Dan Black – La conquête de L’Ouest

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Le talent d’un musicien se jugerait-il à son habileté à être un artiste complet ? Si tel est le cas, il serait difficile de ne pas concéder à Dan Black des prédispositions certaines et une fibre artistique excessivement développée.

C’est avec audace qu’il décide de composer un mashup en hommage au feu rappeur Notorious B.I.G., associant son morceau hypnotise aux beats du très célèbre Umbrella de Rihanna. Coup de génie puisque la vidéo de HYPNTZ est un succès tel qu’il se doit, pour des questions de droits, de recomposer les paroles et d’assigner son titre sous le nom de Symphonies. Dan Black gagne par conséquent en popularité et c’est sous le label Polydor qu’il sort son premier album solo ((UN)) courant 2009.

Producteur, compositeur, il travaille également sur de nombreuses mixtapes comme Pass That Head Noize ou Weird Science. Aurait-il le don d’ubiquité que cela ne nous étonnerait pas. Après avoir été désigné Single de la Semaine avec Symphonies par iTunes US fin 2009, son album ((UN)), ré-édité pour l’occasion, inclu un duo exclusif avec le rappeur américain Kid Cudi. Mais c’est dans sa version originale qu’il réussit l‘exploit de placer son single à la 40e place du Billboard’s Alternative Songs chart.

Suivi par une tournée US intense, il pose ses valises à Austin, Texas, à l’occasion du très renommé SXSW (South By South-West Festival, NDLR) pour une série de concerts. Ce rendez-vous musical compte parmi les plus attendus aux États-Unis et sa réputation tient en son incroyable capacité à produire des artistes du monde entier. C’est donc auprès d’une centaine de groupes locaux et internationaux tels qu’Idiot Pilot, Melissa Auf Der Maur, Motörhead, You Say Party ! We Say Die !, ou encore les frenchy de Cocoon qu’une place lui est octroyée.

Artiste passionné, l’intelligence de Dan Black réside certainement dans son époustouflante capacité à s’adapter à toutes les situations en insufflant une énergie qui lui est propre. Son univers acidulé associé à son flow proche du phrasé hip-hop agissent tel un vent de nouveauté au niveau de la pop actuelle. Revenant tout juste d’une tournée américaine, où sa wonky-pop a été accueille avec un enthousiasme certain, il profite de ces brefs instants de déconnexion pour prendre un peu de recul sur sa récente ascension. C’est avec spontanéité et habileté qu’il se confie sur ses projets à venir et qu’il revient sur son featuring avec Kid Cudi et sa participation au SXSW

Comment en es-tu venu à faire un featuring avec Kid Cudi ?

Image de Dan Black Dan Black : C’était un accident ! (rires) L’un de ses amis avait entendu quelques-uns de mes morceaux et il les a fait écouter un soir à Cudi. Cudi les a écoutés et a adoré et il m’a demandé s’il pouvait avoir la version instrumentale de Symphonies. Je lui ai donc envoyé. Il a enregistré quelques voix et deux jours plus tard il m’envoyait un email dans lequel il me disait qu’il avait adoré bosser dessus, car c’était super simple et aléatoire.

Est-ce que tu aimes ce qu’il fait en règle générale ?

Dan Black : Au niveau de Symphonies, j’ai adoré ! J’aime également ce qu’il fait en tant que musicien et je trouve que son single Day And Night est une tuerie !

J’ai appris que tu revenais des États-Unis, c’était comment ?

Dan Black : Incroyable, intense, massif et un peu interminable. (rires) C’est gigantesque comme pays et là-bas j’avais l’impression de travailler sans relâche. On était toujours short au niveau timing, mais c’était vraiment très sympa et amusant. J’y suis allé à l’occasion de ma tournée et c’était sans fin. Je suis allé un peu partout, New York, Chicago, Austin, Los Angeles, San Francisco, Miami…

Tu es allé au SXSW, non ?

Dan Black : Oui et encore une fois c’était intense ! (rires) On a joué pas moins de huit concerts en trois jours! C’était vraiment dément, mais ça faisait vraiment du bien même si c’était un peu rude.

Quel est le meilleur moment que tu retiens de cette tournée ?

Dan Black : Le SXSW et tout ce qui tourne autour de ce festival. Je m’y suis vraiment éclaté. J’aime la façon dont les choses y étaient condensées.

Est-ce qu’il t’es arrivé quelque chose de « fou » sur cette tournée ?

Dan Black : Le travail en lui-même ! (rires) Faire tous ces concerts, mon agenda était relativement dingue ! Je crois qu’en six semaines je n’ai eu qu’un seul jour de repos et tous les autres jours je les ai passés à bosser. C’était vraiment crevant ! Demain ce sont mes deux premiers jours de repos depuis près de deux mois donc je suis un petit peu fatigué. (rires)

Que penses-tu de ta popularité aux États-Unis ?

Dan Black : Tous les concerts que nous avons faits étaient complets, mais je ne sais pas, c’est vraiment difficile de juger. Il y avait presque 500 personnes à tous nos concerts, mais c’est compliqué pour moi d’avoir une perspective objective, car je ne connais pas les « taux » américains donc est-ce que pour eux c’est genre normal ou autre, je n’en ai strictement aucune idée. Je sais juste que sur le moment j’en profite à fond, mais dès que je prends un peu de recul je trouve ça relativement irréel. C’est vraiment difficile de me « jauger ».

