Dans les sillons de Pop Montréal 2010

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Qu'ont en commun un duo minimaliste de dubstep ambiant, un groupe de néo-tango helvético-franco-argentin, un trio ontarien de folk obscur et un groupe de post-punk/industriel/noise inactif depuis 1997 ? Pas grand chose à priori.

Et pourtant, ces quatre groupes faisaient tous partie de l’édition 2010 de Pop Montréal, festival de musique à la programmation aussi chargée que diversifiée, et s’étant déroulé du 29 septembre au 3 octobre dernier.

Pop Montréal, c’est l’occasion d’inviter une multitude de groupes et musiciens établis à se mêler à un bouillonnement créatif célébrant les artistes locaux et internationaux. Cette année, la 9e édition du festival proposait plus de 400 concerts répartis dans une cinquantaine de lieux, mais aussi des projections de films, des symposiums, des expositions et bien plus encore. Face à cette abondance d’événements de toutes sortes, il fallait prendre le temps d’examiner la programmation de près, de faire un tri, et surtout, de bien préparer son emploi du temps sur cinq jours en courant d’une salle de concert à l’autre. Petit aperçu d’un marathon musical…

Le Yin et le Yang du festival : Gotan Project & Holy Fuck

Pop Montréal, festival de contrastes. D’un soir à l’autre, on peut naviguer au sein de deux univers complètement différents. En ouverture, Gotan Project, comme échappé du Festival International de Jazz, nous offre un tango enflammé par une musique électro frôlant parfois le Kraftwerk dans l’ambiance feutrée du Métropolis. La prestation du groupe mêle également hip-hop et trip-hop, le tout avec une efficacité insoupçonnable. La performance est calculée, millimétrée, en somme rien ne dépasse. Nous sommes comme transportés dans une autre époque au son du piano à queue et des violons puis ramenés au 21e siècle par les claviers. Un voyage dans le temps constant. Le public ? Disons que la jeunesse montréalaise doit se déchaîner dans les autres salles, préférant les guitares rock aux trompettes de Buenos Aires. Presque bourgeois, on devine que le public rentrera tranquillement chez lui après le concert sans s’aventurer dans les autres salles de concert. Il ne faut pas donc chercher l’esprit du festival au sein des murs du Métropolis.

L’esprit de Pop Montréal peut davantage se trouver dans un coin reculé de la ville, dans une salle aux allures de parking ou d’entrepôt, salle où les festivaliers s’activent au milieu d’ondes de choc électro et d’éclairages épileptiques orchestrés par Holy Fuck. Le groupe de Toronto manœuvre efficacement ses morceaux entre instants planants et montées en puissance redoutables, pour le plus grand plaisir des hipsters. Et au milieu de la foule, dans ce quartier perdu où les basses retentissent dans les rues vides, on sent la force de Pop Montréal s’emparer de nous. Pour de bon.

FACE A : Les sillons rock de Pop Montréal

Les visages et le corps de Menomena

Menomena a un seul corps, mais plusieurs visages musicaux, et ce sont pour ces visages que La Sala Rossa affiche complet en ce premier soir de Pop Montréal. On peut aimer un seul de ses visages comme on peut tous les apprécier. Une chose est certaine, peu d’autres groupes s’aventurent sur le terrain miné auquel se confronte le trio de Portland (enfin, quatuor en live). Leur performance scénique démontre que leur rock indé à tendance expérimentale n’est pas un petit miracle studio, mais bien quelque chose qu’ils ont en eux et qui prend une belle ampleur face à un public. Trois voix, plusieurs instruments dont un saxophone se juxtaposent harmonieusement. On notera une intensité émotionnelle plus vive lorsque Brent Knopf est au chant. Ce sera avec le groupe que l’ambiance de Pop Montréal sera véritablement inaugurée grâce à leur talent, mais aussi à leur bonne humeur car une chose est sûre, ils sont contents d’être là, et nous aussi.

Des sentiments noirs, des femmes et des menteurs : une soirée  sombre et intense qui finira dans le sang.

Depuis leur formation en 2001, les passages de Liars en sol canadien se comptent sur les doigts d’une main. L’occasion de vivre l’un de leurs concerts, avec qui plus est Women et Black Feelings en premières parties, était une opportunité à saisir.

