Didier Wampas – Trace ta route de Bisounours | Laiterie | Strasbourg | 01.12.2011

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Personne ne savait vraiment quoi attendre du nouveau projet solo de Didier Wampas, accompagné des pop-rockeurs surdoués de Bikini Machine.

La première impression de S. , fan absolue, est décontenancée, et cruelle : « On dirait un banquier paumé, qui fait du rock’n roll et s’entoure de jeunes pour fuir sa vie de merde« . En costard brillant et cravate léopard, entouré de cinq garçons bien propres sur eux, à postillonner ses sérénades d’amour, il prend certes un coup de vieux. Clown sautillant et dégingandé, il déclame :

« Je veux juste te tenir la main
Éternellement
Éternellement »

Clin d’oeil honnête à la faible assistance venue découvrir son nouveau projet : « Merci à ceux qui ne sont pas à Rammstein d’être là ! J’espérais qu’ils auraient un problème d’avion, mais apparemment non…« . Effectivement, le même soir, les hommes bioniques germaniques ont envahi le Zénith au lance-flammes, privant sûrement Didier Wampas de quelques spectateurs.

Mais l’homme au sourire perpétuel avale la pilule facilement et ouvre grand son univers. Le monde de Didier c’est les paillettes, la déconnade, les micros sacrifiés, l’amour et le rock’n roll. Enfin, plutôt pop que rock avec ce projet, mais non sans énergie. Il vocifère La propriété c’est du vol, brûlot anarchiste appliqué aux sentiments :

« Même si je vendais 200 000 albums en un instant
Je deviendrais vieux
Si tu me quittais des yeux
 »

Didier est dans sa période love poussée à l’extrême et c’est plutôt attendrissant. Il se démène toujours autant sur scène, entier et branché sur volt, mais il offre un autre spectacle que les Wampas : plus intimiste, plus sérieux. L’impression que le moment est plus important pour lui que lorsqu’il se fait toucher les fesses moulées dans un caleçon gris à paillettes par des festivalières hystériques.

Sa chanson Prêtre ouvrier révèle un pan de convictions : la ceinture ornée d’une grosse croix argentée, celui qui se définit comme un punk ouvrier, toujours électricien à la RATP, est aussi profondément chrétien depuis quelques années. Un mec insaisissable, caméléon du « yéyé-punk », qui se lance alors dans une diatribe illuminée faite de Bernadette, de cup-cakes à la fraise et d’anciens amis marxistes-léninistes, et finit par hurler « Taisez-moi« , le titre de son nouvel album.

Après un rappel aux coups de Didier Wampas est le roi, le naturel revient au galop. Didier court dans le public, déchaîné, puis monte sur une enceinte, son piédestal de prédilection, pour offrir Petit pédé, et autres foutraques joyeusetés qui ont fait sa réputation. Le set s’achève sur Quelle joie ! et l’icône du nawak se poste alors à la sortie de la salle… pour claquer une bise, et remercier chaque personne individuellement d’être venue l’écouter.

Ce soir c’est rock’n roll de Bisounours et ça fait chaud au coeur.

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A propos de l'auteur

Image de : Journaliste free-lance presse écrite / web - Sur Discordance dans les rubriques Musique/Médias/Société - Tente de s'intégrer mais c'est pas évident. @LaureSiegel

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