dEUS en concert privé OÜI FM au Studio SFR | 19.06.2012

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Moins de neuf mois après la sortie de l’excellent Keep You Close, dEUS sortait début juin un nouvel album, il faut bien le dire, à la surprise générale. Le groupe était hier soir en promo au Studio SFR, pour un concert diffusé en direct sur OÜI FM.

Il fait déjà chaud dans la salle lorsque le groupe entre sur scène après une brève présentation par Dom Kiris (OÜI FM – Emission Au secours C’est Du Live), dont on suppose que les auditeurs l’entendent au même moment derrière leur poste de radio.

Démarrage immédiat avec Sirens, l’un des meilleurs extraits de Following Sea. Assez doux pour un départ, avec un son bien dEUS malgré la nouveauté du titre. On n’est pas perdu, mais pas mordu non plus. Pas grave, car l’étincelle vient aussitôt après avec Oh Your God, ressorti des cartons de Vantage Point (2008), et avec elle l’intensité qu’on ne se lasse pas de retrouver lors des concerts du groupe. La glace étant désormais brisée, le public se laisse aller à reprendre en confiance le « Is it all you got for your money ? » de Constant Now, deuxième single d’un Keep You Close encore tout frais ; septembre 2011, franchement, ce n’était pas hier ?

Le set, au demeurant, fera la part plus belle à cet avant dernier album, joué à parts égales avec Following Sea, voire même avec un léger avantage si l’on considère que Crazy about You sera finalement relégué en rappel, probablement après que OÜI FM a rendu l’antenne. On a beau ensuite déplorer quelques faussetés sur Keep Close et Ghost, le plaisir de chanter à nouveau « Insiiide, Outsiiiide » sur un magnifique Dark Set In, en cœur avec Tom Barman, est à savourer sans modération aucune.

Dans le Studio SFR, le son est fort mais limpide, la balance faisant la part belle aux instruments, comme il se doit pour qui se veut un groupe de rock, un vrai. Aux bidouillages, outre le multi-instrumentiste Klaas Janszoons qui nous régalait déjà avec ses claviers et son violon électrique (et caetera), un petit nouveau a fait son apparition aux percussions, triangle, et autres trouvailles. C’est ce qu’on aime chez dEUS, qui ne fait pas du rock pour faire du bruit mais comme un genre qui peut, tout autant qu’un autre, se parer d’arrangements travaillés et parfois brillants. S’il peut sembler étrange de dire d’un groupe qu’il aime véritablement la musique, c’est pourtant ce qui à l’évidence, caractérise dEUS.

Du dernier album, si on pourra regretter l’absence de The Soft Ball et de One Thing About Waves, on goûtera avant tout la prestation du groupe sur Quatre Mains. Chanter en français est une première pour nos voisins belges, dont on ne saura pas encore ce soir pourquoi ils s’y sont décidés cette fois. Toujours est-il que si on se fout un peu d’un texte relativement hermétique (des histoires de « mouton[s] qui baille[nt] et nous accueillent dans [leur] univers zen », vraiment ?), avec certaines particularités de diction étranges (un « StatuSSS-co » ???), la construction du titre est assez fantastique, cinétique, avec un gimmick de guitare qui fait danser, des passages plus lents et une tension qui monte (« Je te regarde, qu’est-ce que tu attends ? ») jusqu’au dénouement (« Ok go ! »).

Tom Barman, qu’on a rarement senti aussi à l’aise et presque détendu, reste un leader fascinant. Hyper charismatique, sa voix rauque et voilée fait mouche à tous les coups. L’homme, puissant et électrique sur scène, habite jusqu’à la plus infime partie d’un corps qui n’accuse toujours pas un gramme de graisse, malgré les années. Ses regards fusillent le public, semblant expulser sans fin un trop plein d’énergie qui menaçerait de le faire imploser. Il manquera pourtant à certains cette impression qu’il donne souvent d’être sur une corde raide, capable de basculer à tout instant vers le côté obscur de la force mais faut-il réellement oublier le goût du caviar s’il est servi avec une cuillère en inox ? Sage, Tom Barman ?, on ne saurait le dire. Mais d’une grande maîtrise pour enregistrement public radio-diffusé en direct, sans aucun doute.

Histoire de ne pas oublier les classiques, c’est avec Fell Off The Floor, Man (In a Bar, Under the Sea - 1996) et l’imparable Instant Street (The Ideal Crash – 1999) que les dEUS s’amuseront sans doute le plus. Souriant, sautant dans tous les sens, dansant, levant haut guitares et violons, se rapprochant physiquement les uns des autres, les musiciens auront offert là au public du Studio SFR des bouts de vie qui font tout oublier.

Aucun doute, dEUS reste, à tous les niveaux, le meilleur groupe belge de sa catégorie. Car le résultat est là, lorsque sonnent les dernières notes d’un ultime rappel débridé, pas vraiment prévu au programme (Morticiachair, Worst case Scenario – 1994) : on a déjà hâte d’être à la prochaine fois.

Set List : Sirens / Oh Your God / Constant Now / Ghost / Girls keep drinking / Dark Sets in / Keep You Close / Quatre Mains / Fell Off The Floor, Man / Instant Street // Encore : Crazy About You / Morticiachair

Crédits photo : Nicolas Brunet

dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12dEUS @ Studio SFR, Paris | 19.06.12

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A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

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