Cloud Control : prévisions météorologiques

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On parle constamment de nuages en ce moment. On déplore leur absence. On redoute leur radioactivité. Composés de cendres, ils empêchent les avions de décoller. Pendant ce temps, les quatre membres de Cloud Control pérégrinent tranquillement en Europe.

Après des dates à Amsterdam puis en Angleterre où ils étaient notamment invités au Great Escape Festival de Brighton, nous avons intercepté Cloud Control à Paris pour la sortie de leur premier album, déjà dans les bacs depuis 2010 dans leur pays natal, l’Australie. Avec sa pochette aux tons psychédéliques, Bliss Release remue ciel et terre pour éveiller l’intérêt de l’auditeur. Ce premier album, sorti après un EP réussi, est un bon mix de rock progressif, de la vibe « Vampire Weekendesque » de ces dernières années et de l’influence encore prégnante des sixties. Explorons Bliss Release à travers les éléments naturels.

Air

Laissez-vous porter par le courant ascendant, les mélodies visent souvent à faire planer. Bien plus pop que folk, Bliss Release va vous ménager les oreilles à coups de chœurs de la fratrie Wright (Alister et Heidi), qui rappellent ici les délicieux Viva Voce. Si c’est un peu forcé par moment, c’est par envie de bien faire. Sur la plupart des morceaux, c’est Alister qui prend la place de lead vocal, et Heidi assure les choeurs. Dommage, car sur le très joli Beast Of Love (absent de l’édition européenne de l’album mais à écouter sur Grooveshark), elle assure à merveille.

Dans les locaux de leur nouveau label, Pias, nous discutons avec Alister (chant), Heidi (synthés, chant), Ulrich (batterie) et Jeremy (basse) des débuts du groupe. Alors qu’ils sont à l’université, Heidi encourage ses amis à former un groupe pour participer à un concours, alors que personne ne sait vraiment jouer. Ils ne le remportent pas, mais continuent de jouer avant de se faire repérer très rapidement. Quand on demande si Heidi continue de prendre les décisions pour le groupe, elle affirme que non, ils sont une équipe. Sourires gênés des trois garçons.

Heidi : « On a commencé le groupe à l’université, nous étions étudiants. Nous étudions l’architecture, les médias, le business, nous avions tous des formations très différentes. J’ai été à la maternelle avec Jeremy donc on se connait depuis très longtemps, on a tous grandi dans la même partie du pays, les Blue Mountains. Nous sommes comme une communauté. « 

Terre

Ce n’est un secret pour personne, la campagne connaît un regain de popularité dans les musiques actuelles ces derniers temps. Des groupes de folk bien sûr, mais aussi de pop et de rock sont avides de retour aux sources. Vous n’avez qu’à faire un tour des clips sortis depuis 2008 pour vous rendre compte que des forêts d’apparence paisible sont en fait remplies d’indie bands en tournage.

Instinctivement, l’écoute de Bliss Release fait surgir des envies de roadtrips. Le groupe, originaire de la région des Blue Mountains, au sud est de l’Australie, reconnaît l’influence des montagnes sur leur écriture.

Alister : « Je pense que la région des Blue Mountains est importante dans notre musique, mais quand nous avons enregistré l’album nous étions en ville. Cependant, nous y retournons souvent. Je ne pense pas que ce soit quelque chose de conscient. J’aime beaucoup vivre en ville mais pour écrire des chansons, il faut ce que soit calme.
Oui, nous essayons de nous isoler pendant l’écriture, nous isoler de nos amis, de notre famille, ça peut être autant dans les relations que géographiquement. Nous mettons cela de côté et nous concentrons. »

Heidi : « On a aussi été dans la maison de vacances d’un ami à nous pour composer quelques fois, sur la côte nord, à deux heures de chez nous. »

Eau

Premier single extrait de Bliss Release, le titre There’s Nothing In The Water We Can’t Fight en est assurément le tube. Alister Wright nous en raconte la genèse :

« Je l’ai écrite alors que je naviguais en Inde, j’ai été inspiré par une marche funéraire que j’ai vue. Je voulais capturer ce sentiment, c’était une image très marquante. Ils transportaient un cercueil couvert de fleurs et ils criaient une chanson. J’ai trouvé que c’était un moyen très différent de marquer la mort de quelqu’un. »

Bulletin météo de Bliss Release

Image de Cloud-Control-Bliss-Release2 Beau temps : There’s Nothing In The Water(…), addictif et instinctif. The Rolling Stones, planant et flegmatique. Death Cloud, linéaire mais puissant. My Fear #1, jolie ballade aux inspirations folk qui clôt l’album. La pochette du CD et les clips très réussis, signés par le duo arty Greedy Hen.

Temps couvert : Meditation Song #2, dont on aime les guitares. Just For Now et Hollow Drums, mous du genou.

Mauvais temps : Gold Canary, paroles simplistes et maniérisme irritant. This Is What I Said, trop marqué par l’atmosphère « cool et tropicale » de beaucoup de groupes récents (Vampire Weekend, Annuals, Jinja Safari…).

Lever du soleil : sorti le 23 mai 2011

Ephéméride : Furia Sound Festival (Cergy) le 11 juin, La Flèche d’Or (Paris) le 17 juin, Le Rock Dans Tous ses Etats (Evreux) le 24 juin.

Crédit photo : Léna T.

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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