Et pourtant, alors que Black Feelings, premier groupe de la soirée, arrive tranquillement sur scène, la salle semble étrangement vide. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville pendant toute la journée y sont peut-être pour quelque chose. Et alors que dehors les rues débordent des eaux de pluie, les fans courageux qui se seront déplacés pour assister à ce concert seront bien récompensés. Le National est traversé par ses éternels courants d’air, les musiciens prennent leur poste en silence, les hostilités peuvent enfin débuter.

Originaire de Montréal, Black Feelings se sera beaucoup fait remarquer depuis 2008, à faire de nombreux concerts et premières parties pour des groupes tels que AIDS Wolf, Blank Dogs, HEALTH, et plusieurs autres. Ce soir, avec Liars et Women, la combinaison est parfaite. Black Feelings donne le ton pour la soirée et l’on comprend bien vite que le nom du groupe concorde tout à fait avec leur style musical, étrange mélange de noise/new wave et de rock psychédélique. Une force brute se dégage du trio, parfois rejoint sur scène par un claviériste (du groupe TONSTARTSSBANDHT) et une saxophoniste. Le groupe livre un set énergique, chargé et de circonstance. On sent encore une certaine distance entre la scène et le public, mais déjà l’atmosphère se réchauffe et une sorte d’électricité plane dans l’air.

Vient ensuite Women, groupe de Calgary dont le deuxième album, Public Strain, est sorti le 28 septembre dernier (sous le label Jagjaguwar Records en Europe). Le quatuor, dont la musique est parfois qualifiée d’art rock, brise définitivement la glace après quelques chansons, et surprend sur scène par sa justesse et sa cohésion. Les trois voix se superposent tandis que les deux guitares se complètent et se répondent dans un échange calculé de syncopes et de mélodies addictives. Les cinq membres de Women (dont aucun n’appartient à la gent féminine) ne sont pas des bêtes de scènes. Discrets, ils n’en sont pas moins efficaces pour autant, et parviennent en concert à rendre justice à leurs compositions aux structures mathématiques atypiques. Et tandis que les guitaristes gardent le contact visuel pour ne pas manquer leurs transitions, les morceaux lèvent et l’enthousiasme mêlé d’impatience grimpe d’un cran dans la salle. Le groupe termine son set avec Eyesore, l’excellent dernier morceau du nouvel album, qui vient confirmer que Women est définitivement un groupe à surveiller dans les prochaines années.

Après ces deux premières parties aussi différentes qu’adéquates, le point d’orgue de la soirée reste définitivement Liars. Angus Andrew, avec ses cheveux décoiffés, son apparence négligée, sa taille imposante et sa présence presque menaçante, est le dernier à faire son entrée sur scène tel le maître d’une cérémonie obscure dont les invités attendent impatiemment dans l’ombre. Le chanteur d’origine australienne, en plus d’être entouré de ses deux acolytes, Aaron Hemphill (guitare/synthétiseurs/percussions) et Julian Gross (batterie), est accompagné pour la performance live de deux autres musiciens, la formule « quintet » permettant au groupe de bien rendre la densité et la brutalité de morceaux tels Clear Island ou Plaster Cast of Everything. Forts de cette énergie primitive qu’on leur connait si bien, Andrew et sa troupe s’emparent du sentiment d’urgence qui s’est infiltré dans la salle au cours des deux dernières heures, et l’insufflent à leur musique qui gagne en lourdeur et en puissance. Les sonorités sont chargées d’une violence latente, et l’ambiance est parfois explosive (avec Scarecrows On A Killer Slant), parfois mélancolique et grave (avec la superbe intro de Scissor), parfois tribale ou digne d’un rituel magique (avec A Visit From Drum et Proud Evolution). Entre les chansons, les échanges avec la foule sont rares et assez brefs. Andrew n’est pas loquace, mais amuse par ses danses et mimiques, une touche d’autodérision qui rajoute au sentiment d’étrangeté générale, mais fait sourire et crier les fans amusés. Au rappel, quelques dernières chansons, mais cette fois interprétées en trio, sans le soutien des deux musiciens additionnels. Le concert se termine dans le chaos de Broken Witch avec les cris d’Andrew et des spectateurs qui lui répondent : « We, we are the army you see through the red haze of blood! Blood! Blood! Blood! BLOOD! »

