Courtney Barnett ou la gouaille australienne | 14.02.2014 | Divan du Monde

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Quelques jours avant la sortie de The Double EP A Sea Of Split Peas , Courtney Barnett était à Paris pour un set court mais trippant.

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C’est avec son titre Avant Gardener qu’on a découvert Courtney Barnett, une ballade désabusée qui n’est pas sans nous rappeler son cousin de folk Kurt Vile. Mais Courtney Barnett n’est pas Américaine, elle est Australienne. « It’s 40 degrees and I feel like I’m dying » lâche-t-elle avec un effet de réverbération et des guitares qui s’épanchent comme un sorbet qui fond : est-ce la torpeur de son pays d’origine qui rend son phrasé si traînant ? Malgré son côté détaché et distant, la jeune femme est bien présente et authentique sur la scène du Divan du Monde à l’occasion d’En Attendant Les Femmes S’En Mêlent, une sorte de teaser du festival qui aura lieu fin mars/début avril et mettra encore une fois à l’honneur des artistes féminines.

Bien que peu assurée, Courtney peut compter sur un bassiste et un batteur qui, discrets, ont notamment une fonction de support moral et énergisent le set. La frange savamment en désordre, le regard trahissant son trac, elle entame ses contes de la banalité hypocondriaque du quotidien, une vie de post-ado musicienne dans une banlieue fleurie de Melbourne. Peu à peu, la timidité laisse la place à un air de défi et une gouaille assumée. Le contraste entre son écriture sans fard et ses airs de ne pas y toucher est particulièrement savoureux.

Le public, peu nombreux, est composé d’afficionados : Avant Gardener et History Eraser, avec ses accents surf rock, sont accueillis par des cris de joie. « Are some of you on a date tonight ? » harangue le bassiste. Son « Say Happy Valentine’s Day, Courtney ! » est accueilli assez fraîchement par l’intéressée. Anonymous Club, interprétée la voix sur le fil, sera sa contribution au romantisme ambiant. Le reste des titres invoque plus souvent pragmatisme et besoin de se défouler que des sentiments fleur bleue. « Should get married, have some babies, watch the evening news » ? Sur l’ironique Look After Yourself, le conformisme en prend pour son grade. Si une bonne pointe d’humour apparaît sur le badin Lance Jr, un brin de folie supplémentaire aurait pu emporter le concert plus loin. On espère recroiser Courtney Barnett un peu plus agguerrie dans quelques mois.

Les titres joués ce soir sont extraits de deux EP bientôt réunis en un : I’ve Got A Friend Called Emily Ferris (2012) et How To Carve A Carrot Into A Rose (2013), l’ensemble apparaissant comme « sold out » sur le Bandcamp de son label de Melbourne , Milk Records. Un succès qui laisse présager, on l’espère, une belle percée en Europe.

 

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Site officielhttp://courtneybarnett.com.au/

Les Femmes s’en Mêlenthttp://www.lfsm.net/

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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