Des hommes derrière ces voix

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Dans les coulisses des « Matins » de France Culture, de 6h45 à 9h. Reportage.

Image de « J’aime bien revenir au studio, voir la tête de l’invité après avoir entendu sa voix. C’est surprenant parfois, ça ne correspond pas », confie Thierry Garcin, des Enjeux Internationaux de 6 h 50. Une voix chaude et posée peut appartenir à quelqu’un de réservé, ayant peu de charisme, et vice versa. Vue du studio, la radio, c’est une autre dimension. Derrière le déroulement fluide d’une émission quotidienne se cache l’agitation et parfois les crispations de l’équipe qui la prépare.

6 h 30. 6e étage. Studio 168. Radio France. Couloirs déserts. Les haut-parleurs des couloirs diffusent France Culture, doucement. L’équipe de l’émission Pas la peine de crier, de 6 h à 6 h 45, est à l’antenne dans le Studio 167, en face. On entend à la fois ce qui s’y dit de vive voix et le son décalé de la diffusion dans les haut-parleurs. Comme un écho. Le studio 168, lui, est vide. L’équipe des Matins n’est pas encore arrivée, exceptée Dany.

Dany Journo, c’est la réalisatrice. Le sourire aux lèvres et la voix chaleureuse, à une heure pourtant peu propice à la courtoisie, elle prépare deux extraits de musique qui passeront pendant l’émission. Elle discute avec le réalisateur de la tranche horaire précédente, Pascal : «  Est-ce que je peux passer du Jean Ferrat, moi j’adore Jean Ferrat. Il faut du John William aussi. Il est mort. Tu sais, celui qui a chanté la chanson du ‘Docteur Jivago’ ». Dany est chargée de «  tout ce qui est à l’antenne, le bon déroulement du programme, le minutage ». Elle accueille aussi les invités, les installe.

Marc Voinchet arrive. Chevelure brune, grand, l’air sûr de lui. Il rentre dans le studio avec une pile de papiers, journaux et livres et pose une liasse de feuilles à la verticale, sur un support. C’est le présentateur, il n’y a pas de doute. Il est seul et va prendre la relève de Marie Richeux, qui lui passe l’antenne depuis le studio 167. Contrairement à ce qu’il parait, le relais se passe à distance. Les présentateurs ne sont pas du tout dans la même pièce.

Il est 6 h 50. Il lance les Matins. Il règne dans ce studio 168 une atmosphère feutrée qui sied à l’horaire. Plafond noir, murs et sols anthracite. Au centre la table, jonchée de micros. Sur la gauche, un paravent de tissu noir flanqué d’une ribambelle du logos violet de la chaine. Il sert de fond pour les interviews filmées. Au fond trônent un piano à queue, une batterie et des amplis. Le long du mur, à droite, une rangée de fauteuils rouges. On est habitué à recevoir.

Un employé en tablier noir apporte une desserte remplie de mini-viennoiseries encore chaudes, jus de fruits, thermos de cafés et du thé. Il la laisse dans le couloir qui va de la régie au studio. Les journalistes ou chroniqueurs qui vont et viennent, script en mains, s’y arrêtent pour prendre un café et discuter, en attendant leur tour.

Tout n’est pas maîtrisé

Une assistante est chargée d’appeler Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, pour lui demander son avis sur l’exécution de deux français au Niger. Elle se rend compte, à l’antenne, que la communication est exécrable. Frustration. Autre petit revers, plus cocasse, l’un des journalistes chargés du bulletin d’info, Renaud Candelier, est enrhumé. Il doit faire avec.

Quand on écoute l’émission, tout semble parfait et harmonieux. Ce n’est parfois qu’une impression. Dans ces locaux cohabitent techniciens, journalistes et chroniqueurs. Une vingtaine de personnes en tout, chaque matin. De temps en temps, on s’énerve pour de petits détails. « Fallait mettre la musique là. C’est pas possible ! », s’agace Marc Voinchet. Il y a toujours des ajustements à faire. « Depuis la nouvelle grille, je suis tout le temps en stress », confie Dany.

Il est 8 h 50. Le grand calme qui régnait à l’aube est rompu par l’agitation du passage d’une équipe à une autre. Un véritable chassé-croisé. Une quinzaine de personnes s’attroupent dans la régie et le couloir. Dany et son équipe vont pouvoir souffler. Jusqu’à demain.

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A propos de l'auteur

Image de : Fanny adore passer des soirées dans les salles obscures ou dans les salles de concert, mais elle préfère parler de trucs un peu moins glamours : les médias et la politique. Assister à une séance de l’assemblée nationale, une conférence sur l’opinion publique ou un débat entre deux responsables politiques ne lui fait pas peur. Elle adore ça. Elle est même devenue parisienne pour avoir l’occasion de le faire plus souvent. Mais, elle n’oublie pas d’où elle vient et soutient avec véhémence son groupe grenoblois préféré : The Melting Snow Quartet ( http://www.themeltingsnowquartet.com ).

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 26 janvier 2011
    FROTTIER a écrit :

    Je serais trés heureux de savoir si vous faites des émissions sur des chanteurs disparus JEAN FERRAT & JOHN WILLIAMS j’ai 63 ans mon idole Jean Ferrat n’est plus dont avec internet tout est possible quand à John William je l’ai bien connu dans mon ado il venait souvent dédicasser ses disques dans des endoits commercials (je l’ai vu à Ermont (95) Supermarché SODIM qui n’existe plus)-Actuellement je recherche des docs sur Martine Beaujoud interprète Jacques Brel sa carrière fut assez courte à cause de l’ équipe Mireille Mathieu dont elle était en concurence
    merci si vous avez des renseignements M.Frottier

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