Dillinger Escape Plan

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Début février, au lendemain de leur show à la Maroquinerie, rendez-vous au Black Dog pour interviewer les furieux de Dillinger Escape Plan dont le nouvel album vient de sortir en cette fin mars.

Dillinger Escape Plan by Melchior

12h00 à ma montre, j’arrive en même temps que les premiers membres. Une petite mine, des chemises loin d’être repassées, un expresso…

On me propose sans choix possible de commencer l’interview avec Liam (bassiste) et Billy ( batteur ) qui se sont avérés au fil de l’entretien être des garçons très sympas, mais Billy vient d’arriver dans le groupe et Liam est très discret. Au final, le fait qu’ils ne soient pas les membres les plus exposés n’a eu aucune influence sur leur sympathie sincère.

Salut les gars, enchanté.

Billy et Liam : Hey !

Félicitations pour le show d’hier, c’était vraiment cool.

Liam : Content que ça t’ait plu.

Je vous préviens, mon anglais n’est pas incroyable…

Liam : Ne t’en fais pas, mon français n’est pas top non plus…

Tu sais dire quoi ?

Liam : heu, bonsoir(Rires)

Ok, ça va, je suis rassuré alors… Pour ce nouvel opus, vous avez été influencés par des horizons nouveaux ?

Image de The Dillinger Escape Pan - Option Paralysis Liam : Non, tu vois on a conçu Option Paralysis comme la suite logique d’ Ire Works, il n’y a pas eu d’influence majeure qui nous aurait orientés vers quelque chose de spécial. On joue ensemble depuis assez longtemps pour que notre musique soit le résultat de notre vie en communauté et qu’elle garde une cohérence qui nous est propre. On ne compose pas en cherchant à aller vers un point précis, mais ce qui en découle c’est juste un cheminement musical évolutif.

Billy : Moi j’ai juste amené mes compétences et ma vision de la batterie, dans la logique de ce qui avait été déjà fait. Je bossais seul mes parties et les autres venaient le week-end et amenaient ce qu’ils avaient bossé.

Votre musique ainsi que votre jeu de scène prêtent à un comportement excité, vous faites souvent des trucs dingues sur scène ?

Liam : Il y a souvent des mecs qui montent sur scène et qui se font mal ou alors c’est nous qui nous blessons. Il est vrai que parfois, il y a des types qui se battent, on n’en est pas vraiment fier, on ne cherche pas à créer de l’agressivité et si c’est le cas, ce n’est vraiment pas le but. Mais on essaie à la fois de donner le plus d’énergie possible au show. Quand tu vois Greg qui escalade partout, ou Jeff qui saute dans tous les sens, ça donne une image à notre musique. On essaie de repousser à chaque fois les risques engendrés sur scène, c’est ce qui nous motive.

Mais parfois cela nous arrive de nous arrêter et d’observer en détail ce qu’il se passe et on se rend compte que musicalement, ce qui est en train d’arriver, c’est bien plus fou que tout le reste, rien que le boulot que fait Billy est plus dingue que n’importe quoi.

Vous suivez un peu certains groupes français ?

Liam (après un long silence) : Heu, on avait joué avec Ananda .

Comity ?

Liam : Ah ouais, on avait joué avec eux. Ils existent toujours ?

Carrément, ils ont sorti récemment un album, écoute-le, il est bien !

Liam : Je le ferai promis !!

Billy : Sinon, chez nous, on entend souvent parler de Gojira, mais c’est un des seuls groupes…

Liam : En fait le problème avec les groupes français, c’est que l’on a l’impression qu’ils ne sonnent pas à la « française ». Je veux dire par là qu’il n’y a pas un style ou un son qui leur est propre. Ils jouent par influences… Enfin, c’est la perception que l’on a…

Je vous écris quelques noms de groupes français bien bandants. ( Celeste , Pneu , Comity , Year of no light , Monarch , Marvin )

Liam : Cool, j’écouterai ça ( il met le papier dans la poche de sa chemise ) .

Ne me dis pas que vous allez rester toute la journée dans cette cave ?

