« Dance Now » – Christine and The Queens au Nouveau Casino

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Après un DJset mené par Arthur King, la salle s’obscurcit à 21h pétantes, la voie est enfin libre pour Christine and the Queens. Comprenez, les Queens n’attendent pas.

Le Nouveau Casino est déjà plein à craquer, le public réceptif et la soirée peut vraiment commencer.
Avec une remarquable entrée en scène, la tête enveloppée de tulle pailleté, sur les premières notes de Starshipper, le ton est donné. Seule, élégamment vêtue d’un smoking noir et d’une chemise blanche; face à une salle comble, elle s’amuse d’avoir rempli la salle, elle, tellement habituée aux premières parties.

Christine7 S’enchaine un set aussi étonnant qu’évident, oscillant entre morceaux pêchus et mélancoliques. La scène devient un espace de jeu et l’écran derrière, le théâtre de nombreuses projections. Il s’agit souvent de représentations multipliées, véritables incarnations des caractérielles Queens qui dansent ou chantent (parfois les deux en même temps). S’ajoutent à ce beau monde des invités ponctuels: deux danseurs et un guitariste (aussi au clavier pour Nuit 17 à 52 – en rappel).

C’est ainsi que Christine ne se retrouve quasiment jamais seule. Be Freaky précède Cripple et les deux titres prennent sens en live. Au-delà de la chanson se met en place un véritable show, une chorégraphie étonnante qui emporte le public. Elle annonce qu’il n’y a « pas de dresse code, mais un dance code ». Wandering Lovers et Loving Cup, petites nouvelles (à découvrir sur l’EP prévu début juin) sont taillées pour le live. La guitare vient suppléer les lignes mélodiques de quelques morceaux choisis, leur conférant de ce fait un nouveau visage.
Après l’acclamation lors de l’intro de Narcisus is Back, c’est son visage en plan rapproché qui apparaît modifié comme à travers une flaque d’eau ou des miroirs déformants. De tous les effets mis en œuvre pour le spectacle, ce sont sans doute les clones sur l’écran les plus mémorables. À la façon des collages sonores dans ses EP autoproduits (Misericorde et Mac Abbey), la scène devient le théâtre de performances visuelles, entre projection et interprétation. Deux très beaux titres se glissent innocemment ne faisant qu’un dans ce set. Intranquilité et Chaleur Humaine viennent renforcer l’aspect toutefois intimiste de cette date parisienne.

Le pari risqué de la reprise en plein milieu de concert est relevé haut la main avec l’interprétation de Photos Souvenirs de William Sheller dans « une version R’n'B » pour reprendre les termes de l’intéressée.

Entre deux chansons elle s’amuse, « c’est si intense, mais je ne vais pas pleurer dès le début« , « ça fait concert de fin de carrière ça me perturbe. Allez, on continue!« . Imperturbable elle enchaîne les titres, danse avec beaucoup de classe, et nous rappelle de nombreux artistes (de Michael Jackson à Beyoncé) dont elle s’inspire. « D’ailleurs Beyoncé à Paris deux jours après moi, coïncidence? Je ne crois pas« . D’un naturel et d’un spontané incomparables, elle réussit à nous faire entrer dans son univers le temps de son set. Rien ne l’empêche d’y aller de son commentaire « ce soir tout fonctionne. Do you want to Kiss My Crass? » le public répond enthousiaste. C’est clair, il est conquis.

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Et quand, justement, sur Kiss My Crass elle plonge ses mains dans ses poches, pour les ressortir pleines de paillettes dorées, il s’abat sur les quelques chanceux au premier rang, une pluie brillante sur la fin du set. Il se fait tard. Le marchand de sable passe. Le Nouveau Casino vit un rêve éveillé, avec en toile de fond des paillettes dorées. Indéniablement : la magie opère. Pour les paillettes qu’il reste, la reine de la soirée en se plongeant la tête entre les mains, s’en recouvre le visage.

Douze titres pour cette date en tête d’affiche. Elle quitte la scène ses yeux malicieux pétillants: l’émotion certainement.
Une heure de concert c’est court, ça passe vite. Le Nouveau Casino se rallume dans un murmure. La salle semble d’accord, et prend rendez-vous pour les prochaines dates.

« Au petit matin c’est l’horizon qui penche« , ivres de tant de choses, de lumières et d’étoiles, la nuit semble terne, là où pourtant, les enseignes rue Oberkampf sont sûrement des plus colorées.

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A propos de l'auteur

Image de : Diplômée d'un Master 2 de Cinéma, musicienne de chambre, chanteuse de salle de bain, humoriste de placard, voyageuse par procuration, photographe amateur au regard amusé, monteuse intransigeante. J'ai un gros souci avec la couleur rouge et j'ai toujours un truc dans les cheveux. Oh, Boy! Manon, mais pas trop. *Twitter *Galerie

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