Clover

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Clover est l'un de ces trésors que l'on aime découvrir et faire découvrir. Un brin de magie qui gagne à être débusqué, qui vient enrichir notre part d'innocence et reste gravé en mémoire, dans ce petit coin de poésie qu'on a tendance à négliger... Interview pour pénétrer dans leur monde...

clover3-2 Tout d’abord, pourriez-vous rappeler la genèse de Clover, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore ?

Garin Le Thuc : Je faisais mes études à Grenoble quand j’ai commencé à bricoler quelques instrumentaux. J’avais vraiment envie de trouver une voix, et une amie commune nous a présentés.
Charlotte étant à Paris, nous échangions des mp3 via Internet, et chacun travaillait dessus de son côté.

Quels ont été les avantages et les inconvénients d’une telle méthode de travail ?

Charlotte Savary : Le plus gros avantage était de ne pas être bridé par sa timidité, de pouvoir se lâcher à faire ce qu’on voulait, d’essayer des choses. Et l’inconvénient serait peut-être le manque de souplesse de cette méthode, où les morceaux vont forcément moins loin que lorsqu’on les tourmente en direct.

G. : Le gros avantage est que l’on pouvait à peu près tout oser sans avoir à subir les critiques directes de l’autre. Pour moi qui suis timide, ça facilite nettement les choses… ;o)
L’inconvénient de cet méthode est apparu pendant les répétitions pour le live, où il fallait jouer avec 4 autres personnes directement, et apprendre à défendre ses choix, ses idées et ses envies…

Aviez-vous dès le début l’intention de faire de vos bricolages sonores un album, ou n’était-ce a priori qu’un jeu ?

Ch. : Rien n’était planifié !

G. : Pour ma part, ça a plutôt commencé par curiosité : comment peut-on faire de la musique avec un ordinateur, puis que suis je capable de faire, etc… Au fur et à mesure, ça a pris de plus en plus de place dans ma vie (je n’allais plus en cours, je ne dormais plus, j’ai retapé mon année…), mais jamais nous ne pensions faire un album un jour.
Puis on a eu de la chance.

Puisque Charlotte se charge des mots & des mélodies de voix et que Garin s’occupe de l’instrumentalisation, pensez-vous que votre musique possède une certaine dualité ?

Ch. : Certainement, nos différentes influences se rejoignent pour créer une combinaison intéressante. Nous sommes dans un certain équilibre, peut-être plus que dans des groupes ou un leader affirmé est à l’origine de la composition.

G. : Si nous aimons un artiste en commun, ce sera toujours pour des raisons différentes, et nos préférences se porteront sur des titres différents de cet artiste, par exemple. Donc je suppose qu’effectivement, il doit se dégager une certaine dualité, mais j’avoue que c’est assez difficile d’avoir un oeil objectif sur la musique que l’on fait… Alors, en fait, je ne sais pas trop…

Comment se sont passées les multiples et heureuses rencontres que vous avez faites ? Celle avec Laurent Collat ( production ), celle avec votre label, celle avec Lionel Samain ( photographe ) ?…

Ch. : Tout est réaction en chaîne en fait, nous avons eu de la chance :
Laurent Collat est tombé sur nous un peu au hasard en lisant un post sur un newsgroup, il est allé voir notre site. Il a parlé de nous à Undercover car il cherchait une structure capable de réaliser un album. C’est Undercover qui nous a présenté Laurent King, rencontré lors d ‘une projection, puis Laurent King nous a présenté à son ami Lionel Samain, photographe.

clover2-2 Comment en êtes-vous arrivés à réaliser une vidéo ? Avez-vous décidé de quoi elle aurait l’air ou avez-vous fait confiance à Laurent King ?

Ch. : Nous avons fait confiance à Laurent King comme à Lionel Samain, l’image n’est pas notre métier ! Il nous a quand même impliqués dans le projet, et nous avons eu des séances de brainstorming assez drôles.

