Control

par Trots|
Rock’n’roll is suicide, c’est bien connu. Ian Curtis, chanteur du groupe anglais de cold wave Joy Division, n’a pas échappé à la règle. C’est bien pour ça qu’un biopic s’avérait indispensable. Parce que Joy Division, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, reste une référence incontournable. Presque un mythe.

control Anton Corbijn, photographe et réalisateur hollandais, spécialiste des univers visuels (clips, photos, pochettes) de Depeche Mode, Nirvana, the Killers et autres Nick Cave and the Bad Seeds, n’aurait pas pu rêver meilleur sujet pour son premier long métrage directement inspiré du livre de Deborah, la femme de Curtis : Ian Curtis et Joy Division, histoire d’une vie .

La rapide descente aux enfers d’Ian, propulsé aux sommets à la sortie de l’adolescence, lui fait perdre tout contrôle sur sa vie. Ses quasi-transes sur scène et ses crises d’épilepsie ne sont que le reflet des secousses qui bouleversent son univers rigide de trop jeune marié. Curtis s’élève, aime, souffre, chante, hurle, déteste, fuit, revient et finalement retombe vers sa propre fin, nette et sans bavures.

Le tout est agrémenté d’une splendide photo noir et blanc, soulignant tour à tour la beauté envoûtante du personnage joué par Sam Riley (très classieux en imper noir à col relevé) et des femmes qu’il aime (incarnées par Samantha Morton pour Deborah et Alexandra Maria Lara pour Annik), ainsi que les rues sordides de Manchester, et ses tortures personnelles, sur scène ou plus intimes.

Mais finalement, Control ne serait rien sans la musique qui l’enveloppe étroitement. Chaque moment du film est porté par le morceau idéal, qu’il soit d’ Iggy Pop, David Bowie, les Buzzcocks, Velvet Underground, the Killers ou Brian Ferry . Sans parler des basses ennivrantes du groupe lui-même, dont les titres sont interprétés par les propres acteurs, avec la participation de New Order . Sam Riley a énormément travaillé sur la gestuelle et les intonations de Curtis, et le résultat s’avère surprenant d’authenticité.

On en ressort avec un peu de nostalgie, et une folle envie d’aller s’enfermer pour écouter Love will tear us apart en boucle.

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Site officiel: www.control-lefilm.com

Myspace: www.myspace.com/controlfilm

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1 commentaire

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  1. 1
    le Samedi 17 novembre 2007
    Vincent Bidule a écrit :

    Je suis partagé par Control. La réalisation et l’interprétation sont superbes, mais l’histoire sentimentale entre Mr et Mme Curtis prend trop de place au détriment de l’histoire du groupe. Néanmoins ça permet à beaucoup d’enfin découvrir ce grand bonhomme.
    Un vrai documentaire sur le groupe a aussi été réalisé cette année, espérons qu’il soit diffusé massivement.

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