Dionysos + Charlie Winston + Sharon Jones & The Dap-King | Art Rock (Saint-Brieuc) | 25.05.2012

par leni|
Comme tous les ans, le festival Art Rock fait se réveiller Saint-Brieuc durant 4 jours : les terrasses des bars et cafés sont pleines, des concerts et différentes animations sont présents à chaque coin de rue. Le début de cette 29e édition s’est déroulé sous un soleil à tordre le coup aux préjugés sur le (prétendu) mauvais temps breton. Pour cette journée du vendredi se produisent notamment Dionysos, Charlie Winston et Sharon Jones & The Dap-King. Les deux premiers étant particulièrement attendus en raison de précédents passages très réussis.

Sharon Jones & The Dap-King entrent en scène devant une place Poulain Corbion pas encore tout à fait remplie, au alentour de 20 h. Tout de suite, une ambiance sixties envahit le public, qui ne perd pas de temps pour se déhancher. Sharon Jones apparait très à l’aise et son sourire accompagne parfaitement une musique joyeuse et énergique. Le groupe joue du Soul-funk précis qui néanmoins manque réellement de puissance, dû à un son une nouvelle fois décevant. À Art Rock nous avions l’habitude d’un son brouillé ; cette année il est net, mais sans saveur, à cause d’une pénurie de décibels.

Toutefois elle parvient rapidement à faire participer la foule, notamment grâce à des morceaux comme He Said I Can ou son tube potentiel 100 Days, 100 Nights. La Diva livre une belle performance, en alternant chansons sensuelles et dansantes. Elle nous offre également deux splendides reprises, une du légendaire Woodie Guthrie, This Land Is Your Land, et une autre de Kenny Rogers, Just Dropped In. Son passé proche de convoyeuse de fonds et de gardienne de pénitencier parait bien loin ! The Dap-King se met en avant lors de plusieurs instrumentaux mêlant cuivres et guitares funk, comme sur Money où Sharon Jones nous démontre ses talents de danseuse. Après une heure de concert sans baisse de régime (mais sans de véritables envolées vocales), la Soul-girl nous quitte sur un joli When I Come Home.

C’est au crépuscule et devant un public tout sourire que Charlie Winston retrouve Art Rock après un passage très réussi en 2009. Il répond aux attentes d’entrée, grâce au tube de son nouvel album, Hello Alone qui fait chanter une bonne partie du public. Il enchaine sur un très envoutant I Love Your Smile. Après quelques mots pour montrer ses progrès en français, il reste seul sur scène avec sa guitare et entame un solo de Beat-Box impressionnant par la puissance de ses basses. Il poursuit sa performance vocale en s’accompagnant de sa guitare pour attaquer Kick the Bucket. Il est ensuite rejoint par le groupe, où le très bon Daniel Marsala reprend la basse débutée par le Dandy anglais. Puis, plus rien… Les morceaux charmants deviennent vite ennuyeux. Ceux qui ont montré leur efficacité dans le passé (Like a Hobo, In Your Hands) ne font qu’illusion malgré un public enthousiaste. Les sons électro, funk voire hip-hop n’ont aucun effet. Le bon jeu de scène de Winston et l’harmonica très rythmé de Ben Edward ne suffisent pas à sauver une prestation décevante. Nous pouvons surement mettre cette contre-performance sur le dos de la fatigue ou sur de mauvais choix, plus que sur la suffisance, car Charlie Winston reste un artiste sympathique et talentueux.

Après avoir mis le feu en 2008, Dionysos est de retour en terres costarmoricaines pour présenter leur nouvel album Bird’n’Roll. Parmi la foule, il ne fait aucun doute que la prestation sera une nouvelle fois très Rock, c’est pourquoi on peut entendre des cris avant l’extinction de la lumière. Comme à son habitude, le groupe soigne son entrée en scène en faisant retentir la Marche Impériale de Dark Vador (musique de Star Wars) avant de lancer le puissant Mc Enroe’s Poetry. Ils ont su parfaitement alterner les morceaux : des nouveaux avec un Cloudman, très proche de la version studio, et un Bird’n’Roll qui a initié tout le public à cette nouvelle danse. Des anciens dansants, par exemple la variante country de Tais-Toi Mon Cœur et d’autres plus explosifs avec l’incontournable Song For a Jedi ainsi que le tonitruant Coccinelle rapé pour l’occasion.

Tout au long du show Mathias Malzieu ne s’essouffle pas malgré les sauts permanents. Il sait faire participer le public, qui se transforme en chorale sur Dark Side et il obtient un « Ta gueule le chat » spontané sur La Métamorphose de Mister Chat. Le furieux cascadeur n’est pas le seul responsable de l’admirable cohue qui règne. Dionysos est une vraie formation rock (même si le secret de leur cohésion est le partage très nombreux bisous), munie de guitares saturées et du violon de Babet qui est leur « marque de fabrique ». Le groupe a su partager son énergie, grâce à des montées en puissance progressives, tout en restant très audible. La mise en scène fait ressortir la douce folie de contes, l’apparition de Malzieu portant un merveilleux masque d’oiseau pour se transformer en Cloudman. Le concert s’est fini en apothéose, l’électro Wet fait pousser des ailes à Mathias Malzieu qui voltige sur la foule pour atteindre la tour régie, qu’il escalade ensuite.

Comme en 2008, après une remarquable performance pleine d’énergie, Dionysos est remercié par une longue (et méritée) ovation de la part d’un public exténué, mais ravi. Il y a quand même quelques regrets : un set trop court et donc l’absence de morceaux attendus, mais surtout le fait que le volume soit resté sur minimum toute la soirée.

Crédits photo : Gwendal Le Flem

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