Face au masque de Zola Jesus

Malgré ce que la presse n’a cessé d’affirmer, nous ne sommes pas face à la grande succession de Siouxsie and The Banshees mais plutôt au côté obscur de Beach House, le charme en moins. Nika Roza Danilova a une voix impressionnante trouvant parfaitement sa place au sein de la salle Wilfrid Pelletier, lieu accueillant généralement des opéras et l’Orchestre Symphonique de Montréal. Cependant, l’habillement musical brille par son absence et alors que la chanteuse fait les cent pas sur la scène à nous en donner le tournis, alors que la batterie, organique, se déchaine au point presque d’éclipser les claviers, alors que le public discute et envoie des SMS en attendant The XX, véritable tête d’affiche de la soirée, et bien on réalise que toute cette performance souffre d’un manque. On ne ressent pas la dimension sépulcrale que le groupe tente de donner aux chansons, ces dernières ne se distinguant pas les unes des autres. L’ensemble est terriblement incomplet. On discerne la volonté incantatoire du groupe, le visage ou plutôt le masque gothique qu’il veut revêtir, mais on cherche la sincérité. Le sentiment d’assister à un potentiel gâché ou simplement encore latent persistera jusqu’à la dernière note. Dommage. Once more, with feelings.

Swans : le grand annihilateur de nostalgie

L’évènement à ne surtout pas manquer, c’était incontestablement Swans au National. Cette année, les cygnes prennent des allures de phénix en renaissant de leurs cendres après leur dissolution en 1997. Un retour sans nostalgie, le groupe ne cherche pas à redonner vie à une époque révolue, loin de là. D’ailleurs, la chanteuse et claviériste Jarboe, pilier de la formation d’origine, est absente de ce second souffle. L’ambition est donc claire : on ne se réunit pas pour célébrer le passé, mais bel et bien pour aller de l’avant, les Swans vivent encore et ils le montrent à travers un rock brutal et noisy. L’âme ténébreuse du groupe s’exorcise devant nous tandis que Michael Gira se dresse au centre d’un ouragan de percussions, charismatique tel un prédicateur face à des dévots convaincus. Le chant est implacable. La performance globale n’est pas dénuée d’un certain paradoxe : l’orchestration organique se démène corps et âme comme au sein d’un rite tribal tandis que l’éclairage, presque chaleureux ne changera pas d’un watt. Pas d’effets scéniques superflus. La musique et l’énergie de ces hommes, et particulièrement celle de Gira, se suffisent à elles-mêmes. Avec Swans, le spectacle n’est pas dans la mise en scène, il est bien plus viscéral. Leur jam rock aux milles facettes pèse sur nos oreilles. On résiste face à la tempête sonore, face à cet exutoire lyrique. Cette performance au sommet, d’une violente beauté, justifie pleinement le retour du groupe sur une scène, face à un public qui ne demande que ça.

La scène locale : Technical Kidman

Pop Montréal est l’occasion de faire venir certains grands noms de la musique dans la métropole, mais également de marquer un important soutien aux artistes émergents et aux musiciens indépendants. Parmi les découvertes du festival, un groupe aura su retenir notre attention : Technical Kidman, trio montréalais existant depuis un peu plus d’un an, livre une musique entre électro et space rock, qui se démarque nettement par son originalité et sa richesse. L’énergie est instantanée et communicative, et au terme du concert qui nous aura paru trop court, on en redemanderait encore, impatients de découvrir d’autres compositions du groupe.

FACE B : Les sillons électro de Pop Montréal

Un festival n’en serait pas un sans erreur de parcours, ces moments où l’on se dit « mais qu’est-ce que je fous là ? ». Ce moment tragique, mais légitime (que serait le miel sans le vinaigre ?) a eu lieu aux Foufounes Électriques et nous a été offert par Montreal Nintendo Orkestra. Ça pouvait paraître intéressant : deux mecs, deux consoles Nintendo DS, plein de possibilités. L’angoisse digne de Resident Evil qu’on nous avait vendu tombe à plat et même pour l’expérimentation, on oubliera ce supplice sonore.

Le suivant sur la liste c’est Babe Rainbow. L’artiste de Vancouver a du talent, c’est indéniable, mais la longueur de son set au Belmont agace. Mêlant reggae, hip-hop et garage à un dubstep maîtrisé, l’ensemble a tendance à se montrer répétitif et lassant. Surtout que nous attendons non sans impatience la prestation de Mount Kimbie.

