Depeche Mode – Playing the angel

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Depeche Mode... le groupe mythique qui depuis bientôt trois décennies invente et réinvente le style "new wave pop rock electro" est de retour ! Dire que Playing the angel, leur nouvel album sorti le 17 octobre dernier était attendu est un doux euphémisme, voire même une atteinte à l'intelligence humaine. Il faut dire que question promo, la maison de disques avait mis les petits plats dans les grands et que c'est à coup de grands renforts médiatiques que ce nouvel opus a fait couler beaucoup d'encre et de désir, tant chez les fans de la première que de la dernière heure ...

Messieurs Martin Gore, Dave Gahan et Andy Fletcher, je vous tire mon chapeau… Depeche Mode et moi devons avoir à quelques années près le même âge, et pourtant, je n’ai pas le souvenir de n’avoir jamais été fan de vous. Je vous connaissais de nom bien sûr, mais Dieu seul sait pourquoi, je n’ai jamais eu la curiosité de partir à votre rencontre. Flemme, jeunesse, à moins ce que ne soit l’une des séquelles de mon formatage d’esprit d’antan (ni jugement ni rire svp, personne n’est à l’abri de ce danger vu la manière insidieuse dont se fait ce genre de choses, surtout auprès d’un jeune public naturellement atteint de « moutonisme aigu »), je ne m’explique donc pas ce passage à côté de vous…

J’aurais donc pu vivre des années loin de vous, musiciens pourtant incontournables, me contentant de découvrir les artistes d’aujourd’hui et de demain sans me préoccuper des cadors d’hier. Le sort en a décidé autrement…

Vexés ou déterminés à (me) montrer de quelle trempe vous étiez faits, vous avez en effet sorti de votre botte secrète une arme redoutable pour prouver au monde que Depeche Mode avait beau avoir traversé les années, c’est bel et bien au futur qu’il faut conjuguer le groupe. Je m’en souviens encore de ce jour de septembre, où, pleinement concentrée sur mes activités perso, j’ai soudainement relevé la tête, interpellée par ce morceau passant à la radio, tout à la fois mélodieux et intense, et par cette voix qui m’a littéralement transportée. Cupidon venait de me planter sa flèche. Sans rien voir venir, je venais de tomber en amour pour Depeche Mode . L’objet du délit, le single Precious, sur toutes les ondes en pré-sortie de l’album, et titre imparable pour nous mettre l’eau à la bouche et nous donner des envies pressantes de pénétrer l’univers de ces trois artistes hors pair.

C’est ainsi que je suis entrée dans le monde de Depeche mode, avec 25 ans de retard à rattraper. Boulimie intense, je me suis alors jetée sur les précédents opus. J’y ai rencontré un groupe grave, aux textes sombres prêchant l’amour et la spiritualité, et qui musicalement prenait visiblement plaisir à explorer les genres. J’ai aimé ses prises de risque, ses alternances de morceaux exaltés et de balades nostalgiques.

Puis le 17 octobre est venu, entraînant Playing the angel dans son sillage. J’étais aux anges, qu’allais je encore découvrir ? Quelle partie de mon âme et de mon coeur allaient ils cette fois ci me faire explorer ?

Vite j’appuie sur PLAY… et c’est là que je me suis mise à déchanter. Pas de doute, c’était bien du Depeche Mode, reconnaissable à la toute première seconde. Mais c’était plat, dénué de grandes surprises. Jusqu’à la plage 5 et son désormais célèbre Precious, rien de bien nouveau. Je me suis alors mise à penser à Violator (1990), Exciter (2001), ou encore mon chouchou Songs of faith and devotion (1993), à tous ces albums du groupe, qui tout en étant dans la même lignée les uns des autres, proposaient chacun une ouverture particulière, un terrain vierge à visiter, une nouvelle vision de la musique et des émotions à appréhender…

Me voici face à Playing the angel, et je ne peux qu’être déçue… point d’extase à l’horizon, point de limite repoussée, point d’électrochoc et de secousse dans la recherche de soi : juste la reprise d’une formule qui marche et qui a largement fait ses preuves, tout juste peut-on noter la modernisation des emblématiques ambiances saturées de D.M, par une touche d’électro plus prononcée que de coutume…

Playing the Angel est un bon album au regard de tout ce qui se fait de nos jours. C’est juste que de la part de Depeche Mode, je m’attendais à plus, sûrement à trop. Je n’ai donc plus qu’à ravaler mes fantasmes, mes espoirs et mes illusions, de même que mes folles envies d’être bousculée et violentée. Le Depeche Mode 2005 se déguste tiède, et ça c’est une première…

L’album ne tournant sur ma platine que depuis 10 jours, je me garderai cependant de jugements trop hâtifs. Après tout, qui me dit que derrière cette tiédeur et ce goût insipide ne se cachent pas des saveurs insoupçonnées ? Et si le plaisir cette fois ci n’était pas immédiat, mais que le Depeche Mode nouveau nous offrait une jouissance lente à venir, mais éternelle dès lors que l’on y a goûté ?

Maintenant que Depeche mode est entré dans ma vie, je me dois de lui laisser une chance…

Je presse à nouveau sur play…

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1 commentaire

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  1. 1
    Stv
    le Jeudi 27 mars 2008
    Stv a écrit :

    Je cite « tout juste peut-on noter la modernisation des emblématiques ambiances saturées de D.M, par une touche d’électro plus prononcée que de coutume » Quant on pense que Depeche Mode a traversé toutes les années 80 en se faisant le fer de lance des groupes 100% electro, on peut alors imaginé la pertinence de cette remarque, voir même de cette chronique :-(

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