CSS

par Polly|
Si la France ne connait pas encore très bien CSS (Cansei de Ser Sexy, comprenez "Marre d’être sexy") groupe Brésilien presque entièrement féminin, il est pourtant facile de comprendre le message de Luiza et Ana, les guitaristes du groupe. Nous sommes les jeunes des temps modernes, on parcourt le monde, on boit et on vote Obama. Une vraie conversation entre copines...

Le nom de votre groupe est tiré d’une citation d’une interview de Beyoncé. Pourquoi ce choix ?

css1 Luiza : Parce que c’est drôle.

Ana : A l’époque ce n’était qu’une blague. Ce n’est rien de très sérieux, ça a juste pris des proportions démesurées. Mais ça ne signifie rien de particulier.

Alors vous n’en avez pas réellement marre d’être sexy ?

Ana : Non pas vraiment.

Luiza : C’est vraiment à prendre au second degré.

Avec des chansons comme Meeting Paris Hilton ou I wanna be your J-Lo vous semblez avoir quelque chose contre les célébrités…

Ana : Non, je les adore au contraire. Je trouve ça marrant que les gens soient tellement intéressés par eux. C’est comme la nouvelle religion. Nous ne sommes pas comme les gamines de 15 ans qui rêvent d’être Britney Spears, mais le star système m’intéresse beaucoup.

Alors vous vous intéressés aux ragots rapportés dans les journaux ?

Ana : Complètement !

Comment définiriez-vous votre musique ?

Luiza : Pop-rock !

Les médias la définissent plutôt comme Electro-pop rock…

Luiza : Je n’aime pas ce nom.

Ana : Oui nous n’avons pas vraiment d’influences électro. Nous sommes plutôt un groupe pop, c’est juste que les gens se forcent à essayer de vous ranger dans des cases auxquelles vous n’appartenez pas vraiment.

Luiza : Ça dépend aussi de l’album. Le premier sonne plus comme si on l’avait mixé sur ordinateur.

Ana : Nous ressemblons plus à du Destiny’s child qu’à quelque chose issue du sound system.

Quels sont les groupes avec lesquels vous avez grandi ?

css2 Ana: L7, Nirvana, Pixies, Madonna . Plutôt du rock et un peu de pop.

Luiza : Mais ce que les ados écoutent peut tellement varier d’un mois à l’autre. C’est comme ça qu’on se fait une culture musicale.

N’est ce pas compliqué pour Adriano d’être le seul homme dans ce groupe de fille ?

Ana : Non, parce qu’on ne fait pas vraiment de différences entre lui et nous. Il n’y a rien de compliqué ou d’ambiguë.

Luiza : Nous sommes un groupe ! Nous sommes tous des membres du groupe. Le reste ne compte pas.

Quel était le meilleur endroit où vous avez joué ?

Ana : C’est une question difficile. Il y a eu tellement de shows terribles. Ce n’est pas parce que nous sommes aujourd’hui en France, mais les shows ici sont plutôt incroyables. On a tellement de chance, de pouvoir voir tant de pays. On a déjà joué près de 400 fois.

Luiza : Ça ne serait pas juste de n’en choisir qu’un. Mais j’ai vraiment un excellent souvenir des Eurockéennes . Mais il y a tellement d’endroits incroyables, comme le Japon.

Comment définiriez-vous le public français ?

Luiza : Marrant, les gens sont dingues, très expressifs.

Ana : Ils sont dingues, mais très respectueux. Ils ne jettent rien sur scène contrairement aux Écossais qui nous couvrent de bière. A la fin de notre premier concert à Paris, il y avait plus de gens sur la scène que dans la fosse. Je pensais que les français seraient plus réservés mais pas du tout ! Ils sont déchainés, mais gentils.

Et le public américain ?

Luiza : Ce sont plus des rockeurs. Ils ne dansent pas.

Ana : On en voit beaucoup qui sont complètement bourrés et on ne sait pas vraiment si c’est nous qui les amusons car ils s’amusent quoi qu’il arrive. Ce que je comprends totalement.