G. : Le label voulait faire un clip pour le titre On & On, donc c’était la raison pour laquelle on nous a présenté Laurent . Quelques mois plus tard, on s’est retrouvé à trois autour d’un verre pour discuter du clip de Sword City, et au final, nous sommes partis à Bruxelles tourner le clip de Hey en freestyle… ;o)

Comment s’effectue le passage du « brouillon » au studio, puis du studio à la scène ? Pour un groupe comme Clover, ce sont trois étapes totalement différentes non ?

Ch. : Totalement, trois étapes bien différentes. Le passage au studio s’est bien passé, mais il a fallu faire vite, nous avons donc été en immersion quasi totale pendant un mois dans le project studio de Laurent Collat .
Quelques mois plus tard, nous nous sommes mis à rechercher des partenaires musicaux pour un live. Nous avions peu de choses en tête, juste l’envie qu’il soit pop et organique. Au final nous avons délaissé totalement l’ordinateur.

G. : En studio, il s’agissait alors d’enrichir les morceaux existants, principalement. Ca ne s’est pas fait de manière naturelle dans le sens où nous n’aurions sans doute pas pu pousser les choses jusque-là sans l’expérience de Laurent, mais disons que l’évolution paraissait globalement normale, logique.
Pour le passage à la scène, nous n’avions tout simplement pas les moyens de recréer tous les sons de l’album car les machines coûtent cher, et nous ne voulions pas jouer sur des bandes. On a donc décidé de revenir à nos premières amours et de la jouer « rock band » : guitare – basse – batterie – clavier.
A ce moment, nous avons eu un peu de mal à trouver notre voie, mais on a fini par y arriver… ;o)

Comment se passent vos concerts ? Avez-vous une mise en scène particulière ?

Ch. : Nous n’avons pas vraiment eu le temps de travailler une mise en scène. On était déjà contents de jouer « carré » :)

G. : Nous n’avons malheureusement pas pu faire beaucoup de concerts, et ce n’est qu’à partir d’un certain moment qu’on a commencé à trouver nos marques.

Est-ce que les musiciens qui vous ont accompagnés en live avaient participé en quelque mesure que ce soit à l’album ?

G. : Mis à part David Boniface, qui a enregistré certaines batteries pour l’album, les autres musiciens sont arrivés après l’enregistrement.

Ch. : Mais ça donne des idées et ça fait plaisir, de voir des chansons assez électroniques portées sans l’aide d’aucun ordinateurs. Cette formule a eu des détracteurs, mais nous, on était contents.

Comment avez-vous choisis ces musiciens ?

G. : Ce sont essentiellement des connaissances, nous n’avons pas fait passer d’audition à des inconnus… ;o)
David (batterie) est un ami de Laurent Collat, Julien (clavier) un ami de Charlotte, et Fred Fuchs une connaissance de JF, qui était alors stagiaire chez Undercover…

Comment qualifieriez-vous votre public ? Présente-t-il des traits caractéristiques ?

Ch. : C’est un public plutôt étudiant, pop.

G. : Je crois que notre public se compose surtout de gens assez curieux musicalement, car pour nous connaître, faut quand même être du genre à aller vers la musique !!! ;o)
Sérieusement, je crois que ce sont des gens qui aiment la pop anglaise des années 80, qui ont 30-35 ans… Mais j’avoue que je n’en sais trop rien, au final…
Si on consulte la liste des membres du forum, là on se rend compte que ce sont pas mal d’étudiants… Mais c’est peut être parce que c’est plus le genre des jeunes étudiants d’aller sur des forums…

Comment définiriez-vous le style de Clover ?

G. : C’est une question à laquelle je n’ai jamais su répondre… De la pop, avec un peu d’électro dedans ?

Ch. : Moi je dirais que c’est de la pop organique sous influence électronique :)

clover1 Quelles sont vos influences et vos références artistiques (musique, cinéma, etc.) ?

Ch. : La pop, le rock indé, la folk, le trip-hop, le post-rock, et surtout la pop Nordique : Sigur Rós, Múm, Björk, Stina Nordenstam
En cinéma, j’ai un faible pour le bon cinéma américain (celui qui grince, qui dénonce, qui est beau, lais, extrême), et le cinéma asiatique, chinois, coréen, japonais, les mangas.

