Darkness Before Dawn

par Arno Mothra|
Diable ! Et s’il existait une bande-son aux cauchemars de l’homme, sous quels tulles glauques nous envelopperait-elle ? Qu’est-ce qui différencie d’ailleurs le rêve fantastique (voire fantasque) au cauchemar ? Le saurais-tu, toi, lecteur, qui sais t’enliser dans les eaux profondes de tes terreurs nocturnes ?

darknessPremier album démo (entièrement instrumental) pour Darkness Before Dawn, Cult of the blood, tout beau tout chaud (enfin presque), martelé de samples de pluie froide, de sanglots, de volatils, de vent. Un marécage pourpre et délicieux. Gare à l’ambiguïté, il s’agit d’un disque d’atmosphère, d’ambiance, synthétique, et non d’un disque fait dans l’attention de vous faire pogoter tout seul dans votre salon.

Autant le déballer d’entrée : ce Cult of the blood est très bon et mérite toute votre attention, si la scène gothique et horror-show vous titille un tant soit peu. On serait tenté, parfois, de tergiverser sur quelques (petits) défauts de fabrication, mais c’est de là que l’on exulte : Darkness Before Dawn n’aurait-il pas créé la bande originale d’un de ces jeux à clichés goths dont le récepteur est le héro ? Un jeu macabre, tortueux, machiavélique, se déroulant dans notre cortex ? Cult of the blood ne fait pas partie de ces disques à écouter niaisement sur une plage ou sur la terrasse d’un café (quoique, s’il vous prend comme un trip Shawn of the dead en jaugeant les passants. à méditer) ; ces musiques interpellent le cerveau, nous catapultant dans un monde fait de vampires, de forêts noires, de poupées cassées, de corbeaux, de manoirs à l’abandon, de drontes, d’angoisses, de cauchemars.

Certaines atmosphères font indéniablement penser aux monstres de H.P. Lovecraft, à Cthulhu, aux ombres d’ Edgar Allan Poe ; certains feront peut-être aussi un raccourci (très) facile en vous renvoyant aux meilleures ouvertures d’albums de Cradle of Filth (à l’époque où le groupe préservait son âme). Préférence personnelle pour Lost in the forest, sorte d’esprit follet se perdant dans un labyrinthe de 9 minutes, angoissant mais extrêmement vivant, ainsi que pour Army of evil bats et surtout A village at the mercy of the vampyres, accentué par des guitares jouissives parfaitement adaptées (pour lesquelles on ne peut qu’encourager une plus forte présence sur le prochain opus). Théâtral et bien ficelé.

Un premier essai très prometteur, qui vous fera probablement douter durant vos prochaines ballades nocturnes : « Promenons-nous dans les bois, tant que le loup. »

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1 commentaire

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  1. 1
    le Dimanche 10 août 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Rectification : il s’agit du deuxième album démo de Darkness Before Dawn, petite erreur désolé… :)

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