Festival de la Meuh Folle – Jour 2 : … la tempête ! | Capra | Alès (26.03.2011)

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La belle journée ensoleillée de samedi ne va pas tarder à s'achever. C'est surtout la suite et fin du Festival la Meuh Folle dans la capitale des Cévennes qui se dessine... Mais avant de se dire qu'il va falloir attendre un an avant de retrouver ce lieu devenu si familier, quatre nouveaux groupes vont venir démontrer leur talent avec un but ultime : attirer les foules et boucler cette 8e édition "sans regret".

Inutile de se ressasser ce qui n’a pas correctement fonctionné la veille : si l’ambiance était au rendez-vous sur les différents groupes, la question de l’affluence restera l’une des problématiques majeures de cette édition. Si les Alésiens ont quelque peu boudé le vendredi soir, c’est un véritable raz-de-marée qui a frappé le Capra le lendemain : près de 2 500 personnes se sont déplacées pour assister aux performances des Ogres de Barback, Kaly Live Dub, Moussu T e lei Jovents ou encore Merci Marlène. C’est presque le double par rapport à la veille, et tout simplement un record d’affluence sur une soirée depuis la création du festival… Les visages se sont alors détendus, la pression est retombée. Soulagés, surtout. Il y avait déjà beaucoup de monde après les premières notes du groupe d’ouverture. Un signe qui ne trompe pas.

Merci Marlène : tout est dit dans le nom

Comme la veille, un sacré coup de chapeau au groupe local d’ouverture de soirée. Merci Marlène, à l’instar d’Afrorockerz, a lancé les festivités nocturnes comme on pouvait l’espérer. Le trio avignonnais s’est parfaitement fondu dans le moule de la thématique de la soirée : excepté la conclusion du samedi avec Kaly Live Dub, les trois autres groupes étaient baignés dans l’ambiance chanson française et world principalement. Maître Flo, Yann et L’ami Sèb’ ont ainsi voyagé entre les mondes de Mano Solo, des Ogres, de Louise Attaque ou d’Yves Jamait. Il y avait aussi du Comptoir des Fous dans ce que nous a proposé Merci Marlène. On ne peut pas dire que d’un point de vue musical ce jeune groupe nous ait envoyé une musique fraîche, nouvelle et créative, on était à une simple confluence de genres qui se fait énormément aujourd’hui. Une guitare sèche, une basse, une batterie et un bon micro, de quoi naviguer entre le rock et la chanson française avec une grosse dose d’humour (exemple flatteur sur Mari Lou) qui facilite la communion avec le public déjà présent. Il faut reconnaitre que le timbre de voix est également accrocheur, il y a un peu de la Mano Negra dans le rythme, ce qui aide rapidement l’esprit festif à se répandre comme sur Allô Paris. Une agréable surprise d’un point de vue intensité en tout cas ces trois p’tits gars.

Moussu T e lei Jovents : La Ciotat, la mer et les bateaux…

Image de Moussu T, alias Tatou, sévit depuis plus de 20 ans au sein du collectif marseillais Massilia Sound System. À chaque venue d’un des side projects, la popularité du groupe ou d’un projet solo est tout aussi remarquable. Mélange des tranches d’âges, l’esprit « Massilia » veille ! « Les papets, les minots, tutti dansé ! « . Reprenant ses traditionnels chants marseillais, les Provençaux ont quelque peu changé leur formule depuis leur dernier passage en terres gardoises : forts de leur dernier album sorti à l’automne 2010 (« Putan de cançon« ), une touche rock’n'roll s’est ajoutée aux riches influences du groupe. Entre banjo, percus, batterie, guitare sèche et électrique, le ferry marseillais est prêt à quitter le port. Les morceaux incontournables des opus sont là : Mademoiselle Marseille« elle nous avait donné rendez-vous, mais on ne sait pas où ! » ou encore A La Ciotat qui a le don de faire jumper le public. Des sonorités de blues, de musique trad’ sur Mar e montagna, Tatou manie toujours aussi bien la langue de Molière que l’occitan. Plus mélodieux, plus boulégant, toujours vêtu de son bleu de chine, le groupe a en tout cas pris une tout autre dimension sur cette nouvelle tournée.

Moussu T chante « sa » mer, à la façon de Massilia, « sa » Méditerranée si chère au bord du cabanon, les pieds dans l’eau… Ils n’hésitent pas à tanguer vers le rock’n'roll sur Ma rue n’est pas longue avant de nous souhaiter une bonne fin de soirée sur Bons baisers de Marseille. Il y a des racines à défendre, une certaine utopie à préserver, et sa Putan de cançon est toujours là pour la lui rappeler.

Les Ogres de Barback : une nouvelle tournée encore en rodage

Image de Si Moussu T avait attiré du beau monde, il est indéniable de reconnaître que ce sont bien Les Ogres de Barback qui ont fait déplacer les foules. Quatre ans après « Du simple au néant », Les Ogres ont sorti la semaine dernière leur toute nouvelle galette « Comment je suis devenu voyageur ». Nouvel album et un décor flamboyant qui sert de fond à cette énième tournée. Une large armature de type cirque orne la moitié inférieure de la scène. Des sacs postaux sont accrochés à la cime des attelages, où différents faisceaux lumineux sont projetés. Il faut bien l’avouer : ça claque !

Toujours dans ses influences métissées, les lueurs sont douces et orangées. Les chansons sont imagées, on ne se lasse pas de la voix chaude et railleuse de Fredo, qui s’est d’ailleurs laissé pousser une belle tignasse. Le show est ouvert par le très bon Le daron, l’un des tout nouveaux morceaux « très rock » du groupe avant de jouer sur les mots avec Entre tes saints. Si les chansons sont entrainantes, l’album est vraiment sorti sous peu. Il manque encore ce rodage sur les compos, d’un point de vue public surtout. Pour les Ogres, le show est très carré, maîtrisé.

