CirKus

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Le groupe revient en France faire la fête en famille avec une nouvelle tournée et la sortie d'un deuxième album, Medicine. Burt Ford est le mari de Neneh Cherry, et DJ Karmil est le petit ami de leur fille Lolita Moon . Tout ce petit monde s'est un jour retrouvé en studio pour enregistrer un premier album sorti en 2006, Laylow, subtil mélange de sonorités électroniques, de trip hop et d'accents soul.

l_0f35e85af107475e9ecacb9720452b4aLes timbres de voix chaleureux de Neneh Cherry et de Lolita Moon y accompagnent des productions arrangées par Burt Ford (qui a travaillé entre autres sur des productions pour Massive Attack et Portishead ) et Karmil, pas vraiment des débutants dans le milieu.

Sur Medicine, second opus aux frontières des styles musicaux, les voix subissent un traitement plus original. Ainsi le premier single, Bells, est construit sur un beat en escalier et l’alliance des voix du groupe crée un étrange maelström. Ceux qui appréciaient la douceur et la sensualité de Laylow devront attendre la seconde partie de l’album pour les retrouver, avec des titres comme Medicine et Johnny iCon . Dans ce cocktail de remèdes musicaux, les sons électroniques sont copieusement prescrits, comme en attestent Beats Tripple 1 ou Everyday Life .

Alors que le groupe faisait escale à Paris pour une journée de promotion, nous les avons rencontrés pour en savoir davantage sur le secret de leur potion magique.

Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce que vous aimeriez que l’on sache de vous ?

Burt Ford : Je suis Burt Ford, et j’espère que personne ne se rendra compte quel idiot je suis !

Est-ce que CirKus devait être un groupe depuis le départ ?

Burt Ford : C’était un accident, un joyeux accident.
Nous faisions de la musique pour gagner de l’argent pendant un moment, de la pop music. Puis nous sommes tombés sur de la musique que nous voulions faire ensemble, c’était une sorte de hobby au départ. Suite à différentes rencontres à travers des circonstances personnelles, nous nous sommes tous retrouvés dans la même pièce au même moment et au final, avant que nous nous en rendions compte, c’est devenu un album. Puis nous avons signé, il y a eu la tournée, un nouvel album. et nous voilà !

Le deuxième album était plus construit. Suite à l’expérience du live, nous voulions faire quelque chose de plus courageux, de plus simple d’une certaine façon, et que tout le monde ait son mot à dire. On voulait vraiment éviter de se prendre la tête en le produisant. Dans le deuxième album, nous avons du rendre les morceaux plus « youhou, regardez moi !» pour les scènes de festivals alors que le premier album avait des moments plus calmes, plus introspectifs. Ce nouvel album a un côté plus démonstratif de lui-même.

Où a été composé le nouvel album, Medicine ?

Burt Ford : Je pense que les ¾ des idées proviennent de carnets de route. La première session d’écriture était à Barcelone, sur un temps très court de quelques jours. La seconde partie a été faite à Stockholm et nous avons fini à Göteborg (Suède).

Karmil : Nous en avons fait la majorité à Barcelone.

Ce second album me semble clairement plus électronique.

Burt Ford : Beaucoup de gens trouvent qu’il sonne plus comme un groupe sur scène.et pourtant il y a plus de programmation ! Oui, il est beaucoup plus électronique.

Vouliez-vous un son plus radical, plus direct ?

cirkus2 Karmil : Non, pas forcément plus radical. Je voulais de l’énergie, quelque chose entre l’énergie de la dance music et l’énergie du rock. En fait, Je n’aime pas particulièrement les voix de la house music et je n’aime pas penser que je vais faire un meilleur album de rock que Led Zeppelin . Il y a vraiment une limite entre ces deux styles, mais j’étais très intéressé par le son que ça pouvait donner.

Comment avez-vous mixé le son avec les voix, qui sont plus d’inspiration soul ?

Karmil : C’était du travail ! Mais c’est super d’avoir trois « instruments vocaux » en quelques sortes, avec lesquels on peut jouer, on peut expérimenter plusieurs choses à la fois.

