Coups de coeur des Jeunes Charrues 2010

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Alors que la rentrée se profile à l'horizon, quoi de mieux que de revenir un bref instant sur deux des coups de cœur de l'édition 2010 des Jeunes Charrues qui même s'ils n'ont pas remporté le tremplin auront fait preuve d'un bel enthousiasme et d'une grosse envie d'en découdre.

Moongaï est une jeune pousse déjà bien expérimenté, un paradoxe qui nous offre une électro-pop travaillée inspirée de la french touch française, mais façon intimiste.

Jouer aujourd’hui aux Vieilles Charrues, ça doit sûrement donner quelques frissons ?

Éva : On profite de regarder le site, voir quelques concerts. On est forcément content d’être sur la scène Xavier Grall, pour nous c’est mythique. On était dans le public quand on avait 18 ans, et là on passe de l’autre côté de la barrière.

Vous êtes un couple sur scène et en dehors, garde-t-on ce lien de couple dans les deux situations ?

Éva : Aujourd’hui, ça fait huit ans qu’on travaille ensemble donc on arrive très très bien à faire la différence. Les gens qui travaillent avec nous remarquent bien qu’ils ont affaire avec deux entités bien différentes. C’est plutôt agréable pour eux d’ailleurs. Après ça nous permet de nous comprendre dans le travail, on a une culture commune, y compris musical. Et puis si ça fait huit ans qu’on travaille ensemble, c’est sûrement que ça doit bien marcher.

Moongaï est souvent défini par le terme d’électro-pop, c’est une étiquette qui vous convient parce que finalement vous touchez un peu tout ?

Grégoire : À la base, je viens du jazz avec des années de conservatoire, puis j’ai dévié par des groupes de hip-hop et indé, puis vers des milieux plus electronica. On aime plusieurs styles musicaux et dès que quelque chose nous plaît, on l’écoute quelque soit l’étiquette musicale. Je pense qu’aujourd’hui il faut savoir multiplier les influences et les styles musicaux. C’est dans le mélange qu’on arrivera à se créer une identité.

C’est justement assez paradoxal ?

Grégoire : Oui, mais on est ce qu’on écoute musicalement. Je pense que c’est pareil pour Éva, il y a cette espèce de présence divinatoire qui vient t’insuffler l’inspiration créative. On aime et on écoute plein de choses, donc ça finit par se ressentir personnellement

Éva : Je pense que le fil conducteur ce sont aussi les textes des chansons. Après, je ne crois pas qu’on se fixe des limites sur le tapis musical

Grégoire : De toute façon, il ne fallait pas nous demander à nous de coller l’étiquette électro-pop. Pop parce que ça sonne bien, on a envie d’une musique accessible grand public, parce que ce sont des chansons, et électro parce que c’est fait à partir des machines. Après, les gens peuvent aussi poser des étiquettes selon les styles musicaux qu’ils retrouvent à l’intérieur.

Justement, est-ce qu’on retrouve vos influences dans les chansons ?

Éva : Bah si un riff de guitare de Radiohead me plaît, je ne vais pas me dire « tiens je vais pomper son riff et le mettre dans telle chanson », mais plutôt un mélange. Moi je lis beaucoup, donc les influences peuvent aussi venir des textes.

On rebondit alors sur la question de la formation, puisque toi Éva tu es de formation sociologue, est-ce que ça joue dans les paroles ?

Éva : J’espère oui ! Je ne pense pas que ce soit en sociologie que j’ai lu les plus beaux textes, mais plus ce qu’on a appris. La sociologie est importante pour le regard qu’on peut porter autour de nous. Après ce sont aussi les lectures extérieures qui ont un rôle.

Donc il n’y a que toi dans les paroles, ou Greg porte aussi un regard ?

Éva : Oui Greg il a un regard musical sur le texte, il me dit que tels mots ne sonnent pas avec tels sons. J’aime avoir son regard ensuite, donc on en discute.

Grégoire : On a nos zones de prédilections, donc au bout d’un moment on confronte. Si je compose et que le sujet ne va pas du tout, je lui dis. À l’inverse, elle peut venir me dire ce qu’elle veut par rapport aux textes. Il faut qu’on soit en phase, sinon ça va à la poubelle.

Et vous arrivez facilement à être en phase.

Éva : Oui, sinon je pense qu’on ne travaillerait peut-être pas ensemble.

