Day Watch

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Soyons francs le cinéma russe n'est pas connu pour ses oeuvres fantastiques ou SF (sauf peut être Solaris) mais plutôt pour ses films de 4 heures sur fond de dépression enneigée et/ou de luttes des classes.

daywatch-2Mais voilà Timur Bekmambetov ne l’entend plus de cette oreille et compte bien dépoussiérer le cinéma de son pays avec sa trilogie fantastique commencée en 2005 avec Night Watch et dont les fans désespéraient de voir la suite (problème de production puis moult décalages de la date de sortie). Mais voilà leur patience est enfin récompensée au bout de presque 3 ans.

Tout d’abord si vous n’avez pas vu Night Watch, vous aurez beaucoup de mal à rentrer dans ce deuxième opus, aussi sombre et opaque que le premier. En voici le pitch global…

Il y a des siècles les combattants de l’ Ombre et ceux de la Lumière décidèrent d’une trêve afin d’éviter de s’exterminer jusqu’au dernier. Suite à ce compromis apparurent les Day Watch (hommes de l’Ombre chargés de surveiller ceux de la Lumière) et les Night Watch (hommes de la Lumière chargés de surveiller ceux de l’ Ombre ) afin que la trêve perdure. Cela marchait plutôt pas mal jusqu’à l’arrivée d’un enfant capable de faire basculer le monde d’un coté ou de l’autre (un peu façon Anakin Skywalker ) et que les deux camps voudraient rallier à leur cause, ce qui a d’ailleurs été fait par ceux de l’Ombre à la fin de Night Watch . Pour plus de détails reportez vous à [la critique très complète du film->132] faite par VIOLHAINE .

Nous retrouvons donc ceux de l’ Ombre et de la Lumière en pleine tension suite au meurtre d’une femme de l’ Ombre et dont le principal suspect est Anton ( Konstantin Khabensky ), un Night Watch qui n’est autre que le père du fameux gamin. Anton fût d’ailleurs en partie responsable du choix de son fils pour ceux l’ Ombre . La trêve est menacée et ceux de l’ Ombre réclament qu’on leur livre Anton sous peine de représailles…

Un peu bordélique comme histoire me direz-vous ? Et bien c’est peu dire, car même en l’ayant vu, il n’est pas simple du tout de s’y retrouver. Le réalisateur, partant du principe que tout le monde se souviendrait parfaitement de chacun des nombreux personnages du premier volet, ne se donne pas du tout la peine de les restituer, ni de nous expliquer ce qui c’est passé entre les deux parties.

Le spectateur aura ainsi souvent l’impression d’avoir un métro de retard sur l’histoire, ce qui empêche une immersion complète dans cet univers pourtant riche et sombre. Car visuellement on en prend plein la gueule: des superbes décors de Moscou aux ambiances poisseuses à souhait, des effets spéciaux réussis, des cascades impressionnantes, une lumière belle et froide, des comédiens charismatiques bien dans leurs rôles (plus que dans pas mal de films US) et tous ces petits détails qui nous avaient tant conquis lors du premier opus (montage énervé, B.O. qui pulse, petites références aux classiques du genre).

Il en ressort donc une oeuvre stylée dont l’écriture et le montage l’empêchent d’atteindre les sommets du genre, mais qui nous prouve que le cinéma de genre russe a de beaux jours devant lui. Il est néanmoins regrettable qu’une fois de plus, la forme l’ait emportée sur le fond. Les fans de Night Watch ne résisteront pas à foncer dans les salles obscures, mais je leur conseille vivement de revoir impérativement le premier opus sous peine de perdre pied dans un scénario labyrinthique de plus de 2h15.

En savoir +

Site officiel : www.daywatchmovie.co.uk

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