Corps à Cordes, le Quatuor au Théâtre des variétés.

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Entre concert et théâtre, le Quatuor mêle avec finesse et subtilité humour, musique et poésie, pour proposer un spectacle pour le moins surprenant, au théâtre des variétés.

quatuorQuatre hommes, certes habillés en costume queue de pie, mais encore à l’état primitif, débarquent dans une forêt. D’étranges objets en bois sont disposés sur scène. Intrigués, ils les saisissent, les manipulent, les caressent, jouent avec, jusqu’à ce qu’un son en sorte. C’est l’éveil. L’apparition de la musique.

S’en suit une série de sketchs, dans lesquels ces quatre virtuoses revisiteront le panorama musical à leur façon, de Mozart à Metallica et de Vivaldi à Bob Marley . Mais soyons bien clair : la représentation de ce soir n’est pas un concert, car ces musiciens sont aussi acteurs. On s’amusera ainsi de leurs mimiques, leurs jeux de mots, leurs disputes (lorsqu’ils veulent tous s’asseoir sur le même siège durant la chaise musicale) ou de leurs délires (l’utilisation de peignes comme archet au cours d’une vieille balade italienne),.

La mise en scène d’ Alain Sachs permet d’exploiter au maximum les prouesses techniques de ces quatre déjantés, comme pour l’interprétation remarquable de La Grange ( ZZ Top ), où les quatre musiciens jouent sur un unique violoncelle en se poussant du coude pour y apporter leur grain de sel (basse, percussion.).

Le décor simpliste, voire minimaliste (projection du décor de forêt sur le mur du fond, et quatre chaises) permet d’aller à l’essentiel et de se concentrer sur ces quatre doux dingues, grâce notamment à une excellente utilisation de l’espace, qui rend ce spectacle très vivant.

Ces « frères Jacques » de l’archet savent aussi chanter, danser et faire rire, comme lors d’un voyage en Espagne riche en péripéties. Le public participe également, avec un karaoké reprenant les standards de la chanson française. On appréciera particulièrement la séquence sur la prière des différentes religions, et la musique allant de pair avec les diverses manières de louer son dieu.

Le rythme un peu décousu, le jeu d’acteur parfois surjoué des musiciens, notamment dans La leçon de violon, où un maître franco-italo-allemand apprend à ses élèves indisciplinés à bien tenir son instrument, peuvent par moment agacer, mais qu’importe car dès que la musique et l’humour reprennent leurs droits, on retombe très vite sous le charme du spectacle.

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Corps à cordes Le Quatuor
Mise en scène par Alain Sachs

Du 22 septembre 2009 au 10 janvier 2010, puis en province
Théâtre des Variétés
7, Boulevard Montmartre
75002 Paris

Renseignements et réservations : 01 42 33 09 92
http://www.theatre-des-varietes.fr/

Avec : Jean-Claude Camors, Laurent Vercambre, Pierre Ganem, Jean Yves Lacombe

A propos de l'auteur

Image de : Martin Jeanjean est né en 1988 à Fontainebleau. Après être passé par le piano et la clarinette, il tombe amoureux de sa guitare, qu'il ne lâchera plus jamais, même après la Fin des Temps. Passionné d'art et de scène, il devient chroniqueur de théâtre pour Discordance, parce-que c'est franchement super cool. Egalement poète, il publie dans les revues "Borborygmes" et "Verso", et compte gratifier cette époque des poèmes qu'elle mérite; ce qui, croyez-le, n'est pas une mince affaire!

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 21 octobre 2009
    austruy a écrit :

    J’ai vu le spectacle samedi dernier et c’est vraiment trés bien.

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