Grégoire : C’est un avantage, on vit les mêmes choses quotidiennes donc au bout d’un moment on arrive à être en phase. On partage les mêmes choses. Par exemple, en ce moment, j’écoute un peu de folk parce que c’est un univers que je connais mal, et du coup, je partage aussi mes coups de cœur avec elle. On a les mêmes gouts au même moment, donc pour la création musicale, ça facilite les choses.

Éva : De toute façon, deux personnes qui vivent ensemble depuis longtemps finissent par se ressembler (rires).

Vous avez tourné avec vos différentes formations dans le passé un peu à l’étranger, avec Moongaï ça reste encore en Bretagne, du coup comment ressentez vous la réception du public parce que c’est votre région ?

Grégoire : Pour être franc, on ne sait pas ce que c’est trop Paris, mais on y sera en septembre. En Bretagne, le public est moins difficile. À l’étranger, c’est différent, un autre engouement. J’aime beaucoup le public anglais et irlandais.

Justement, ça doit pas mal ressembler au public breton ?

Éva : Oui, c’est clair !

Grégoire : Oui, c’est sûr, mais le fait ne pas être en Bretagne et donc ne pas jouer devant son public, ça n’a pas la même dimension.

Dernière question, est-ce que vous portez un regard sur la scène française actuelle ?

Éva : Il y a des choses très bien comme Revolver. Des plus vieux comme M ou Arthur H.

Grégoire : Moi j’aime beaucoup plus Air ou Phoenix qui ont des influences plus anglo-saxonnes. Je suis curieux de découvrir la culture française au niveau musical. Sur la scène électro, il y a du bon comme la French Touch avec Daft Punk ou Justice. Même aujourd’hui, avec des gars comme Mr Oizo ou Vitalic, on a une belle scène.

Éva : J’aime beaucoup la musique instrumentale donc ça me va. D’autant plus qu’au bout d’un moment, écouter juste des chansons à textes, ça peut devenir lourd.

Lyse

Que ce soit sur scène ou en dehors, les Vannetais de Lyse auront montré de très bonnes choses. Bref entretien avec Rencontre ces petits rockeurs déjà bien talentueux, à qui il ne manque plus qu’une étincelle pour faire partir le brasier.

Alors comment ça va les gars ?

(Grands sourires) Bah ça va super, à quelques minutes du show, rien de mieux quoi. On a hâte.

D’où vient le nom de Lyse pour ce groupe ?

Alors la lyse, c’est une destruction cellulaire donc c’est un petit clin d’œil un peu rock’n’roll à notre passé d’étudiant, puisqu’on était en sciences à l’époque, on était un peu geek. C’est court et ça tape un peu.

Ça fait un peu Muse d’ailleurs ?

Ouais aussi, d’autant plus que c’était un groupe qu’on écoutait à nos débuts et qui reste dans nos influences.

Justement, vos influences musicales ?

Queens of the Stone Age, c’est la principale. Côté chant français, ça va de Brel à Deportivo, des choses comme ça.

Les influences sont forcément différentes entre les membres ?

Oui on peut dire ça. Moi j’écoute des trucs un peu indé dans des groupes bretons. On essaye de toucher dans l’indé et en même temps on veut toucher un peu plus grand public sans rester cloîtrer dans une espèce de style. On mélange les influences, donc ça ne donne jamais vraiment la même chose.

Vous avez tourné en première partie de groupes comme Shaka Ponk ou Deportivo, qui sont au fond assez différents. Vous arrivez à vous situer au milieu de ce genre de groupes ?

On a fait aussi Luke par exemple. On nous met là-dessus parce que nous on est dans un style rock power presque bourrin, mais Lyse ça reste du rock chanté avec de la mélodie, ça ne hurle pas quoi, ce n’est pas hardcore du tout. L’idée c’est qu’on est dans une énergie un peu près cohérente, nous on ne correspond pas à Shaka Ponk, mais par contre ce groupe sur scène, c’est un bulldozer. Nous en gros, on nous met là pour chauffer le bordel, et comme nous on aime foutre le bordel, on y va quoi.

Quand vous tournez en Bretagne justement, comment vous sentez la réception du public ?

