuleuse et personnage du premier roman de Mathias, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi . On se retrouve donc instantanément plongé dans un univers merveilleux de conte

On croit ainsi retrouver ses marques.

Mais il faut bien avouer que l’on se perd assez vite : parce que, contrairement à d’habitude, on n’est pas immédiatement emballé. Et on cherche, en vain, la petite étincelle qui déclenchait jadis le frisson et la boule dans la gorge. L’émotion qu’on avait aimé dans Ciel en sauce, Poe-m ou Don Diego 2000 . Cette émotion qui attendrissait et mettait (presque) les larmes aux yeux. Et on cherche, désespérément, parce qu’on ne veut pas se limiter à la bizarrerie un peu trop poussée de L’Homme qui pondait des oeufs (très peu ragoûtant…).

On cherche, et, bien heureusement, à force d’écoute, on finit par trouver.
La splendeur indéniable des mélodies, l’inventivité des morceaux. La beauté absurde des paroles. La poésie, oui ! Les progrès monstrueux des deux chanteurs, dont les voix prennent de plus en plus d’ampleur au fil des albums. Et l’émotion, tout compte fait bien présente : La métamorphose de Mister Chat, Miss Acacia, Lips story in a chocolate river .

On aime les instrumentalisations caractéristiques du groupe, violon parfois tzigane, banjo, castagnettes, batterie féroce et bien sûr guitares… On exulte de reconnaître la tendance noisy des débuts, sur Broken Bird ou sur Bloody Betty (par ailleurs tout premier morceau clairement engagé de Dionysos ). Et on fond sur la meilleure chanson de l’album, le duo avec The Kills, Old Child, au rythme prenant et à l’ambiance lourde et profonde.

Alors, même s’il a bien fallu deux semaines pour apprécier cet opus comme il le mérite, force est d’admettre que le quintet a une fois de plus réussi à faire opérer le sort.

Géants, chats, sorcières, fées et monstres amoureux vous attendent dans la nouvelle diablerie de Dionysos . Retombez en enfance, fermez les yeux, attrapez votre doudou, et laissez-les vous raconter votre histoire du soir…

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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