Debout sur le Zinc | Zénith de Paris | 28.01.12

par |
Il y a 10 ans Debout sur le Zinc était l’un de ces groupes nouvelle scène française qui refusait les majors et leurs directives commerciales pour s’affirme sur un label de production indépendant.

Depuis nos troubadours enchaînent les créations et affichent le joli score de 8 albums en moins de 12 ans, sans compter le nombre de scènes sur lesquelles ils sont venus partager leurs sons. Quelle consécration alors de voir les sept vieux copains remplir ni plus ni moins que le Zénith ! Du sommet des gradins aux premiers rangs d’acharnés collés aux barrières ça trépigne et hurle d’une impatience mêlée d’excitation, et c’est peu dire que les deux heures de show qui suivirent furent démentes. Évitons donc de nous perdre dans des pérégrinations extasiées et emphatiques, pour commencer par une présentation de nos joyeux lurons.

Premier pilier de la scène, Momo le batteur. Calé sur son estrade côté jardin il passerait presque inaperçu si sa double pédale ne venait nous faire vibrer jusqu’au fond des tripes. Applaudissons aussi une jolie participation à la derbouka pour un Belle parmi les Belles plein de douceur.

Perchés sur sa petite estrade aussi, de l’autre côté de la scène nous trouvons William, le contrebassiste. Pieds nus, coiffé d’un chapeau et d’une barbe qui assume son manque de soin, le pantalon remonté façon pêcheur, le musicien évoque le mélange d’un capitaine Hadock attendrit par la musique, mais capable de devenir un rockeur au déhanché déluré lorsqu’il délaisse la grosse madame pour atterrir sur le devant de la scène, armé de la petite sœur. Il n’y a d’ailleurs pas qu’avec la basse qu’il quitte son estrade, n’hésitant pas empoigner la contrebasse et à sauter aux côtés des chanteurs avec son énorme instrument, le faisant littéralement danser en même temps qu’il fait vibrer ses grosses cordes.

Devant William nous restons dans les cordes. Banjo, mandoline, cithare, Olivier jongle avec les instruments et passera même derrière le micro pour l’intro de Comme un ange.

À l’emplacement symétrique, nous trouvons Fred, le joueur d’accordéon. Présent sur presque chacun des morceaux, le souffle musette qu’il apporte au groupe fait partie intégrante de l’esthétique sonore du rendu final.

Sur la fin de l’arc de cercle, à gauche et à droite, deux guitaristes eux-mêmes accompagnés de deux guitares sèches, attendant sagement sur leurs socles. Christophe à gauche alterne la rythmique et les solos face à Romain, qui non content d’assumer chant et guitare, a la fâcheuse tendance de jouer de la clarinette lorsque l’ambiance se laisse aller à des teintes plus alternatives que rock.

Et enfin, au milieu des six premiers, Simon. Chanteur, joueur de violon et de trompette, le petit bonhomme vadrouille, saute, danse, s’efface dans le fond lorsque d’autres musiciens jouent leurs solos et mène une interaction constante avec un public d’ores et déjà sous le charme. Avec son complice Romain, ils nous font danser, chanter, taper des mains et même faire le petit pois (et voir tout le Zénith faire de même, ça vaut le détour.)

Un travail de l’espace et des lumières aussi précis que déjanté, une technique musicale et un son parfait, du jeu aussi bien entre les musiciens qu’avec le public, mais avant tout un concert entre de vieux amis !

Les invités s’enchaînent. Nico tout d’abord vient faire résonner le son cristallin de son xylophone pour La fuite et Moutons. On a par la suite la chance de voir Fredo des Ogres de Barback poser sa voix grave sur Poils aux yeux, chanson composée par Debout sur le Zinc pour les Ogres. C’est ensuite Jean-Lou, l’arrangeur de leur dernier album la Fuite en avant, qui les accompagne au clavier pour J’ai déjà donné et Oublie-moi, introduisant celle-là avec une intro psychédélique des plus hypnotisante.

Simon a ensuite droit à son petit duo acoustique avec Guillaume Aldebert pour le morceau Mon homonyme. On continue avec la fratrie des Ogres par la suite puisque c’est Sam qui vient faire résonner les notes graves de son tuba sur Les voisins. Enfin, après un rappel qui s’étire, mais ne s’épuise pas, le groupe revient accompagné de son dernier invité : Gregory Jolivet accompagné de sa douce vielle à roue.

Un concert à la hauteur de sa réputation, et plus encore même, qui se termine sur un Zénith bondé qui reprend en chœur les « yalalalalala » du refrain de La Déclaration durant bien 10 minutes. Simon court alors partout, saute dans la fosse, appel à un dernier élan de motivation, recourt partout, puis la fin arrive, se concluant par une présentation et un salut général de tous les membres du groupe et des invités présents ce soir.

Chapeau bas à nos troubadours donc, qui auront largement validé leur diplôme de saltimbanque professionnel sous le prestigieux chapiteau du Zénith !

Crédits photo : Olivier Hoffschir

Debout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier HoffschirDebout sur le Zinc Le Zenith - Paris - 2012Olivier Hoffschir

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article