Dillinger Escape Plan, concerto pour bodybuilder épileptique

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Les fous furieux de Dillinger Escape Plan étaient de passage dans la capitale le 10 février dernier. Comme pour rappeler — à coup de marteau dans la tête — la sortie prochaine de leur huitième disque.

dep1Malgré la neige, malgré le prix – 28 euros la place tout de même – les Dillinger Escape Plan ( DEP ) ont entièrement rempli la Maroquinerie (Paris, 20e) ce soir. Ce passage éclair – une date à Paris, une date à Londres avant de retourner aux U.S – intervient un peu plus d’un mois avant la sortie de leur huitième disque, Option paralysis . Bizarrement, il n’y a pas de première partie. À la place, un péquin tente de nous faire oublier cette absence dommageable en investissant la scène avec des tours de magie et des (mauvaises) blagues. C’est sympa à voir, mais pas forcément une bonne mise en jambe, vu le reste du programme.

Peu avant 21h, le combo américain monte sur scène. En 1h15, ils vont plier l’affaire, nous servant à toute bringue leur mélange de grindcore gras et mathématique, de breaks jazzy, de punk hardcore – et parfois de punk pour minets. Le cocktail est terriblement violent, lunatique, dynamique, inventif, déviant. L’influence de Mike Patton ( Mr Bungle et Faith No More entre autres) avec qui les DEP ont collaboré en 2002, transparaît largement dans tout ça.

Visuellement, le jeu de scène est à la hauteur des compositions. Les cinq hommes bougent à l’unisson au rythme de leur musique, c’est-à-dire dans tous les sens, à toute vitesse et de manière aléatoire. Le chanteur, sorte de pitbull bodybuilder – ses bras ressemblent nettement plus à des cuisses qu’autre chose – hurle le martyr en chopant ci et là des têtes dans les premiers rangs. À ses côtés, les guitaristes dont la maigreur apparaît largement en contraste, se démènent bien : ils montent sur les amplis, au créneau, hurlent dans le vide. On le savait déjà, mais le groupe le confirme à nouveau : en matière scénique, les DEP représentent ce qui se fait de plus vivant et de plus énervé.

Équilibre

dep2Les morceaux couvrent presque toute la discographie du combo de Ire works (2007) à Under the running board (1998) en passant par Miss Machine (2004), Irony is a dead scene (2002) ou Calculating infinity (1999). Bien évidemment, ce sont les titres phares, ceux qu’ils répètent parfois depuis déjà dix ans, qui sont là : Panasonic youth, 43% burnt, Sunshine the werewolf, Milk lizard, The mullet burden etc. Un passage en revue qui peut apparaitre assez bancal par moments, au vu de la façon assez brouillonne dont les ingénieurs du son retranscrivent les compos du groupe. On devine plus les riffs qu’on ne les entend vraiment (encore faut-il qu’ils soient connus).

En milieu de set, les DEP nous sortent une plage calme et largement instrumentale, qui vient briser le rythme du concert. Un repos amplement mérité pour les cinq hommes, moins pour le public, assez statique, bien que conquis. La deuxième partie du show sera d’ailleurs en moyenne moins énervée – en moyenne seulement. La combinaison entre compositions hyper-violentes et titres posés est plus équilibrée et il faut le dire, salvatrice. Ni eux, ni nous, ne pourrions tenir un set aussi burné de A à Z. Curieusement, le groupe accordera peu de place à son prochain opus, Option paralysis, qui doit sortir le 23 mars, et n’en jouera qu’un unique extrait.

Il est maintenant 22h00 et c’est déjà la fin. Greg Puciato annonce distraitement qu’ils seront de retour en France en septembre. Avec le Furia sound festival en juillet dernier et le concert de ce soir, ça fera tout de même trois apparitions à Paris en moins d’un an et demi. Peu importe, on y sera.

Dillinger escape plan, concerto pour bodybuilder épileptique : la preuve en images

http://www.youtube.com/watch?v=WQkSiDggqQ0

Crédits photo : Melchior Tersen

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

2 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 14 février 2010
    Pacush Blues a écrit :

    petite coquille, le premier EP qu’ils ont sorti ne s’intitule pas « Under the Burning Road » mais « Under the Running Board ».

    voilà, j’ai fait mon relou, mais super report qui m’a bien fait regretter de pas avoir pu y être!

  2. 2
    le Jeudi 10 juin 2010
    Rafbeyonddriven a écrit :

    Bon report, à part une seule chose : je ne vois pas où tu as pu trouver du punk à minets dans DEP.

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