Coldplay – Prospekt’s March

par Arno Mothra|
Quelques mois seulement après le très remarqué (et controversé) Viva la vida ! », Coldplay propose à son public Prospekt's March, EP de six nouveaux titres accompagnés de deux remixes.

coldplay-viva-la-vida1S’agissant bien entendu des chutes du dernier album, la surprise est fortement compromise à travers cet EP, dont il est difficile de comprendre par ailleurs l’intérêt. Si Life in technicolor II, belle promenade pop-rock sur laquelle quelques étincelles rappellent REM, ouvre fièrement les hostilités, les titres suivants, tels la chanson éponyme ou le final grandiloquent Now my feet won’t touch the ground, loin d’être mauvais mais trop convenus et prévisibles, n’apportent strictement rien à Coldplay, ni même à ce CD dont la commercialisation s’avère discutable.

Le mauvais goût prendra des allures de blague douteuse sur la nouvelle version de Lovers in Japan, ainsi que sur l’interlude Postcards from far away joué sur un joli piano à faire pleurer les midinettes. A côté de ça, Rainy day, délicieusement rétro sur un style rock Black américain des années cinquante, réussit plutôt à convaincre, tout comme le très bon remix de Lost en featuring avec Jay-Z, à la réorchestration savoureuse et irréprochable, un peu en marge derrière cette flopée de titres (trop) calibrés « radio rock FM ». Glass of water, quant à lui, au style envolé typique de Coldplay, s’inscrit dans la grande tradition des singles que le groupe a pu sortir jusqu’à présent, et devrait ravir ses amateurs.

Les vingt-sept minutes de Prospekt’s March, écrin de banalités ni bonnes ni particulièrement mauvaises, mais franchement peu percutantes, seraient donc à réserver exclusivement aux aficionados pure souche des Anglais. Pour les autres : passez votre chemin, ou réservez-vous pour une bonne sieste.

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Coldplay, Prospekt’s March, EP 8 titres, chez Parlophone, 2008

Site officiel: http://www.coldplay.com

7 commentaires

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  1. 1
    le Samedi 6 décembre 2008
    Benito el Bombo a écrit :

    De plus, une polémique enfle : Coldplay poursuivi en justice par J. Satriani pour plagiat => http://fr.news.launch.yahoo.com/dyna/article.html?a=/05122008/202/le-groupe-coldplay-poursuivi-pour-plagiat-par-le-guitariste-joe.html&e=l_news

    Et ici une intéressante juxtaposition sonore => http://www.youtube.com/watch?v=1ofFw9DKu_I

  2. 2
    Ambroise Colère
    le Samedi 6 décembre 2008
    Pacush Blues a écrit :

    pas la première fois qu’ils sont pris dans une affaire de plagiat, la première, c’était à propos de la chanson « In My Place » dont l’intro était totalement pompé sur un morceau de Ride (‘me souviens plus du nom), un groupe shoegaze des années 90…

  3. 3
    le Dimanche 7 décembre 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Désolé mais niveau plagiat, les faits sont ridicules et grotesques. Dès qu’un groupe explose, aussi bon ou mauvais soit-il (ici je ne pencherais pas pour le chef d’oeuvre), on voit toujours un clampin plus miséreux pointer le bout de son nez pour amasser le magot avec. Ceci s’appelle de l’opportunisme.

    Coldplay c’est de la pop. La pop, c’est des morceaux simples, avec des accords simples, forcément déjà utilisés. Halte à l’hypocrisie tout de même. Dans le même type de figure, condamnons tous les groupes pseudo anglo-saxons (vive les Beatles), tous les groupes indus (vive Nine Inch Nails, Skninny Puppy, Atari teenage Riot et Suicide Commando).

    Mais bon, c’est dans l’ère du temps…

  4. 4
    le Dimanche 7 décembre 2008
    Benito el Bombo a écrit :

    Ah on va pas être copains si tu traites Satriani de clampin miséreux. Il n’a pas attendu Coldplay pour exister ou simplement gagner de l’argent.

    Il suffit d’écouter le comparatif pour acter que c’est flagrant. De plus, ça fait des mois que le buzz monte.

    Et il y a des définitions légales précises pour définir ce qu’est un plagiat en matière de musique.

    Ton pavé dans la marre, Arno, est ici inutile.

  5. 5
    le Dimanche 7 décembre 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Ne t’enflamme pas, je répondais au commentaire de Pacush Blues concernant Ride (excellent groupe cela dit), sur un précédent single (et un autre plus récent, dont j’ai oublié le nom, n’étant pas fan de Coldplay). Inutile de parler de Creaky Boards également. Faut bien se faire une place au soleil sous la popularité des autres, c’est tellement plus facile.

    Pour ton comparatif, nous sommes du même avis : la ressemblance est flagrante. Mais pour faire tout un « buzz » comme tu le dis là-dessus, c’est que Satriani en veut aussi pour lui, et pas forcément au niveau de l’argent, dont il ne manque certainement pas.

    Pourquoi les Guérilla Poubelles, Justin(e) ou Les sales majestés (entre autres) ne s’accusent pas de plagiat entre eux ? Les comparaisons et les contextes devraient être les mêmes, non ?

    Accuser de plagiat c’est surtout enrober sa petite personne d’une capacité artistique incommensurable, et ériger son aura comme celle d’un dieu. Ni plus ni moins. En ce qui me concerne, c’est le pavé dans la mare de Satriani qui est inutile.

    Nous ne serons pas du même avis, tant pis.

  6. 6
    Ambroise Colère
    le Dimanche 7 décembre 2008
    Pacush Blues a écrit :

    yep, je te plussoies Arno, dans le sens où Satriani ne cherche certainement qu’à s’en mettre plein les fouilles avec cette affaire.

    maintenant, on ne peut nier que Coldplay est un groupe qui pompe ses idées à droite à gauche, même eux l’avoue… que ce soit de la pop ou pas, la ressemblance est flagrante. Il y a des plagiats partout, maintenant, il y en a qui sont plus voyants que d’autres, c’est tout. Les exemples que tu prends avec l’indus ou la pop type Beatles représente pour moi plus une idée de piquer une idée d’atmosphère, d’univers sonore que de mélodies à proprement parler comme peux le faire Coldplay, ce qui pour moi est moins « grave ».

  7. 7
    le Lundi 8 décembre 2008
    Benito el Bombo a écrit :

    Non, bien sûr, tu as raison Arno, je ne vais pas m’enflammer pour ça.

    Par contre, il me semble important de préciser que, m’intéressant pas mal à Satriani, c’est quand même un artiste qui aligne 30 ans de carrière réussie (comprendre : assez brillante, à succès, sans anicroche ni scandale ni même simple bruit négatif d’aucune sorte).
    Alors on est en droit de penser que le fait qu’il sorte ici de sa réserve naturelle, à 52 ans, pour la ramener sur un plagiat est probablement motivé par autre chose que le simple attrait de l’argent facile : d’autant qu’il est rare que ce genre de démarche aboutisse sur du sonnant et du trébuchant et, qui plus est, que l’on sait tous qu’il est souvent néfaste en terme d’image pour un artiste d’ainsi se lever pour défendre ses mélodies et suites d’accords…

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