Cloud Nothings + Cheatahs | la Flèche d’Or | 23.05.2014

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Cloud Nothings vient tout juste de faire paraître son nouvel album, Here and Nowhere Else, et part le défendre sur les divers chemins du monde par une liste de concerts longue comme trois mois ininterrompus de tournée. Le trio - Joe Boyer ayant quitté le groupe - s'arrêtait à Paris, à la Flèche d'Or, histoire de s'échauffer avant de repasser par la capitale dans deux mois pour le festival Rock en Seine.

cloud nothings

On avait déjà pu apercevoir le groupe sur scène, il y a deux ans, au Point Éphémère. La soirée n’avait été que moyennement concluante, elle ne le sera malheureusement pas véritablement plus ce soir. Car c’est un fait, Cloud Nothings torche sur scène ses morceaux comme on tartine un bout de pain au petit-déjeuner juste avant le boulot: par paquets de petits pâtés tout en baragouinant un peu brutalement une paire d’idées brouillonnes. Pas que ça gâche les titres en soi, le seul problème reste la façon avec laquelle ceux-ci sont exécutés. Expulsés, éjectés, joués sans réelle nécessité de faire comprendre au monde l’importance de s’arracher le visage sur scène et de créer cette masse flamboyante et définitive de distorsion.

CLOUD NOTHINGS

Même syndrome que sur le dernier album des américains, on ne voit pas le temps passer, pas une seule respiration et aucune véritable démonstration de vie. Wasted Days, en rappel, en sera quelque peu bâclé. Même sanction pour Pattern Walks, qui reste pourtant un sommet du dernier album mais qui semble trop enlevé sur scène. Car si Cloud Nothings accélère ses morceaux en live, cela semble plus relever d’un débarras que d’une urgence racée et déterminée.

CLOUD NOTHINGS

Dommage, car si l’on excepte ces emportements épars, la musique du trio reste tout de même aussi puissante que sur enregistrement : cet espèce d’impression de s’égarer entre les secondes, scruter au fond de son canapé le temps qui passe et colle à la peau comme une grosse mouche embarrassante. Cette sensation adolescente de flotter doucereusement dans l’atmosphère et d’enchaîner quelques passades de larsens histoire de redescendre fermement sur terre. Autre regret, aucun morceau du premier album, le sans titre, celui qui portait à lui tout seule l’évasive mélancolie du groupe pour s’effacer par la suite et laisser place à ces blocs de riff plus agressifs sur les albums suivants. L’impression de gâchis n’est donc pas loin, mais ce qui prédomine, c’est la sensation que Cloud Nothings ne peut qu’offrir un concert sympathique, quand bien même certains des morceaux du groupe respirent à plein nez la bravoure. Concert mitigé et quelque peu décevant, donc. Dommage

CLOUD NOTHINGS

Il y avait également Cheatahs en première partie, quatuor anglais qui vient juste de sortir un album sur Wichita. On s’attendait à un mur du son, ce fût quelque peu mollasson, même si les mélodies restent en tête.

Crédit photo: Robert Gil

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