Image de Mount Kimbie Mount Kimbie est incontestablement l’un des évènements électro du festival. Ça ne se manque donc pas et l’ambiance est au rendez-vous, et ce, malgré la demi-heure de retard. Le duo britannique confirme le bien qui a été écrit sur lui depuis la sortie de leur excellent Crooks and Lovers. Leurs morceaux prennent corps dans une forme plus brute sur scène. La force du groupe est de sortir des sentiers battus du dubstep en allant vers le rock, la pop et le hip-hop. D’ailleurs, on pourrait presque ne pas être surpris de l’utilisation d’une guitare électrique et d’une batterie en renfort à l’ordinateur et au séquenceur. L’atmosphère de l’album est transcendée par des rythmiques plus prononcées en live pour une meilleure réponse du public. Après tout, on est aussi là pour bouger. Mount Kimbie nous aura offert une prestation hélas bien courte mais qui aura confirmé le talent du groupe.

Le dernier jour : STOP. EJECT !

Le défi du dernier jour de festival est de réunir ses forces et son enthousiasme. Il faut dire que Pop Montréal a commencé fort et l’énergie a été consumée au-delà des prévisions, mais nous n’abandonnons pas. À La Casa del Popolo, après quelques problèmes techniques qui mettront trente minutes à se régler, et ce, devant l’impatience de tous, Depreciation Guild offre une performance shoegaze satisfaisante sans être transcendante, mais avec un excellent professionnalisme. De l’autre côté de la rue à La Sala Rossa, après un set très posé d’Holy Sons, Scout Niblett vient clôturer le festival entre douceur minimaliste et envolée rock. Elle sera soutenue par un batteur pour quelques morceaux. Une fin entre intimité et timidité. De toute façon, c’est juste ce dont nous avions besoin.

Le coup de cœur de Samuel : Warpaint

Premier constat : la salle Wilfrid Pelletier n’était pas le choix optimal pour ce concert. Être assis n’engendre que la frustration du spectateur ne lui permettant pas de faire convenablement écho à l’énergie d’un groupe habitué à de plus petites salles. Et pour Warpaint, on aimerait se lever pour les honorer. Ce groupe au féminin impose son charme avec une sensualité en clair-obscur époustouflante. Pendant le concert, notre attention est tantôt accaparée par le jeu de basse de Jenny Lee, celle-ci tournant souvent le dos au public, tantôt par la prestation vocale convaincue et convaincante d’Emily. La batterie de Stella apporte une force supplémentaire à la performance du groupe, entre prog rock et psyché. Chaque fille s’impose comme cruciale à la réussite de l’ensemble, chacune est en effet comme un fragment unique venant parfaire une œuvre abstraite et émotionnelle, y insérant son énergie et sa personnalité. Emily, Jenny, Theresa et Stella nous livrent quelques morceaux de leur « cadavre exquis » avec une osmose des plus envoûtantes. Billie Holiday brillera cependant par son absence, mais peu importe, le groupe nous permet d’entrevoir ce que donnera The Fool, leur premier LP prévu pour le 25 octobre. Bees et Undertow lèvent ainsi le voile sur ce qui se ressent déjà comme un pur bijou. Mesdemoiselles, vous avez été l’obscure clarté de ce festival.

Le coup de cœur de Clara : Timber Timbre

À la Fédération Ukrainienne, l’éclairage se tamise, les conversations se taisent laissant place à un sentiment presque religieux. Les trois membres de Timber Timbre apparaissent sur scène, silhouettes distinctes baignées de lumière rouge : Taylor Kirk (le noyau du groupe) au chant et à la guitare, Mika Posen au violon et de Simon Trottier au latpsteel et à l’autoharpe. Ce soir, ce mystérieux groupe d’indie folk canadien nous démontrera que l’ambiance très particulière capturée sur leurs albums peut prendre une tout autre dimension lors de leurs prestations live. Until the Night is Over ouvre le bal, superbe morceau tiré de leur album éponyme sorti en 2009. Dans la salle, les spectateurs semblent retenir leur souffle. Sur la scène, les musiciens immobiles habitent pourtant la scène par leur présence et Kirk trône derrière une grosse caisse lui permettant de contrôler le rythme des chansons, de pair avec son jeu de guitare aux résonnances ténébreuses.