Votre line-up a pas mal changé ces derniers temps. Des membres sont partis. Que s’est-il passé ?

article_css Ana : Les gens ont quitté le groupe pour suivre d’autres projets.

Luiza : Nous nous sommes formés vraiment naturellement et les gens qui nous ont quittés sont partis tout aussi naturellement car ils ne s’impliquaient pas à fond dans CSS mais avait toujours d’autres projets parallèles.

Ana : C’était ce qui avait de mieux pour eux. Notre line-up actuel est le meilleur que nous n’ayons jamais eu.

Vous êtes certainement touchés par le téléchargement illégal. Est-ce que vous en souffrez ?

Ana : Non, car aucun artiste ne fait d’argent sur la vente de ses CDs sauf s’il en vend des millions ou s’il s’appelle Metallica . Internet est un truc merveilleux, car les gens viennent à nos concerts parce qu’ils nous ont découverts comme ça. Franchement qui mettrais 20 $ dans un CD quand on sait que la maison de disque a mis 6 cents à le produire et que l’artiste n’en touchera que 5 à 10 % ? Il n’y a que Madonna et Coldplay qui peuvent se le permettre.

Une réaction à propos du nouveau président des États-Unis ?

Elles applaudissent.

Luiza : C’est mieux pour tous les artistes. Pour le monde entier. Les choses vont rentrer dans l’ordre maintenant. C’est bien d’être jeune et d’avoir de nouveau espoir.

Ana : J’avais très peur de cette Sarah Palin . Mais j’ai réalisé que les Américains étaient moins bêtes que je ne le pensais. J’espère que ça pourra arranger la relation entre Les USA et le Brésil, qui ressemble à celle que la Chine entretient avec la Russie. Obama est un vrai espoir pour tous les Brésiliens.

CSS – Live à la Laiterie de Strasbourg (05.11.08)

Lorsque LoveFoxxx de son doux surnom débarque sur scène en combinaison à fleurs et deux gros sourcils turquoises en guise de maquillage, le ton de la soirée est donné. Le groupe annonce d’entrée la couleur sur Jager YogaWe came here to take you out .. » avant d’enchainer ses chansons les plus efficaces, toutes taillées pour la scène.

On ne s’ennuie pas une seule seconde. « Do you like the Beach, bitch ? » l’hymne à Paris Hilton est repris au choeur par un groupe qui a également l’air d’être très calé en chansons à boire. Car oui, on l’aura compris, nos brésiliennes sont portées sur la bouteille. « What’s your favorite drink ? » questionne Lovefoxx . Les français répondront ce soir « Bière ». L’Allemagne n’est pas loin.

Lovefoxx, on ne voit qu’elle. Elle éclipse tout, accapare tous les regards. Incomparable mais certainement copine avec Beth Ditto de The Gossip, elle mime son texte, donnant enfin son sens aux paroles pour ceux qui auraient abandonné l’anglais au collège. Hilarante. Les brésiliennes n’ont d’ailleurs rien à envier aux américaines, à la fois plus fraiches, plus lumineuses et plus énergiques, elles semblent tout simplement plus proches de nous. Comme des vieilles copines.

Des copines, donc… Des rires, des ballons, des paillettes, des chansons faisant l’apologie de l’alcool. Une vraie fête d’anniversaire. Il ne manquait que le gâteau.

Setlist

Jager Yoga / Meeting Paris Hilton / This Month, Day 10 / Left Behind / Off the Hook / Rat is Dead / Move / Music is my Hot Hot Sex / Give up / Beautiful Song / Alcohol / Let’s Reggae All Night / Air Panter / Let’s Make Love and Listen to Death From Above / Alala

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1 commentaire

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  1. 1
    Pascal
    le Vendredi 14 novembre 2008
    Pascal a écrit :

    « Ça dépend aussi de l’album. Le premier sonne plus comme si on l’avait mixé sur ordinateur. »

    C’est très exactement la raison qui me pousse à préférer de loin Donkey au premier album…

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