Burt Ford : Le titre Bells, c’était quelque chose de fou. La voix est en fait une combinaison de plusieurs voix et sonne comme celle d’une seule personne, nous avons fait un nouveau personnage.

Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré entre les deux albums ?

Karmil : Jouer live a véritablement été une influence, on voit où la musique va quand on joue devant plein de gens. On les voit répondre immédiatement. Ils aiment différentes choses donc on essaie d’avoir des interprétations différentes d’une même chanson. C’était aussi une expérience émotionnelle.

La vidéo de Bells est vraiment sombre, on y voit des personnages écrasés par le système, est-ce le ton de l’album ?

Burt Ford : On essaie d’être positif, il n’y a pas d’intérêt à être déprimés par la condition humaine, nous devons essayer d’être positifs. Le clip de Bells est plus comme une blague, une comédie sur ce qui arrive au cours d’une journée.

Neneh Cherry : Ce qu’on appellerait de la « comédie noire » (Rires)

Burt Ford : C’est vraiment de l’ironie. C’est un peu plus difficile à comprendre en Amérique parce qu’ils n’en font pas, mais. c’est ironique (accent américain) !

Qui a fait la vidéo ?

Burt Ford : Ce sont deux personnes, des Suédois. L’un était stagiaire dans une compagnie où travaillait un ami à nous. Et ils l’ont fait pour 150 euros !
C’est intelligent la simplicité dont ils ont fait preuve, et c’est similaire à la façon dont nous travaillons notre musique.

Etes-vous optimistes après l’élection de Barack Obama ?

cirkus1 Neneh Cherry : On est plutôt plein d’espoir. Il a un travail difficile devant lui et il rendra peut-être les choses meilleures au lieu de les empirer. Ça signifie beaucoup pour les gens. Il a l’air plutôt décent pour sa position. C’est la première fois qu’il y a un homme noir à la Maison Blanche et c’est quelque chose d’important pour beaucoup de gens dans le monde, ainsi que pour des gens qui viennent de différents milieux en Amérique et qui ne sont pas blancs.

Burt Ford : Par opposition à un homme blanc à la Maison Noire.

Neneh Cherry : Je suis pleine d’espoir, j’aime l’être.

Pour vous qui avez été présents à Bristol aux débuts du trip hop, que pensez-vous de l’évolution du mouvement aujourd’hui et du dernier album de Portishead par exemple ?

Burt Ford : Le dernier album de Portishead n’était pas vraiment du trip hop. le trip hop est devenu du dub step j’imagine.

Neneh Cherry : Je pense que des choses vont toujours continuer à se passer en musique, une chose en amène une autre. Dieu merci ! (Rires)

Burt Ford : Le trip hop existe seulement parce que les gens avaient besoin de quelque chose sur quoi parler, maintenant nous avons le dub step, qui sait comment ça va s’appeler ensuite.. Je pense qu’il y avait une époque où quelques personnes faisaient des morceaux décontractés, avec un beat reggae/hiphop. Maintenant les gens font la même chose, mais en un peu plus fou, le lent et le rapide se mélangent. Au milieu, il y a eu la drum&bass.

Neneh Cherry : C’est bien de savoir qu’il y a de la place pour de nouvelles choses, venant de gens qui sont dans le milieu depuis longtemps. C’est bien de les voir faire leur chemin et continuer.

Burt Ford : Nous ne faisons pas vraiment de disques trip hop, bien que nous ayons travaillé avec des gens qui en faisaient.

Comment décririez-vous votre style ?

Lolita Moon : C’est presque impossible.

Burt Ford : Hmm, de la folk électronique.inclassifiable !

Qu’écoutez vous en ce moment ?

Burt Ford : La radio, car c’est toujours ce que j’ai sur mon Ipod.

Karmil : De la musique cambodgienne. Je ne peux pas vraiment comprendre les paroles parce que mon cambodgien n’est pas très bon, mais j’ai le feeling.

Crédits photo : Nicolas Brunet (http://www.nicolasbrunet.fr)

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En savoir +

CirKus sera en tournée dans toute la France à partir du 17 mars.
Medicine est disponible en France depuis le 9 mars dernier.

La page myspace du groupe : http://www.myspace.com/cirkus‘>http://www.myspace.com/cirkus.

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