G. : Là encore, je ne sais pas trop quoi répondre. Je ne saurais pas dire ce qui a influencé la musique de Clover pour ma part.
En revanche, je peux dire ce que j’aime : Blur, Dinosaur Jr, The Beatles, Console, Pulp,… La pop et l’indie rock… Et j’ai beaucoup écouté Faith No More, Pearl Jam, les premiers Soundgarden .. mais pour le coup, c’est assez éloigné de Clover .
Pour le cinéma, je voue un culte à A Bout de Souffle de Godard, la trilogie Star Wars a marque toute mon enfance, et j’adore Kitano et Miyazaki .

Avez-vous fait beaucoup de dates pour la tournée suivant la sortie de World End’s lane ? Avez-vous réussi à écumer toute la France ?

Ch. : Nous avons fait très peu de dates, toutes parisiennes. Nous n’avions pas de tour support du label et pas de tour manager, donc peu de possibilité de tourner intensément.

Êtes-vous satisfaits de la communication autour de Clover ou souhaiteriez-vous en faire plus ?

G. : Pour être franc, il restera toujours un léger goût d’inachevé avec cet album. Les gens qui ont pris la peine de critiquer l’album l’ont toujours fait positivement, mais tout ceci est resté très confidentiel.
Nous aurions aimé que le maximum ait été fait pour faire connaître cet album, car avec la quasi absence de communication qui a été faite, on ne peut s’empêcher de se dire que les choses auraient pu être différentes…

Ch. : Nous avons été très déçus par la manière dont le label a géré la promo et les concerts. Maintenant que ceci est dit, il faut passer à autre chose !

Depuis la sortie de World End’s lane, avez-vous continué à composer ?

Ch. : Nous nous sommes d’abord concentrés sur le live avant, pendant et après la sortie de l’album, et nous nous sommes remis à la composition courant 2005.

G. : Nous avons quelques morceaux en cours, mais il est difficile de concilier sa vie professionnelle (il faut manger !) et la musique…

Maintenant que Garin est également à Paris, comment se passe et va se passer votre collaboration ? Ne craignez-vous pas que Clover perde de sa spontanéité et de son originalité ?

Ch. : Il est toujours difficile de faire un deuxième album, surtout lorsque le premier a été fait dans un but différent, dans un cadre différent. Mais ça ne sert à rien de se mettre la pression, il faut revenir aux bases, travailler comme avant, ne pas essayer d’être différent ou de rentrer dans un nouveau moule d’ »artiste signé ».

G. : Il est vrai qu’il est assez difficile de passer au deuxième album : l’approche est différente, il y a la peur de se répéter, mais aussi de faire quelque chose de complètement à côté de la plaque, toute l’approche est différente, le but est différent… Et puis nous sommes deux, et nous évoluons, nos goûts évoluent…
En revanche, même si nous sommes tous deux à Paris, la méthode de travail semble rester la même, jusqu’à aujourd’hui, et le mp3 est toujours aussi utile ;o)

Projetez-vous de sortir un deuxième album ? Si oui, où en êtes-vous ? Sera-t-il différent du premier ? Quand peut-on espérer avoir ce second opus en main ?

G. : En ce qui me concerne, j’espère réussir à faire un deuxième album, et a priori, il devrait être assez différent du premier. D’un autre côté, il est bien trop tôt pour se prononcer à ce sujet, et tout peut encore changer… Nous ne savons même pas si nous pouvons compter sur notre label pour faire un deuxième album !

Ch. : Comme le dit Garin, il est encore tôt pour se prononcer, on en reparlera !

Pour finir, avez-vous quelque chose en particulier à ajouter ?

Ch. : Merci à vous pour cette interview ! :)

G. : Merci de nous consacrer un peu de temps, et de nous aider à nous faire connaître !

Un grand merci à Charlotte et Garin pour leur gentillesse, leur disponibilité et surtout leur musique, à qui on souhaite une longue, longue vie.

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Le site officiel du groupe : http://www.myspace.com/listentoclover

A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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