Quels sont tes projets dans les mois à venir ?

Dan Black : Comme je te l’ai dit, j’écris pour plusieurs artistes et je compte continuer dans cette voie-là. Je vais également partir de nouveau en tournée outre-Atlantique dans deux ou trois semaines. Ça va vraiment être une tournée énorme. Tout l’été je vais être aux États-Unis puis en Australie et au Japon. Tout ça en même temps que je compose pour les autres alors je vais peut être essayer de me caler un petit peu de temps pour composer pour moi-même. (rires)

OK, ça va tout fonctionne plutôt bien pour toi à l’étranger, non ?

Dan Black : Oui c’est clair ! Et j’en suis vraiment reconnaissant !

Ton album a été réédité dans une version limitée, un peu collector, qu’est-ce qui le différencie de sa première version ?

Dan Black : Je ne suis pas vraiment impliqué dans ce genre de chose donc il faudrait voir directement avec mon label. Je pense qu’ils ont dû ajouter quelques remix et le featuring avec Kid Cudi, mais je ne l’ai pas vu donc je ne pourrais pas en dire plus, car c‘est différent en fonction du pays où c‘est sorti. J’étais aux États-Unis ces deux derniers mois et depuis que je suis rentré j’ai directement enchainé avec deux shows en France donc je n’ai pas vraiment eu le temps de vérifier ça, mais ça m’intrigue. Je pense que dès que je rentre chez moi je vais essayer d’en choper un. (rires)

Est-ce que tu travailles déjà sur de nouvelles chansons ?

Image de Dan Black Dan Black : Pour le moment je suis plus dans la production. Je fais pas mal de choses dans ce domaine et j’écris beaucoup pour des artistes relativement variés. C’est juste différent. Quand j’ai composé mon album, j’étais vraiment seul avec moi-même. Étant donné que je suis toujours à droite à gauche je bosse beaucoup avec mon pc portable et un micro, en envoyant des mails ou par téléphone. Mais si je dois parler en termes de ce que je fais actuellement pour moi, je n’ai pas vraiment le temps d’y penser à vrai dire et c’est vraiment relaxant. J’ai bossé sur une mixtape récemment c’est Weird Science elle est sur mon site et une autre aussi avec pas mal des remixes et des reprises, ça s’appelle Pass That Head Noize. Je crois que je l’ai joué d’ailleurs la dernière fois à La Maroquinerie.

Des Festivals de prévus cet été ?

Dan Black : En France ? Rien n’est moins sûr. Je ne sais pas trop ce que mon management a prévu, mais je l’espère. J’adore participer à des festivals français. Au niveau de l’étranger, oui puisque je pars aux States. Malheureusement, je ne peux pas faire le Coachella parce que c’est en ce moment même. C’est vraiment dommage…

Quelles sont les choses qui sont les plus importantes à tes yeux aujourd’hui ?

Dan Black : Essayer de ne pas devenir taré ! (rires) Trouver un peu de temps pour réfléchir et me reposer, c’est quelque chose de précieux. Je suis vraiment surexcité en ce moment parce que c’est quelque chose de rare et j’ai un peu de mal à trouver les mots pour l’exprimer. Je veux dire que c’est relativement inhabituel d’aller aux États-Unis pour une aussi longue tournée, puis de partir un peu partout dans le monde et y délivrer ma musique. C’est très excitant et je vais faire en sorte d’apprécier chaque instant !

Quelques groupes que tu aimes écouter en ce moment ?

Dan Black : JJ ! C’est un duo suédois ils ont sorti deux albums je crois JJ n°1 et JJ n°2. J’adore écouter ça en ce moment. J’aime aussi Dada Life. Ils ont fait un remix de Symphonies qui est vraiment pas mal.

Un petit aparté, mais ce qui t’a relancé c’est cette vidéo « maison » de Symphonies, tu peux nous en dire plus ?

Dan Black : Elle a été faite un peu partout pour tout te dire. Indonésie, Hong Kong, Londres, Paris… J’étais en vacances avec quelques amis tout un été et j’avais cette chanson sur mon téléphone. C’était parti sur un délire à la base juste de mettre en route la chanson sur mon téléphone et de chanter Symphonies comme ça. Juste moi avec la caméra. C’était assez drôle en définitive ! (rires)

Comment tu te sens juste avant de monter sur scène ce soir ?

Dan Black : j’aime jouer à Paris, je vis aussi à Paris, donc c’est toujours un peu particulier quand je joue ici. Je suis très excité ! (rires) On a changé la setlist depuis la dernière fois histoire de garder un certain intérêt, c’est celle qu’on a jouée aux États-Unis donc ça va être un set à l’américaine ce soir ! (rires) Je me sens relax et je suis vraiment content de faire un concert parce que c’est ce que j’aime !

Une petite info de dernière minute concernant ton prochain single ?

Dan Black : je pense que ce sera Pump My Pumps ou U+Me. Pourquoi pas Life Slash Dreams… J’adore ce morceau aussi ! On va le jouer ce soir d’ailleurs. On a le droit à un show de près de 50 minutes donc on croise les doigts et tout devrait bien se passer !

Crédits photo : Phil Abdou

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

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