Combichrist au Nouveau Casino

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En dépit d’une expatriation forcée un jour de fête nationale, les Combichrist n’ont rien perdu de leur énergie lors de leur concert de lundi dernier sur la scène du Nouveau Casino à Paris. Discordance retrace pour vous la chronologie des évènements.

4 julllet 2011. Paris

19h30 : Les portes du Nouveau Casino s’ouvrent, laissant le passage à des fans de plus en plus nombreux depuis le passage de Combichrist en première partie de Rammstein lors de leurs deux concerts à Bercy en décembre 2009. Si le quatuor désormais quintette mené par Andy Laplegua bénéficiait déjà d’une petite notoriété underground, les néophytes se sont intéressés en masse à leur musique indus tapageuse suite à leur excellente prestation en chauffeurs de salle. Leur professionnalisme combiné aux excentricités scéniques et bloguesques de Joe Letz – l’un des deux batteurs – ont contribué depuis lors à faire de Combichrist l’un des groupes électro/indus les plus plébiscités du moment. Parmi les troupes réunies devant la salle, on compte déjà un nombre significatif de jolies jeunes filles très lookées – signe incontestable d’une notoriété montante.

19h45 : Alors qu’Harvard Ellefsen alias Mortiis déambule déjà sur scène en bon zombie dégingandé recouvert de farine, Joe Letz et Trevor Friedrich s’interrogent autour d’une crêpe Nutella/sucre (hommage culinaire probable à l’Amérique en ce 4 juillet) sur la raison pour laquelle la salle, plus petite encore que le Divan du Monde où ils ont donné leurs deux précédents concerts français, s’appelle le Nouveau Casino. Notre manque de culture étant flagrant, nous n’avons guère de réponse à leur apporter, pas plus que lorsqu’ils s’interrogent sur la raison d’être des sacs-besaces dont la bandoulière ressemble à s’y méprendre à une ceinture de sécurité. La pression n’est pas très haute, mais l’ambiance est bonne !

20h00 : A peine entrés dans la salle, nous avons le temps d’écouter quelques morceaux de Mortiis seulement avant que le groupe ne quitte la scène – ce qui est regrettable car en dépit d’un certain manque d’originalité dans ce qui reste de l’indus pour le moins classique, le son est impeccable et souligne l’équilibre entre le chant – qui passe très rarement le cap du hurlement – et une mélodie sombre parfois mélancolique.

20h30 : Le temps de terminer l’installation des instruments, Combichrist fait son entrée en scène avec une surprise de taille pour ceux qui n’avaient pas suivi l’évolution outre-Atlantique du groupe qui ne compte désormais plus quatre membres mais cinq, avec l’arrivée d’un guitariste qui, comme il l’expliquera après le concert, s’impose désormais comme un membre permanent. De quoi désarçonner les fans du groupe, habitué à une line-up explosive insistant d’ordinaire sur la batterie (un batteur et un percussionniste) intensifiée par les hurlements tonitruants de Laplegua, le tout à peine adouci par le clavier.

Dès l’intro (Shut up and swallow), on se rend compte que le rythme martial et les beats martelés auxquels nous sommes habitués n’ont pas perdu en intensité. Le son est beaucoup plus intéressant que lors de leur dernier concert au Divan du Monde et l’apport du guitariste – aussi bien au niveau instrumental que scénique – s’avère être une excellente surprise.

L’énergie du groupe est aussi communicative que d’ordinaire ; le public enchaîne les slams, les plus audacieux terminant sur scène se faisant continuellement remercier d’un coup de pied amical de Laplegua qui fait les cent pas sur sa scène et enchaîne des grimaces à la Joker. Les jeux de Trevor Friedrich et Joe Letz sont toujours aussi impressionnants – le second n’épargnant pas sa batterie en faisant valser caisses et cymbales en guise d’intro à l’ultime rappel : « Hey you, what the fuck is wrong with you ? ».

Seul petit bémol, la set-list un peu courte, même si elle a l’avantage d’être efficace en regroupant les titres les plus fédérateurs (Follow the trail of blood, Electrohead, Body Beat, Blut Royale, Fuck that shit, Never surrender entre autres).

23h30 : Après avoir gentiment signé quantité d’autographes et posé sur bon nombre de photos, le groupe parvient enfin à fendre la foule des groupies dont certaines tatouées à leur effigie et regagne le tour bus pour un prochain concert prévu en Allemagne.

Bilan de la soirée extrêmement positif avec la satisfaction et l’assurance de voir un groupe définitivement propulsé bien au-delà du statut de première partie, qui a l’inconvénient de coller à d’autres tant et si bien qu’ils ne s’en détachent jamais. On sait d’ores et déjà que Combichrist reviendra en Europe en décembre prochain, et nous ne saurions que trop vous recommander d’assister à l’un de leurs concerts si vous en avez l’occasion. That shit will fuck you up.

Crédits photo : Eric Hauchecorne

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A propos de l'auteur

Image de : Enfermée à l’extérieur sur le balcon de la Tour Sombre, Alex trouve parfois le courage de s’arracher à l’emprise du Crimson King. Elle ajuste alors sa longue vue et observe d’un air narquois le spectacle du rock, du cinéma et de la littérature qui déclinent. Il lui arrive quelquefois d’être agréablement surprise, mais c’est rare tant elle est consubstantiellement cynique. Son premier roman, Unplugged, est paru en 2009, puis un second en 2010, intitulé Omega et les animaux mécaniques, inspiré par l'album Mechanical Animals de Marilyn Manson.

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