Puis, soudainement, un cri strident, presque animal retentit dans toute la salle et vient frapper une corde sensible. Chacun sursaute, certains ressentent l’envie de crier en retour, un frisson parcourt le public. Kirk nous tient sous son emprise, à la merci de ses cris et des coups de tonnerre qu’il produit en frappant sur sa guitare. Le tempo des morceaux live est d’ailleurs hautement aléatoire, le chanteur se permettant de ponctuer ses morceaux de longues pauses, suspendant certaines notes comme pour laisser la magie des morceaux emplir chaque silence. Après quelques chansons, le chanteur demande aux spectateurs s’ils ont des questions. Tout se passe-t-il bien ? Le rythme est-il bon ? Trop lent ? Le sérieux ironique de son intervention lui vaut une réponse d’un festivalier : « Slower! (Plus lentement !) » Quelques rires se font entendre, puis le charme continue à opérer. Après nous avoir livré Magic Arrow, Demon Host, Beat the Dead Horse et autres bijoux de leur répertoire, le trio nous entraîne au cœur d’une forêt perdue, où une multitude de chants d’oiseaux de superposent dans un enchevêtrement presque inquiétant. Le concert se termine par un encore mémorable, l’envoutement prenant fin sur une version revisitée et presque méconnaissable de There Is A Cure, hymne de rédemption qui se révèle très physique et organique. Au paroxysme de la soirée, la Fédération Ukrainienne se sera transformée en un lieu mystique, et alors que Kirk, accompagné de la litanie du violon et du lapstell, chantait le savoureux morceau intitulé Under Your Spell, c’était plutôt son public conquis qui semblait sous l’emprise d’un enchantement.

Un festival sans regret n’est pas un festival…

Comme lorsqu’un vinyle saute les morceaux d’un album… On regrette d’avoir manqué Bear in Heaven, The Dears, Deerhoof et Atari Teenage Riot.

Les BONUS de Pop

Sur les toits de Montréal avec Malajube

On se rappelle du concert audacieux de Malajube aux Francofolies en juin dernier. On retrouve le groupe dans un tout autre contexte, presque en intimité, sur le toit d’Ubisoft avec pour arrière-plan le Mile-End et les couleurs de l’automne qui s’emparent de la ville et de la montagne. Et ce soleil qui se couche lentement, laissant ses derniers et timides rayons illuminer une belle performance acoustique. « Montréal, t’es tellement froide ! » ne pouvait mieux se prêter à la situation tant le vent ne facilitait pas toujours la présence du spectateur. Mais peu importe. On connaît les chansons, mais le plaisir est sans cesse au rendez-vous. La magie de Pop Montréal est aussi de nous offrir ce genre de moment purement montréalais, froid et chaleureux à la fois.

Vidéo YouTube du concert

Puces Pop

Pour se remettre de ses émotions entre deux concerts, rien de tel que de chiner aux foires du festival. Puces Pop est divisé en deux volets : la foire d’artisanat et la foire du disque. La première est la plus grande foire d’artisanat indépendant à Montréal. Les jeunes designers émergents profitent de l’occasion pour présenter leur travail. Cette mosaïque de produits éclectiques se révèle intéressante, mais pas indispensable contrairement à la foire du disque. Les amoureux des vinyles peuvent y dénicher bien des petits trésors en s’armant de curiosité et de patience pour parcourir les importantes collections des disquaires indépendantes de la ville. D’un Bowie à 6$ à un Beatles édition japonaise à 50$, il faut avoir l’œil et la passion.

Projection Mogwai « Burning » en présence de Vincent Moon

Filmer un concert n’a jamais été chose aisée. Et ça n’a jamais intéressé Vincent Moon, connu pour avoir sorti les performances hors du lieu de la scène avec la Blogothèque et les Concerts à Emporter. Cependant, Mogwai le désirait et Moon s’est laissé aller à ce défi perdu d’avance, celui de retranscrire l’émotion d’un concert à travers un objectif de caméra. Mais voilà, Burning parvient à jouer sur nos sens et alors qu’on serait tentés de fermer les yeux pour se laisser aller à la puissance de la musique des Écossais, on perdrait les images, ces images d’un noir et blanc magnifique chargées d’une force inquiétante. Ainsi, Vincent Moon et Nathanaël Le Scouarnec subliment l’instant musical jusqu’à un final apocalyptique. En jouant sur les balances et les contrastes, à travers une narration abstraite et un montage mathématique, les deux réalisateurs filment de façon intelligente l’émotion et la musique pour le bonheur d’entendre nos cœurs battre.

Si vous prévoyez un séjour à Montréal l’année prochaine, on ne saurait mieux vous conseiller la période du début du mois d’octobre. Les couleurs sont belles et la musique est bonne.

From Montreal, with music and love of course.

Crédits photo : Eva Blue


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Site officiel : http://popmontreal.com/

A propos de l'auteur

Image de : "Si un homme traversait le Paradis en songe, qu’il reçut une fleur comme preuve de son passage, et qu’à son réveil, il trouvât cette fleur dans ses mains… que dire alors?"

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