En fait, c’est la première fois qu’on tourne en centre Bretagne puisqu’on fait les côtes en général c’est assez paradoxal. On vient de Vannes, donc du coup, on ne nous connaît pas beaucoup, mais il y a de la curiosité de la part des Bretons ici, ça, c’est sympa. C’est beaucoup moins froid qu’ailleurs.

Comme Paris par exemple et votre date au Klub ?

Oui on avait été là-bas pour la promotion de l’album, ce n’est pas la même ambiance. On a aussi été à Chalons-en–Champagne près de Reims. On a joué à Bordeaux, pareil c’est un peu froid. Dans les grandes villes de toute façon, l’accueil est plus froid. Les gens savent que si t’es là c’est parce que ce que tu fais ça dépote déjà, donc il y a moins d’effet de surprise et plus d’attente qu’à Brest par exemple.

Tourner aux Vieilles Charrues, ça doit faire quelque chose pour vous ?

C’est très cool, on est très heureux. Mais c’est pas une fin en soit, on veut séduire le public ou taper dans l’oreille de certains professionnels, parce que nous on s’encadre nous-mêmes. On est là sur les quatre jours pour rencontrer des gens, il y a plus de 600 professionnels sur ce festival, donc on a l’intention d’en profiter un max. C’est un bon tremplin c’est clair. On n’est pas venu pour gagner, mais on est là pour faire le meilleur concert possible. C’est une reconnaissance de les gagner.

Parlant de tremplin, vous participez aux Jeunes Charrues, un tremplin semblable à ceux qui sont déjà à Rock en Seine ou aux Eurockéennes, ça donne envie ?

On imagine pleins de choses, nous l’idée c’est de se développer et de devenir professionnel que notre nom soit reconnu et suivi par un public. Forcément que Rock en Seine ça fait rêver, on ne pourrait pas cracher dessus. Mais il y a des choses avant ça…

Jouer sur la même scène qu’Airbourne ?

Ah ça c’est quelque chose, c’est énorme ce qu’ils font. On espère les croiser, faut boire des bières avec ces mecs là. On ira voir leurs concerts, on sera comme des groupies devant la scène, c’est juste énorme de jouer avec des murs d’amplis.

Du côté de l’album, les paroles sont en majorité en français et parfois en anglais. Pourquoi ne pas choisir une langue directrice clairement ?

En fait on chante en français, mais le problème c’est qu’il y a des textes qui on été écrits par nous, mais pour d’autres formations et dont certains sonnaient très tubes et s’adaptaient à l’anglais, donc ça sera con de s’en priver pour nous. Après pour le changer en français et qu’il ne soit pas bon ça sert à rien. Mais notre vraie volonté c’est d’écrire en français. On s’apparente à des groupes comme Queens of the Stone Age, mais on se rajoute l’exercice de chanter en français avec une bonne musique pour envoyer le boulet. La voix est un instrument à part entier, c’est un rock chanté en français.

Il y a déjà un album, mais quel est l’avenir proche de Lyse ?

Des festivals comme le Pont du rock avant Izia et Archive, le Festival Interceltique de Lorient (du 6 au 15 août), ou celui de Saint-Nolff (samedi 11 septembre). À court terme, c’est un second album qu’on voudrait, les nouveaux morceaux sont là, mais il faut de l’argent.

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En savoir +

L’édition 2010 du tremplin des Vieilles Charrues aura été remporté par Octopus (http://www.myspace.com/octopustheband)

Lyse : http://www.myspace.com/lyseonline
Moongaï : http://www.myspace.com/moongai

A propos de l'auteur

Image de : Christopher (ou Cine-emotions dans le sévère monde de la critique), encore étudiant en Histoire Culturelle et Sociale, prépare actuellement son mémoire sur le rock britannique. D'ailleurs il est un amateur de musique rock, le genre qui envoie et qui en même touche au plus profond, de Muse à Marilyn Manson en passant par Radiohead et bien d'autres. Son dada : le rock britannique dans toute sa splendeur. Sinon, Chris est aussi (et surtout) un amoureux du cinéma (du drame au film d'horreur en passant par le film historique), qui tente d'exposer son avis à travers ses critiques qu'il espère pertinentes. Son rêve : devenir journaliste, et si possible dans les deux domaines qu'il vient de citer. Sinon, Chris est aussi un amoureux de la vie, et il aime quand la curiosité vient frapper à sa porte. Il se fait actuellement les dents (ou les doigts) sur Discordance et sur son blog.

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