dEUS – Pocket revolution

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"Planant"... peut-être le qualificatif qui décrit le mieux cet album. Un joli panaché de rythmes, de mélodies, de hargne et d'émotions. 6 ans se sont écoulés depuis la sortie du 3e album de dEUS, "The Ideal crash", mais l'attente valait le coup. Avec leur "Pocket Revolution", Tom Barman et ses acolytes nous offrent un album cohérent dans le déroulé des titres, tout en réussissant le tour de force de faire de chacun d'eux un petit bijou d'originalité et de puissance.

deusJe ne vais pas faire ici de comparaison de bas étage, à essayer de classer cet album ci par rapport aux précédents opus du groupe. Meilleur, moins bon, peu importe de toute façon, l’essentiel étant de goûter à l’état d’esprit des musiciens au moment M. Au moment où Pocket Revolution a germé dans leurs têtes et pris forme dans le studio.

L’album s’ouvre sur bad timing, morceau qui démarre lentement puis qui s’amplifie au fur et à mesure. Un violon et une guitare pour un effet lancinant qui nous emmène directement ailleurs, une sorte de sirène étouffée qui revient en boucle et qui personnellement me fait le même effet que This mess we’re in, le magnifique duo PJ Harvey / Thom Yorke « can you hear them, the helicopter, I’m in New York… » . Une ambiance toute particulière qui vous met des papillons dans le ventre avant que n’entre en scène la voix de Tom Barman, à la limite du parlé, direction secousse des sens avec la somptueuse montée en puissance générale.

Un titre entre douceur et énergie qui augure à merveille de la suite de l’album…

D’un start stop nature, entre guitare lascive et voix joueuse, tour à tour chuchotée puis exaltée, jusqu’à l’explosion finale, en passant par l’énergique et pur titre rock if you don’t get what you want, la recette est la même : Véritable boite à rythme dans laquelle tous les instruments se superposent, Pocket Revolution transpire d’une vraie tension nerveuse, apaisée par quelques moments de répit et par cette pointe de bonheur et de légèreté que l’on ressent dans les intonations de la voix. Les longs morceaux qui s’enchaînent dans un calme apparent ne sont ici que façade, et l’éruption d’émotion et de son peut jaillir à tout instant. Méfiance donc, le silence gronde !

Mention spéciale pour Nothing really ends, le dernier morceau de l’album et aussi mon coup de coeur. Une magnifique balade qui, allez savoir pourquoi, remplit de joie et de sérénité, et qui met fin, d’une bien jolie manière à cette petite claque belge.

Un album rock, teinté de pop et de jazz. Un rock punchy mais jamais agressif. Une voix qui se module entre voix dé-timbrée, limite fluette, et grosses intonations à la Tom Waits à l’image de What we talk about . Des guitares tour à tour indolentes et rageuses. Avec son Pocket Revolution, dEUS nous prouve encore une fois que l’on peut être rock sans être bourrin, adulte et mature sans se prendre trop au sérieux, et qu’être sensible n’a jamais fait de quiconque un « sous-homme »…

Une vraie bouffée d’air pur !

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