Beaucoup de morceaux de 2007 (Con et blasé, Ni dieu ni dieue…) et 2011 (Je ne suis pas courageux, Marcelle de Sarcelles…) ont été favorisés et c’est peut-être ça qui a « cassé » par moments le rythme et l’intensité du concert. En comparaison avec la dernière tournée, il manquait de cette folie de l’époque avec les morceaux mythiques tels que Au café du canal ou Accordéon pour les cons, curieusement oubliés dans la setlist. Une première partie du concert qui aura alterné passages à vide et temps forts.

Image de On a toutefois apprécié les coupures de Fred pour lire des extraits de lettres, le concept restera fort original : à travers les passages lus, Les Ogres de Barback ont ainsi reconstitué l’histoire d’Alès à leur sauce, teintée d’humour et de revendication. Il y a eu de la recherche, ça se voyait. De quoi admirablement lancer le célèbre 3-0 qui fait le tour de France des villes, de leurs groupes phares, et de leurs portraits comiques. La mise en scène aussi, au passage. On a pu ainsi assister à des morceaux joués en hauteur, avec notamment Sam et Alice debout sur les armatures avec guitare et trombone…Et c’est sur Rue de Paname, plus qu’attendu, que des ballons gonflés à l’hélium ont pu s’élever par panache au-dessus de nos têtes.

C’est dans cette deuxième partie de concert que l’esprit festif des Ogres a commencé vraiment à imprégner la salle. Fredo nous a fait son traditionnel portrait de famille avec Grand-père, Grand-mère, Solène… en n’omettant pas Jojo. Sous les airs des Hurlements d’Léo, le groupe n’a pas oublié sa précédente collaboration. De quoi enchaîner Rue du temps et repartir de l’avant… Les cuivres reprennent le dessus, la soirée se fige. Du haut d’un drap suspendu, on a droit à eu danse acrobatique pendant que Les Ogres se dirigent vers la fin du set.

Une fin de concert en apothéose. Comme si l’intensité finissait par se saturer… On passe du jaune au rouge, de la douceur à la violence. Mais une violence positive. On croirait rêver, pourtant c’est bien la réalité : Les Ogres se mettent à chanter du NTM dans une effervescence généralisée ! Et pour enfoncer le clou, Salut à toi, déboule en version électro/drum’n'Bass ! Esprit punk es-tu là ? Un sacré hommage aux Bérus ! Vraiment surprenant, ces Ogres !

Kaly Live Dub : le dub au pouvoir pour conclure l’édition

Après une telle soirée « à textes », la Meuh a décidé de clôturer sa 8e édition sur des accents de dub électronique. De quoi finir en beauté un samedi qui a rameuté beaucoup, beaucoup de festivaliers. Les Lyonnais installent leurs machines, il y a un festival à enflammer une dernière fois. Puis un dernier opus à présenter aussi, en l’occurrence « Lightin’ the shadows » sorti à l’automne. Les potes d’High Tone ont décidé d’arpenter d’autres chemins : alors que les premiers sont plutôt partis explorer le monde du dubstep, Kaly Live Dub a préféré un retour aux sources après leur expérience dans le même genre sur Fragments. Un dub électronique old school qui s’oriente plus vers des sonorités reggae.

Et a contrario du Fragments Tour, Kaly a décidé de laisser ses tendances dubstep un peu aux vestiaires… Même s’il a été le genre dominant de la première partie du concert avec les très violents Cross Rullings, Cluster et Ravmone.exe. À l’énorme Wu qui a ouvert le set avant que les sonorités trip-hop d’Ez3kiel sur le titre éponyme Lightin’ the Shadows ne lancent définitivement la partie. Les tendances roots de Radical in the Vatical n’ont guère mis de temps à prendre le dessus, avant que le reggae ne fasse de plus en plus son trou. À la manière de Kanka, très dubby sound system, What a life a pris le relais. Les quelques variantes hip-hop ont pu être à l’honneur sur Conflicts, avec malheureusement une paire de beats en moins.

Pensant que Kaly gardait le « lourd » pour la fin, le groupe a décidé de conclure sur le très saturé In Case à la limite du digital, pour que Répercussion, curieusement, finisse le concert en douceur.

Un week-end haut en couleur, chargé de stress et d’inquiétude pour les organisateurs qui n’auront finalement laissé exploser leur joie qu’en fin de soirée. Le record d’affluence de samedi aura démontré que les festivaliers n’ont pas oublié la Meuh, et aura permis de chasser quelques doutes. La variété et la qualité des groupes proposés auront été les véritables atouts de ce festival qui avec 3 800 entrées sur 2 jours, aura dépassé le seuil fatidique des 3 500.

Rendez-vous l’année prochaine donc !

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Site Officiel : http://www.meuhfolle.com
Crédits Photos : Olivier Audouy

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Premier soir du Festival la Meuh Folle : http://www.discordance.fr/premier-soir-du-festival-la-meuh-folle-le-calme-avant-30108

Making Of :
Les Yeux dans la Meuh – Partie 1 : http://www.discordance.fr/making-of-les-yeux-dans-la-meuh-29764
Les Yeux dans la Meuh – Partie 2 : http://www.discordance.fr/making-of-les-yeux-dans-la-meuh-22-30596

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 13 avril 2011
    Claire a écrit :

    J’ai beaucoup apprécié ma première Meuh Folle ! J’avoue, je suis venue avant tout en voyant l’enthousiasme des organisateurs, les élèves de l’Ecole des Mines d’Alès… ils assurent y a pas à dire ! on ne peut que les encourager à continuer ;p pleins de chouettes moments, merci !!!

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