Liam : (Rire dépité) Si, promo oblige….

Vous ne voulez pas sortir ? On ira se promener, faire du skate, on ira au Louvre ?

Liam : J’aimerais bien, mais la tournée c’est pas les vacances, on a des obligations pour promouvoir le disque. Le Louvre, j’ai mis 8 ans à enfin le visiter. À chaque fois je me disais qu’il fallait que j’y aille, mais il y avait toujours quelque chose qui faisait que ce n’était pas possible.

Billy : Et puis Paris, c’est compliqué, les rues, les voitures, c’est électrique, tout le monde parait énervé, on se perd facilement.

Demain, vous faites deux concerts à Londres, la même journée ?!

Image de The Dillinger Escape Plan à la Maroquinerie by Melchior Liam : Le concert était complet, et il y avait une forte demande, alors on a voulu faire plaisir à tout le monde.

Billy : On aurait même pu jouer 3 fois .

Liam : On aime jouer dans des petites salles et parfois, les places se vendent vite. De nos jours, avec les téléchargements de CD, les vidéos sur YouTube, le vrai sens musical se ressent sur scène et on veut voir les gens, ça nous fait très plaisir.

Vous serez devenus quoi dans 10 ans ?

Liam : On sera sûrement morts ! (Rires) Tu sais, cela fait 10 ans, que je fais ça, ma famille, c’est mon groupe alors j’aimerais que dans 10 ans, j’en sois au même point en train de tourner avec les gens que j’apprécie en gagnant de l’expérience.

Vous avez la chance de voyager et d’avoir un public nombreux, dans quels endroits vous avez rencontré les plus baisés ? La meilleure ambiance ?

Liam : Louiseville dans le Kentucky ou à Cincinnati, chaque show y est mémorable, car les gens sont surexcités, il y a un réel esprit punk, une ambiance hallucinante, ce sont à chaque fois de super moments. Mais on adore venir en Europe, on nous reçoit toujours très bien et c’est génial, par exemple hier c’était sûrement le show le plus puissant que l’on ait eu depuis 10 ans en France, quand on est sorti de scène, c’était magique. On aime beaucoup l’Europe, mais pour les plus excités, je dirais l’Allemagne, car ils sont vraiment très « death metal  » avec l’attitude que ça implique et c’est impressionnant.

Si vous aviez la possibilité de collaborer avec un artiste ou un groupe, ce serait qui ?

Liam : Tom Waits

Billy : Glassjaw je pense… J’aimerais bien jouer sur scène avec eux.

Et il en est où Daryl ?

Billy : Je ne sais pas trop, il recommence avec Glassjaw

Vous repassez en septembre ?

Liam : Ce n’est pas encore booké, mais c’est très possible ; on doit d’abord assurer le tour aux U.S.A.

Ok ça marche, merci pour votre temps et on a très hâte d’entendre Option Paralysis, revenez vite !

Liam et Billy : Merci à toi !

Je croise Jeff. : Salut Jeff, ça va ?

Jeff : Super et toi ? C’est toi qui m’as déposée la photo live ?

Oui c’est ça.

Jeff : Tu l’as prise hier ?

Carrément !

Jeff : Merci c’est sympa.

Tu as toujours la pêche sur scène !

Jeff : Ha, il faut bien.

La première fois que je t’ai vu jouer, tu avais cette coupe de cheveux comme Danzig des Misfits, j’ai trouvé ça terrible alors, je me suis coupé les cheveux et j’ai fait pareil, mais ça ne m’allait pas du tout. Ma copine m’a dit, soit tu coupes tes cheveux, soit je pars, alors je les ai coupés (Rires).

Jeff : (Rires) Tu as bien fait, c’est vrai que c’était galère, ils me tombaient tout le temps dans les yeux et pour jouer, c’est pas génial.

En tout cas, revenez vite !!

Jeff : Promis !

Merci à Laryngologiste pour la traduction.

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Option Paralysis est dans les bacs depuis le 23 mars 2010 (Season of Mist).

A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

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