Deerhoof | Lyon | 28.11.2012

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Deerhoof fait partie de cette race de groupes capables de remémorer l'état psychologique dans lequel tu te trouvais lorsque tu as pissé par le balcon de ta grand-mère pour la première fois.

Le genre de groupe qui te fait perdre 130 points de QI en moins d’une minute. Comme une bande de gosses légèrement arriérés qu’on aurait mis en quarantaine dans un studio largement équipé. Leurs costumes sont une insulte à la réflexion. Les souples pas de danse de Satomi Matsuzaki, derrière sa basse, donnent simplement envie d’abandonner toute forme de vie structurée pour se transformer en flamand rose. Les grimaces de Saunier, baguettes aux mains, restent inégalées à ce jour.

Tout concorde. Tout fait sens dans cette musique qui pousserait à sourire, vouloir manger une grosse part de gâteau au chocolat et doucement se mouvoir au son d’un groupe qui paraît, au premier abord, vaguement attardé. Mais Deerhoof n’écrit pas que d’inconcevables tubes pour circuler nu dans son quartier, un seau sur la tête. La musique du quatuor, si l’on y porte un minimum d’attention, s’avère très complexe. Chaque riff paraît bordélique, chaque coup de caisse claire chaotique, le tout part parfois dans tout les sens pour, au final, toujours retomber sur ses pattes. Deerhoof, depuis vingt ans, est un groupe qui fait ce qu’il veut, possède son propre style et ne fait que suivre ses envies, comme un enfant de 8 ans à qui on lâcherait un lance-pierres, des pots de yaourt et une meute de chats.

Sur scène, le groupe s’avère tout de même beaucoup plus punk que sur disque, plus cru, moins propre, mais toujours aussi incroyablement jouissif. De la pop de laboratoire qui prendrait la forme d’une grosse bulle de chewing-gum. Le gros du set est composé de leurs trois derniers albums, la sanction est évidemment sans appel, le quatuor enchaîne les tubes avec une insolente détente et se donne comme si c’était son premier concert. Mention spéciale à Greg Saunier, batteur absolument impressionnant au kit minimal (une caisse claire, une grosse caisse, une cymbale large comme six poêles à frire et un charley) qui semble approximativement perdre une dizaine de litres d’eau à chaque morceau tant le bonhomme se plie en quatorze pour défoncer les éléments de sa batterie de la frappe du juste.

Un excellent concert, même si celui n’a pas atteint les hauteurs du classement du fait d’un public un peu trop passif.

Il y avait Reveille en première partie, groupe composé des frères Charles et François Virot, ainsi que de Lisa Duroux, têtes connues de l’underground lyonnais. De l’indie pop paisible de très bonne facture avec comme bonus charisme les quelques pains de Lisa à la batterie et la bonhomie des frères Virot.

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